Le ton est donné. À Barcelone, Lance Stroll sort de l’Aston Martin AMR26 avec une phrase qui claque comme un avertissement : l’écart avec les meilleurs ressemble déjà à un gouffre. Pas une histoire de dixièmes à gratter, mais de secondes à aller chercher.
En pré-saison, tout le monde avance masqué. Les programmes diffèrent, les charges aussi. Mais le Canadien, qui n’a bouclé que 5 tours à Barcelone, après 36 tours la veille, calme d’emblée les attentes. Et enterre l’idée d’un conte de fées façon « Brawn ».
« Quatre secondes » : un constat brutal dès les premiers relais
Quand on lui demande à quel moment Aston Martin pourrait réduire l’écart, Stroll ne cherche pas à enjoliver : « Je ne sais pas. Je veux dire, là, on dirait qu’on est à quatre secondes des équipes de tête, quatre secondes et demie. » Il rappelle tout de même le grand classique des essais : « C’est impossible de savoir quelles charges de carburant et tout le reste les gens utilisent. »
Sauf que, même avec cette prudence, le chiffre reste massif. Stroll résume l’ampleur du chantier sans détour : « Il faut essayer de trouver quatre secondes de performance. » Et il ne pointe pas un coupable unique. « C’est une combinaison de choses, » dit-il, en mettant dans le même panier le moteur, l’équilibre et l’adhérence.
Sur la piste, l’AMR26 n’a pas « mis le feu à la piste ». Dans l’esprit de Stroll, le rythme entrevu chez Red Bull, Mclaren et Mercedes place déjà Aston Martin à distance respectable.
Des solutions à construire, pas à attendre
Où est la solution ? Stroll n’attend pas de miracle : « Je ne pense pas que ça tombe du ciel. » Le plan ressemble à celui de toutes les équipes qui chassent : améliorer la voiture, améliorer le moteur, et tirer davantage du package.
Il insiste aussi sur la réalité du rythme en F1. Personne ne lâche, week-end après week-end. Aston Martin veut donc « extraire plus de performance chaque jour », tout en gardant un cap plus long avec des évolutions prévues « côté groupe propulseur » et « côté châssis ».
Le premier vrai point de repère, il le renvoie à l’Australie : « On verra en Australie où on se situe sur la grille, puis on verra tout au long de la saison comment on progresse. » D’ici là, la consigne est simple : pousser aussi fort que possible.
Pas de réaction « émotionnelle », mais un objectif intact
Le discours est sombre, mais Stroll refuse de le traduire en déception personnelle. « Je n’ai pas de réaction émotionnelle, » affirme-t-il. Son enchaînement de questions-réponses résume l’état du projet : oui, l’équipe veut se battre pour gagner. Non, à cet instant, « ça n’en a pas l’air ». Et oui, il pense que cela peut arriver dans le futur.
Pas question, en revanche, de vendre une remontée express. « Je n’ai pas de boule de cristal, » répète-t-il, avant de conclure : « Est-ce que ça peut changer dans les prochaines semaines, est-ce que ça peut aller beaucoup mieux ? Bien sûr. Est-ce que ça ira à 100 % beaucoup mieux ? Je ne sais pas. »
Au final, le message ne laisse pas beaucoup de place à l’interprétation : l’Aston Martin AMR26 ne donne pas, pour l’instant, les garanties d’une saison au sommet. L’équipe parle d’améliorations; Stroll, lui, parle d’un écart énorme à combler. Reste à voir, dès l’Australie, si ce gouffre est bien réel ou si les essais ont grossi le trait.
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