Le Japon commence 2026 en demi-teinte. Après un début d’année déjà moins dynamique, février confirme le trou d’air : les immatriculations de véhicules neufs reculent de 3,5% à 394.965 unités. En toile de fond, une conjoncture qui n’a rien d’euphorisant et une comparaison peu flatteuse avec un février 2025 particulièrement haut.
Un marché freiné par l’économie et un effet de base
Le marché auto japonais avance au ralenti. La croissance économique s’est tassée après de récentes hausses de taux d’intérêt, pendant que le moral domestique reste fragile. Le PIB n’a progressé que de 0,2% sur un an au quatrième trimestre 2025, un niveau qui traduit surtout une consommation des ménages moins solide.
Et février 2026 traîne aussi un boulet statistique. Un an plus tôt, les volumes avaient été dopés par le rebond de la production de Daihatsu, après les réductions liées à son scandale de falsification de tests de sécurité. Difficile, dans ces conditions, d’afficher la même cadence : février 2025 pointait à 409.348 unités.
Début d’année : les utilitaires portent le volume
Sur janvier-février 2026, les ventes totales reculent de 2,9% à 762.717 unités, alors qu’elles avaient progressé d’environ 16% un an plus tôt (785.606). Le détail par catégorie raconte bien l’histoire du moment.
D’un côté, les voitures particulières flanchent, en baisse de 6,8% à 636.374 unités. De l’autre, les camions jouent les amortisseurs avec une hausse de plus de 23% à 124.816 unités. Les bus et autocars de taille moyenne et grande, eux, reculent d’environ 18% à 1.527 unités.
C’est cette traction côté utilitaires qui évite au marché de décrocher davantage. Mais le signal principal reste clair : le cœur du marché, celui des voitures particulières, est sous tension.
Constructeurs : Toyota en baisse, Daihatsu remonte, les marques étrangères reculent
Chez les constructeurs, Toyota pèse sur la tendance depuis le début de l’année : -6% à 232.761 unités. Le recul est surtout lié à la contre-performance des voitures particulières, en chute proche de 12% à 201.771 unités.
À l’inverse, Daihatsu poursuit son redressement. Les ventes progressent d’environ 15% à 94.296 unités, portées par une forte hausse des camions. Dans le même temps, Suzuki recule de 3,3% à 124.561 unités. Honda baisse de 3,6% à 103.827 unités, tandis que Nissan cède 5,2% à 76.671 unités.
Les marques étrangères pèsent autour de 4% des ventes totales au Japon. Sur les deux premiers mois de l’année, elles reculent d’environ 9% à 30.560 unités, un volume majoritairement composé de marques allemandes comme Mercedes-Benz, BMW-Mini, Audi et Volkswagen.
Pour la suite, GlobalData anticipe une hausse de 3,9% des ventes de véhicules légers en 2026, à 4,69 millions d’unités, après une progression de 3,1% à 4,52 millions en 2025, avant un léger recul attendu en 2027.
Le marché auto japonais reste sous pression en ce début 2026 : les camions limitent la casse, mais la baisse des voitures particulières, combinée à un environnement macroéconomique moins porteur, continue de tirer les volumes vers le bas.
Restez informé
Suivez-nous sur Google Actualités





