Les recours contre Porsche SE sont définitivement rejetés : la holding échappe aux 5,4 milliards d’euros réclamés par des investisseurs après la flambée de l’action Volkswagen en 2008.

La justice allemande rejette définitivement les recours
Le 30 septembre 2026, la Cour fédérale de justice allemande a rejeté les recours d’une quarantaine d’investisseurs, principalement des fonds spéculatifs américains. Ils réclamaient environ 5,4 milliards d’euros, auxquels devaient s’ajouter des intérêts, pour une manipulation de marché présumée lors de la montée de Porsche SE au capital de Volkswagen.
La cour régionale supérieure de Celle avait déjà rejeté leurs demandes en septembre 2022. La décision de la Cour fédérale de justice est définitive et lie les tribunaux chargés de six procédures suspendues dans l’attente de cet arrêt. Le litige vise Porsche SE, la holding contrôlée par les familles Porsche et Piëch, et non directement Porsche AG, le constructeur automobile.

Une offensive boursière retournée contre Porsche
Porsche SE commence à acquérir des parts de Volkswagen en 2005. Le 26 octobre 2008, elle annonce détenir 42,6 % des actions ordinaires du groupe et disposer d’options portant sur l’équivalent de 31,5 % de son capital. Elle peut ainsi contrôler potentiellement 74,1 % de Volkswagen et envisage de porter sa participation à 75 % en 2009, si les conditions le permettent.
Le Land de Basse-Saxe possédant lui aussi environ 20 % de Volkswagen, peu d’actions restent disponibles sur le marché. Des fonds qui avaient parié sur une baisse du titre doivent alors en acheter pour limiter leurs pertes. Cette demande fait grimper le cours.

En deux jours, l’action Volkswagen passe d’un peu plus de 200 euros à plus de 1 000 euros. Le constructeur devient brièvement la société cotée la plus valorisée au monde. Les investisseurs touchés par cette flambée accusent ensuite Porsche SE d’avoir communiqué de manière trompeuse sur ses intentions.
Début 2009, Porsche SE contrôle plus de la moitié des droits de vote de Volkswagen. Mais sa dette dépasse 10 milliards d’euros et la crise financière complique le financement de l’opération. La holding renonce à prendre le contrôle du groupe. Wendelin Wiedeking, qui portait cette stratégie, quitte l’entreprise en juillet 2009.
Volkswagen acquiert 49,9 % de Porsche AG en décembre 2009, puis les 50,1 % restants en août 2012. De son côté, Porsche SE demeure indépendante et reste un actionnaire majeur de Volkswagen.

Près de dix-huit ans après les faits, la bataille judiciaire née de l’envolée boursière de 2008 s’achève sans indemnisation des plaignants par Porsche SE.






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