La crise au Moyen-Orient frappe un secteur automobile déjà à vif. Chez Volkswagen comme chez Volvo Car, le diagnostic est le même : l’incertitude gagne les clients et commence à peser directement sur la demande de voitures neuves.
Un climat d’achat qui se dégrade
Martin Sander, responsable des ventes de Volkswagen pour les voitures particulières, décrit un recul du sentiment des consommateurs sur plusieurs marchés. « Nous voyons déjà, sur de nombreux marchés, le moral des clients baisser. Il y avait déjà beaucoup d’incertitude chez les consommateurs et cela ajoute maintenant, bien sûr, une couche supplémentaire d’anxiété », a-t-il déclaré.
Même alerte chez Volvo UK. Sa directrice générale, Nicole Melillo Shaw, craint que cette poussée d’incertitude n’incite les acheteurs à repousser, voire à annuler, leur projet. « Si je n’en ai pas besoin et que j’ai d’autres préoccupations liées à la hausse du coût de la vie, alors peut-être que je n’achèterai pas une autre voiture neuve », a-t-elle expliqué.
Les deux dirigeants s’exprimaient lors d’un événement organisé par la Society of Motor Manufacturers and Traders. Au-delà de la géopolitique, le signal est net : la crise commence aussi à entamer les intentions d’achat.
Un secteur déjà pris en étau
Cette nouvelle secousse tombe au plus mauvais moment. Les constructeurs doivent déjà gérer des ventes de voitures électriques irrégulières, des droits de douane et un ralentissement de la croissance en Chine. Le tout dans un contexte de baisse des bénéfices, encore durci par les taxes introduites par le président américain Donald Trump.
La transition vers l’électrique reste compliquée. En Europe, les marques chinoises accentuent la concurrence avec des modèles moins chers. Résultat : la pression monte à la fois sur les volumes et sur les marges. Dans un tel environnement, le moindre choc extérieur peut vite déséquilibrer le marché.
Martin Sander précise toutefois que les chaînes d’approvisionnement n’ont pas été perturbées par le conflit en Iran. En revanche, l’activité au Moyen-Orient s’est « pratiquement arrêtée ». La nuance est importante : à ce stade, le problème n’est pas industriel, mais commercial.
Un marché régional désormais observé avec prudence
En 2025, le marché des véhicules légers au Moyen-Orient est estimé à trois millions d’unités. Un tiers de ce volume provient de l’Iran. Parmi les autres acteurs majeurs figurent l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël.
Le début d’année laissait pourtant entrevoir une poursuite de la croissance. Les ventes restaient orientées à la hausse dans l’ensemble de la région. Mais l’évolution rapide de la guerre en Iran a changé la lecture du marché. Les analystes de GlobalData abordent désormais avec plus de prudence les prévisions 2026 pour les véhicules légers.
La crise au Moyen-Orient agit ainsi comme un accélérateur de tensions. Elle ne crée pas à elle seule les difficultés du secteur, mais elle aggrave des fragilités déjà bien installées : demande hésitante, électrification cahoteuse, pression tarifaire et ralentissement chinois.
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