Vice-champion du monde en 500 cm³ face à Kenny Roberts en 1979, Virginio Ferrari a prolongé sa carrière dans la moto en devenant manager puis entrepreneur à Monaco.
Son nom reste associé à Suzuki et aux Grands Prix de la fin des années 1970. Pourtant, le parcours de l’Italien ne se résume ni à ses victoires ni à son duel avec Kenny Roberts. Il est aussi fait d’occasions saisies, de chutes et de changements de rôle.
Jamais sacré dans la catégorie reine, mais champion du monde Formula TT en 1987, Ferrari a connu plusieurs vies dans le paddock. Après le guidon sont venus la direction d’équipe, l’importation de motos et l’atelier. Sa reconversion s’est construite dans le même univers, sans rupture avec la compétition.
Virginio Ferrari débute directement en catégorie reine
Originaire de Pellegrino Parmense, dans le nord de l’Italie, Virginio Ferrari arrive en championnat du monde par une voie inhabituelle. En 1975, à 23 ans, il dispute deux Grands Prix 500 cm³ sur une Paton privée, sans résultat notable.
Il accède ainsi à la catégorie reine sans passer par les petites cylindrées. Ses premiers départs ne suffisent pas à le faire connaître, mais une occasion va rapidement donner une autre dimension à sa carrière.

En 1976, Marco Lucchinelli, pilote Suzuki chez Gallina Corse, se blesse pendant les essais de la manche italienne. Roberto Gallina se retrouve sans pilote pour le rendez-vous national au Mugello. Ferrari obtient alors sa chance sur la Suzuki RG500.
Le week-end est dramatique, avec deux morts et plus de soixante accidents. Sur le plan sportif, l’Italien réussit néanmoins son entrée dans l’équipe : il termine troisième. Ce podium lui vaut d’autres invitations, dont une pour la dernière manche de la saison au Nürburgring.
Sur le circuit allemand, il signe la pole position devant son coéquipier. En quelques apparitions, le remplaçant a montré suffisamment de vitesse pour convaincre Gallina de l’engager à temps plein en 1977.
De la vitesse, des chutes et une première victoire
Disposer d’un guidon à temps plein ne règle pas tout. Ferrari décroche une deuxième place en Italie en 1977, mais peine à enchaîner les résultats. Les chutes freinent sa progression et l’empêchent de convertir régulièrement sa vitesse en points.
Ses premières saisons sont marquées par ce contraste : capable de se mêler aux meilleurs, il ne parvient pas encore à tenir ce niveau sur la durée. Le talent qui lui a ouvert les portes de l’équipe ne suffit pas à surmonter les difficultés d’une campagne complète.
En 1978, il remporte sa première victoire en Grand Prix, en Allemagne. Ce succès constitue le sommet d’une saison par ailleurs très difficile. Il concrétise surtout les promesses du Mugello et du Nürburgring.
La saison suivante marque un tournant. Toujours sur Suzuki et mieux armé, Ferrari ne se contente plus de coups d’éclat : il devient un candidat capable de peser sur le championnat.
En 1979, un rival pour Kenny Roberts
Ferrari commence l’année 1979 par quatre podiums consécutifs. Cette régularité, qui lui faisait défaut lors des campagnes précédentes, lui permet de rester au contact de Kenny Roberts. Celui-ci demeure toutefois l’obstacle majeur dans la course au titre.
À Assen, l’Italien remporte sa première victoire de la saison, tandis que Roberts termine huitième. Les deux adversaires savent aussi faire front commun lorsqu’il s’agit de défendre la sécurité des pilotes.
En Belgique, le nouveau revêtement provoque la colère du paddock : sa capacité à évacuer l’eau est mise en cause. Les deux leaders du championnat prennent la tête du mouvement de grève, au risque d’une sanction.
Menacés de suspension, Ferrari et Roberts sont finalement graciés. Cet épisode donne à l’Italien une autre place dans le paddock : celle d’un pilote prêt à s’opposer aux instances, et pas seulement à ses concurrents sur la piste.

Roberts prend ensuite le dessus dans la lutte pour le titre. Pour Ferrari, la menace vient aussi de Barry Sheene, revenu dans la bataille pour la deuxième place. L’Italien conserve finalement deux points d’avance sur le Britannique et termine vice-champion du monde.
Cette saison reste son sommet en 500 cm³. Il a enfin trouvé la constance qui lui manquait, avec des podiums répétés, une victoire et une place de premier plan au classement final.
Un titre en Formula TT après le sommet des Grands Prix
La suite est moins favorable. Ferrari rencontre des difficultés sur la Cagiva 500 cm³, puis tente un retour chez Suzuki en 1982, sans retrouver sa réussite passée. Un passage en 250 cm³ ne lui permet pas davantage de se relancer.
Il quitte le championnat du monde des Grands Prix à la fin de 1989. Entre-temps, il a pourtant ajouté une ligne majeure à son palmarès : le titre mondial Formula TT en 1987. Faute de couronne en catégorie reine, il a donc trouvé la consécration dans une autre discipline.
Sa passion pour la compétition le mène également vers le Superbike à partir de 1988. L’aventure se poursuit jusqu’en 1994, à 42 ans, sans les succès de ses meilleures années.
Ces changements de catégorie ne le ramènent pas au sommet. Ils prolongent toutefois son lien avec la course, où son avenir se dessine progressivement ailleurs qu’au guidon.
Du pilote au manager, puis à l’entrepreneur
Au fil de sa carrière, Ferrari développe un réseau auprès des directeurs d’écuries et prend une place influente dans le paddock. Ses résultats ne sont plus son seul atout dans la moto : sa connaissance des équipes et de leur fonctionnement nourrit aussi sa reconversion.
En Superbike, il devient team manager de l’équipe Ducati d’usine. Il occupe également cette fonction chez PSG-1 Kawasaki en 2007. L’ancien pilote passe ainsi de la piste à la gestion d’une structure de compétition.
Son activité s’étend au commerce et à l’entretien des motos. À Monaco, il développe un réseau autour des marques italiennes, avec l’importation officielle de MV Agusta et de Cagiva. Sa société Virginio Ferrari Racing, également appelée VFR, fait office d’atelier Ducati.
La moto reste le fil conducteur de ce parcours. Ferrari n’a pas retrouvé comme pilote le niveau de sa saison 1979, mais son expérience des paddocks lui a permis de poursuivre sa vie professionnelle dans ce milieu. Du podium à l’atelier, sa reconversion s’inscrit dans le prolongement de sa carrière sportive.






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