L’arrivée de Senna Agius en MotoGP chez Ktm Tech3 en 2027 assurera la relève australienne après Jack Miller, qui reconnaît chez son cadet une rigueur très éloignée de celle de ses propres débuts.
Miller oppose sa jeunesse à la rigueur d’Agius
Avant de quitter la catégorie reine fin 2026, Jack Miller rend un hommage appuyé à celui qui lui succédera comme représentant australien. Au-delà du potentiel d’Agius, il salue sa préparation, qu’il compare à la sienne au même âge.
En 2015, Honda avait choisi de propulser Miller directement du Moto3 au MotoGP, chez LCR. L’Australien avait alors 20 ans et n’avait jamais couru en Moto2 : le saut entre les catégories était particulièrement abrupt.
Lorsqu’il évoque aujourd’hui son comportement à 21 ans, Miller ne ménage pas le jeune homme qu’il était : « Comparé à Agius, j’étais un gamin insupportable, un vrai voyou, à 21 ans. »
Il dresse un tout autre portrait de son compatriote. « Je n’ai jamais rencontré un jeune avec une éthique de travail aussi exemplaire que lui en matière d’entraînement, de préparation physique et d’entraînement hors moto. » À ses yeux, la différence tient d’abord à la manière de travailler, bien avant les premiers résultats en catégorie reine.

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Une préparation plus structurée avant le grand saut
Superbike, motocross, préparation physique : Agius multiplie les formes d’entraînement. Miller décrit un pilote qui laisse peu de place à l’improvisation, là où sa propre génération construisait encore ses méthodes.
La comparaison dépasse ainsi les parcours des deux Australiens. « Quand je suis arrivé, on improvisait, parce que personne ne le faisait. C’est le pilote MotoGP moderne… »
En une douzaine d’années, l’accès au MotoGP s’est davantage structuré. Le travail physique s’ajoute à l’analyse des données, à la préparation technique et à la pratique sur différents types de motos. La vitesse en piste n’est qu’une composante de ce programme plus large.
Agius abordera aussi cette étape avec trois saisons complètes de Moto2 derrière lui. Contrairement à Miller, il sera donc passé par cette catégorie intermédiaire avant de rejoindre le MotoGP. Ces deux trajectoires ne permettent pas de prédire leurs résultats respectifs, mais montrent combien la préparation à ce changement de niveau diffère.
Senna Agius en MotoGP au moment du passage aux 850 cc
La confiance de Miller va bien au-delà d’un simple encouragement. Sur Fox Sports Australia, l’ancien pilote Ducati formule une prédiction ambitieuse : « Je suis convaincu qu’il est le prochain grand champion, vu son éthique de travail et sa façon d’aborder les choses. »
Il y met toutefois une condition : « Il y arrivera si on lui en laisse le temps. » Malgré son admiration pour la méthode d’Agius, Miller n’attend donc pas de lui une réussite immédiate.
Cette réserve prend tout son sens au regard du calendrier. En 2027, Agius découvrira la catégorie reine au moment où les moteurs de 1 000 cc céderont la place aux 850 cc. Pirelli deviendra également le nouveau manufacturier.
Le rookie devra ainsi apprendre le MotoGP sur une nouvelle génération de machines. Si sa préparation constitue un point fort aux yeux de Miller, elle ne le dispensera pas d’un temps d’adaptation. C’est cette marge que son aîné réclame pour lui.
Un premier contact avec KTM, mais pas encore la 850 cc
Agius a déjà eu l’occasion de découvrir une MotoGP. Lors des essais Pirelli organisés en Autriche fin septembre 2026, KTM lui a confié une RC16 1 000 cc dont les performances avaient été adaptées au programme de travail.
Il ne s’agissait donc pas d’un premier roulage sur le prototype KTM 850 cc destiné à 2027. Pour découvrir cette machine, Agius devra attendre les essais d’après-saison de Valence, en novembre.
Son passage sur la RC16 a toutefois laissé une impression positive chez Tech3. Chaz Davies, son mentor et manager, a rapporté que l’équipe avait apprécié la qualité de ses retours, notamment sur les futurs pneumatiques Pirelli.
Ces échanges techniques illustrent le portrait dressé par Miller : au-delà de l’entraînement, Agius a déjà participé au travail d’essais et fourni des observations appréciées par sa future équipe. Il n’a pourtant pas encore piloté la machine avec laquelle il débutera en MotoGP.
L’Australie conservera un pilote dans la catégorie reine
Ce passage de témoin compte aussi pour l’Australie, qui a toujours eu au moins un représentant dans la catégorie reine depuis 1985. Miller a souvent assuré seul cette continuité depuis ses débuts.
En 2027, il rejoindra Yamaha en WorldSBK, tandis qu’Agius deviendra l’unique Australien du MotoGP. Chez Tech3, ce dernier formera un duo entièrement renouvelé avec Luca Marini.
La succession n’est pas seulement symbolique : Miller a personnellement pris Agius sous son aile. Il connaît donc de près les habitudes de travail qu’il admire chez le jeune pilote.
Douze ans sépareront leurs arrivées en MotoGP. Miller avait sauté le Moto2 et reconnaît aujourd’hui qu’il improvisait encore; Agius suivra un parcours plus progressif avant de découvrir les nouvelles 850 cc. Son aîné lui transmet une conviction forte, assortie d’une exigence claire : lui laisser le temps de transformer cette préparation en résultats.







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