Le Leapmotor B10 devient le premier modèle de conception chinoise éligible aux primes CEE en France grâce à son assemblage en Espagne, dans une usine Stellantis qui produit aussi le Peugeot e-2008.

La liste des véhicules éligibles publiée au Journal officiel ouvre l’accès à cette aide au constructeur chinois. Leapmotor avait placé ses espoirs dans l’assemblage en kit de la T03 en Pologne, mais c’est finalement son SUV B10 qui en bénéficie.
Cette éligibilité tient à son implantation industrielle. Assemblé à Saragosse, le B10 peut satisfaire aux conditions d’écoscore qui barrent en principe l’accès aux aides aux voitures fabriquées en Chine. Sa conception chinoise ne l’exclut donc pas du dispositif dès lors que sa production est européenne.
Le Leapmotor B10 augmente ses prix, mais gagne en autonomie
Le passage à une production espagnole s’accompagne toutefois d’une hausse tarifaire. Malgré la volonté de Leapmotor de maintenir ses prix, le ticket d’entrée passe de 29 900 à 31 400 €. En contrepartie, le B10 gagne en capacité de batterie et en autonomie annoncée : 400 km pour la version de base et 450 km pour la ProMax.

L’accès aux certificats d’économies d’énergie, les CEE, change aussi la donne pour les acheteurs français. Ce mécanisme repose sur les fournisseurs d’énergie, avec un coût indirectement supporté par les consommateurs dans leurs contrats. Il peut désormais contribuer à l’achat d’un SUV de marque chinoise assemblé en Espagne, et non en France.
Grâce à ce partenariat, Leapmotor s’appuie sur une usine existante plutôt que de construire son propre site européen. La marque prévoit également d’y fabriquer sa compacte B05, à Figueruelas.
Une concurrence interne pour le Peugeot e-2008
Ce rapprochement place Stellantis face à une concurrence au sein de sa propre offre. Produit dans la même usine, le Peugeot e-2008 affiche un tarif de départ supérieur à 35 000 € et une autonomie annoncée de 405 km. Plus petit que le B10, il doit donc composer avec un voisin moins cher, dont la version d’accès offre une autonomie annoncée proche.
Pour le groupe, cette concurrence interne ne signifie pas que les bénéfices lui échappent. Stellantis est majoritaire dans la coentreprise avec Leapmotor et détient 21 % du constructeur chinois. Il peut ainsi profiter du développement de son partenaire, tout en exposant davantage ses propres marques à ses modèles. Le B10 illustre ce double enjeu : tirer parti de l’offensive chinoise sans fragiliser l’offre déjà présente dans le groupe.





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