Ai Ogura a refusé une place en MotoGP chez Honda pour terminer son apprentissage, un choix qui l’a conduit au titre Moto2, à la victoire avec Aprilia puis à un contrat chez Yamaha pour 2027.
La proposition venait pourtant du constructeur qui l’avait accompagné depuis l’Asia Talent Cup. Honda envisageait de promouvoir le Japonais chez LCR pour la saison 2024. Ogura a préféré rester en Moto2, quitte à quitter la filière qui avait soutenu son ascension.
Dans un entretien accordé à Crash.net lors du Grand Prix d’Indonésie, il revient sur cette décision et sur celles qui ont suivi. Loin d’un plan établi longtemps à l’avance, son parcours traduit une volonté de choisir chaque étape en fonction de ce qu’il estime pouvoir accomplir.
Pourquoi Ai Ogura a décliné la proposition de Honda
L’accès à la catégorie reine ne suffisait pas, à lui seul, à le convaincre. Ogura voulait y arriver avec davantage de certitudes sur son niveau et après avoir atteint son objectif dans la catégorie intermédiaire.
« J’ai dit non à Honda parce que je n’étais pas prêt pour le MotoGP », explique-t-il à Crash.net. « De plus, je voulais remporter un titre avant de passer en MotoGP. Ce sont les deux raisons principales. »
Son refus ne visait donc pas Honda : il tenait au calendrier de sa progression. Plutôt que de laisser une proposition en MotoGP dicter la suite de sa carrière, le Japonais a choisi de prolonger son apprentissage.
Cette décision s’est accompagnée d’un changement d’équipe : il a quitté Honda Team Asia pour rejoindre MT Helmets-MSI. En 2024, il y a décroché le titre mondial Moto2. Il pouvait alors monter en catégorie reine en ayant atteint le but qu’il s’était fixé, sans laisser derrière lui une ambition inachevée.
Avec Aprilia, un premier succès qui valide sa progression
Pour ses débuts en MotoGP en 2025, Ogura n’a pas repris le chemin de Honda. Il a rejoint TrackHouse Racing, au guidon d’une Aprilia RS-GP. Après avoir différé sa montée, il a donc choisi de l’effectuer hors de la filière japonaise qui l’avait formé.
La saison 2026 lui a apporté une première victoire au Grand Prix des Pays-Bas. Ce succès a fait de lui le premier Japonais vainqueur en MotoGP depuis 2004. Celui qui ne s’estimait pas prêt à accepter l’offre de Honda a ainsi franchi une nouvelle étape dans la catégorie reine.
En Indonésie, il a également pris part au quadruplé d’Aprilia. Quatrième derrière Marco Bezzecchi, Raul Fernandez et Jorge Martin, il a contribué à la démonstration collective du constructeur face à Ducati.
Ogura se garde toutefois de voir dans ces résultats la preuve d’une stratégie parfaitement calculée. « J’ai simplement pris la décision qui me semblait la meilleure compte tenu des circonstances. Ce n’est pas comme si j’avais tout planifié à l’avance. » Chaque choix répondait à une situation précise, sans garantir la réussite du suivant.

Yamaha en 2027, un retour chez un constructeur japonais
À l’issue de la saison 2026, Ogura quittera TrackHouse pour rejoindre Jorge Martin dans l’équipe officielle Yamaha. Il retrouvera donc un constructeur japonais, mais pas celui qui l’avait accompagné jusqu’au Moto2.
Le contexte sera différent de celui qu’il connaît avec Aprilia. Yamaha reste en reconstruction, sa dernière victoire remontant au Grand Prix d’Allemagne 2022 avec Fabio Quartararo. Ce contrat d’usine ouvre donc un nouveau chantier pour Ogura, plutôt qu’il ne prolonge sa situation actuelle.
La réglementation 2027 modifiera aussi le cadre technique, avec des moteurs de 850 cm³ et l’arrivée des pneumatiques Pirelli. Ces changements pourraient redistribuer les positions, sans garantir à Yamaha un retour au premier plan.
Le Japonais définit son rôle sans promettre de redressement immédiat : « Mon travail consiste à donner le meilleur de moi-même sur la moto et à leur transmettre mes commentaires. » Quant à la manière d’exploiter son expérience, il laisse la décision au constructeur : « Comment ils vont m’utiliser, ça les regarde. Vous pouvez demander aux gars de Yamaha, pas à moi. »
Un parcours qu’il ne juge pas à travers les regrets
Ogura n’exprime ni amertume envers Honda ni nostalgie pour les occasions laissées de côté. « Je ressens rarement des émotions concernant les décisions que j’ai prises par le passé », confie-t-il dans ce même entretien.
Son refus initial lui a permis de poursuivre un objectif précis : devenir champion avant de monter. La suite lui a apporté un titre Moto2, une victoire en MotoGP et une place dans une équipe officielle. Chez Yamaha, il gardera la même ligne de conduite : se concentrer sur son pilotage et ses retours techniques, sans prétendre décider à la place du constructeur.






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