Un plan de restructuration assorti de charges exceptionnelles
Stellantis a annoncé qu’il enregistrerait environ 22,2 milliards d’euros de charges au second semestre 2025, dans le cadre d’une restructuration de ses opérations et d’un ajustement de sa stratégie sur les véhicules électriques. Ces éléments, exclus du résultat opérationnel ajusté, comprennent environ 6,5 milliards d’euros de sorties de trésorerie sur les quatre prochaines années.
Ces charges s’expliquent notamment par des feuilles de route produits revues, une chaîne d’approvisionnement dédiée aux véhicules électriques redimensionnée, ainsi que d’autres mesures opérationnelles.
Produits, émissions et batteries : les principaux postes
La plus grande partie des charges, soit 14,7 milliards d’euros, est liée à des changements dans les plans produits et à la conformité aux règles d’émissions aux États-Unis. Ce montant inclut 2,9 milliards d’euros de dépréciations associées à des projets abandonnés et 6 milliards d’euros de dépréciations de plateformes.
Un autre poste de 2,1 milliards d’euros est rattaché à des réductions de capacité de batteries. Par ailleurs, 5,4 milliards d’euros couvrent des actions opérationnelles supplémentaires, dont une hausse de 4,1 milliards d’euros des provisions pour garanties et 1,3 milliard d’euros de coûts de restructuration, principalement liés à des suppressions d’emplois en « Europe élargie ».
Un repositionnement vers une offre multi-énergies
Dans le cadre de ce « reset », le groupe a réaffirmé son orientation vers une offre combinant hybrides et véhicules à moteur thermique, aux côtés des modèles 100% électriques. Stellantis a aussi confirmé une série d’étapes engagées en 2025 : un programme d’investissement aux États-Unis de 13 milliards d’euros étalé sur quatre ans, le lancement de 10 nouveaux véhicules, ainsi que l’arrêt de projets jugés peu susceptibles d’atteindre une taille rentable, parmi lesquels le Ram 1500 BEV prévu.
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, a déclaré que ce « reset » s’inscrivait dans le processus engagé en 2025 pour remettre les clients et leurs préférences au centre. Il a ajouté que les charges annoncées reflétaient notamment le coût d’une surestimation du rythme de la transition énergétique, qui a éloigné le groupe des besoins, moyens et attentes d’une partie des acheteurs.
Modèles, production et qualité : mesures et premiers signaux
De nouveaux modèles, ainsi que des relances, ont été annoncés au sein des marques Jeep, Ram, Dodge, Fiat et Citroën. L’entreprise a également revu ses systèmes de fabrication et de qualité, et a recruté plus de 2 000 ingénieurs en 2024, principalement en Amérique du Nord.
Stellantis fait état d’améliorations opérationnelles initiales : au second semestre 2025, les expéditions ont atteint 2,8 millions de véhicules, en hausse de 11% sur un an, tandis que la part de marché aux États-Unis a progressé séquentiellement à 7,9%.
Le groupe indique aussi une baisse de plus de 50% des défauts constatés le premier mois d’utilisation des véhicules en Amérique du Nord, ainsi qu’une diminution de plus de 30% en « Europe élargie » depuis le début de 2025.
Résultats préliminaires 2025, dividende et financement
Les résultats préliminaires pour la période font ressortir un chiffre d’affaires net estimé entre 78 et 80 milliards d’euros, une perte nette comprise entre 19 et 21 milliards d’euros, et un résultat opérationnel ajusté entre -1,2 et -1,5 milliard d’euros.
À la suite de la perte de 2025, le conseil d’administration a décidé de ne pas distribuer de dividende en 2026. Il a également approuvé l’émission pouvant aller jusqu’à 5 milliards d’euros d’obligations hybrides perpétuelles subordonnées non convertibles.
Perspectives 2026 et trajectoire de trésorerie
Pour 2026, Stellantis anticipe une hausse du chiffre d’affaires net d’un pourcentage à un chiffre « intermédiaire », une marge opérationnelle ajustée à un chiffre « faible » et une amélioration en glissement annuel des flux de trésorerie industriels disponibles.
Les perspectives intègrent 2 milliards d’euros de paiements liés aux charges de 2025, avec un objectif de retour à des flux de trésorerie industriels disponibles positifs en 2027.





