L’annulation du GP d’Australie à Phillip Island a été décidée sans consulter les pilotes de MotoGP, a expliqué Francesco Bagnaia, alors que les hélicoptères médicaux ne pouvaient pas décoller.
Interrogé par TNT Sports sur une éventuelle consultation avant l’annulation de la course dominicale, le pilote Ducati a répondu : « Non. Mais dans ce genre de situations, nous devons respecter les décisions de la direction. »
Francesco Bagnaia ne conteste donc pas l’autorité de la direction de course. Son témoignage distingue toutefois deux questions : la nécessité de renoncer à courir pour des raisons de sécurité et la place accordée aux pilotes dans les échanges avant cette décision.
Pourquoi le GP d’Australie ne pouvait pas se courir
Le blocage ne venait pas directement de l’état de l’asphalte : la mauvaise visibilité empêchait les hélicoptères médicaux de décoller. Sans possibilité d’évacuation conforme aux exigences de sécurité, la compétition ne pouvait pas être maintenue.
Bagnaia jugeait pourtant les conditions de piste surmontables : « Les conditions étaient un peu délicates, très froides, mais je pense que nous avons couru dans des conditions pires que celles-ci », a-t-il expliqué.
Cette appréciation ne contredit pas les raisons de l’annulation. Même jugée praticable par les pilotes, une piste ne suffit pas à autoriser un départ si les moyens de secours indispensables sont indisponibles. L’adhérence et la capacité d’évacuation médicale relèvent de deux évaluations distinctes.

Une frustration qui dépasse les conditions de piste
La déception touchait aussi Senna Agius, pilote australien de Moto2. Auprès de TNT Sports, il a qualifié l’annulation de « dévastatrice » pour les supporters : « Regardez tous ces fans ici, ils voulaient voir une course de moto aujourd’hui. » Il reconnaissait néanmoins que les responsables devaient tenir compte d’une situation dépassant les seules conditions de piste.
Bagnaia regrettait lui aussi de rester au garage à Phillip Island. Son constat sur l’absence de consultation rejoint cependant une préoccupation plus large : la capacité des pilotes à faire entendre collectivement leur voix.
Ces derniers jours, ils ont également exprimé leurs inquiétudes concernant les garanties de sécurité et d’évacuation pour le GP du Qatar, ainsi que certaines contraintes promotionnelles et contractuelles. Il ne s’agit pas de leur accorder un veto sur une décision médicale, mais de les associer aux échanges et de leur expliquer les contraintes qui empêchent de courir.






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