Avec le retour de l’heure d’hiver, l’éblouissement au volant redevient une préoccupation pour les conducteurs, et une étude anglaise montre que la technologie des phares n’est pas seule en cause.
Les voitures éclairent mieux, mais les conducteurs qui les croisent n’en tirent pas toujours bénéfice. Des optiques plus performantes, des faisceaux placés plus haut et de mauvaises habitudes d’utilisation se combinent pour rendre certains trajets nocturnes pénibles. Les SUV et les LED contribuent au problème, sans pour autant expliquer tous les désagréments.

L’heure d’hiver expose davantage à la conduite nocturne
Le changement d’heure marque le retour d’un quotidien bien connu des automobilistes : la nuit arrive plus tôt à l’horloge, alors que les journées raccourcissent déjà. Les occasions de prendre le volant dans l’obscurité deviennent donc plus nombreuses. Pour les conducteurs sensibles aux phares des véhicules venant en face, cette période remet la question de l’éclairage au premier plan.
Une étude de Start Rescue, entreprise anglaise d’assistance et de dépannage, mesure l’ampleur du désagrément parmi ses répondants. Elle en explore aussi les causes : au-delà de la puissance des optiques, la manière d’utiliser les feux compte également.

L’éblouissement au volant ne concerne pas que la nuit
Parmi les personnes interrogées, 86 % déclarent être régulièrement éblouies la nuit par les phares des voitures arrivant en sens inverse. Ce chiffre décrit l’expérience des répondants à l’enquête; il ne mesure pas la puissance lumineuse de l’ensemble du parc automobile.
Le phénomène ne disparaît pas avec le lever du jour. Un tiers des sondés disent aussi être éblouis en journée par des optiques restées allumées. La gêne ne se limite donc pas aux croisements sur une route plongée dans l’obscurité.
L’allumage automatique des feux de croisement est pourtant largement répandu, tout comme la commutation automatique entre feux de route et feux de croisement. Ces équipements ne suffisent pas à éliminer les mauvais usages ni les problèmes liés à un éclairage inadapté ou mal réglé. Même dotée d’automatismes, une voiture peut donc gêner les autres usagers.
LED et SUV changent la donne face aux autres voitures
Les ampoules halogènes ont longtemps dominé l’éclairage automobile. Plus coûteux, les phares au xénon sont restés moins répandus. L’arrivée des LED a changé cette répartition : plus efficaces que les deux technologies précédentes, elles sont devenues accessibles et équipent désormais aussi des véhicules abordables.
Si le conducteur profite d’un éclairage performant, l’automobiliste qui arrive en face peut en avoir une perception beaucoup moins favorable. À cette évolution s’ajoute la multiplication des SUV, dont les optiques sont positionnées plus haut. La performance lumineuse et la hauteur des phares participent ainsi à la sensation d’éblouissement.
Les systèmes Matrix LED sont conçus pour adapter le faisceau afin d’éviter d’éclairer directement les autres véhicules. Leur présence ne fait toutefois pas disparaître la gêne ressentie : 60 % des personnes interrogées par Start Rescue estiment que l’éblouissement s’aggrave. Ce résultat exprime leur perception, sans isoler la responsabilité d’une technologie particulière.

Le réglage et l’usage des feux restent déterminants
Accuser uniquement les voitures récentes serait réducteur. Sur les véhicules plus anciens, le réglage du faisceau peut évoluer avec le temps ou selon l’assiette de la voiture. Mal orienté, l’éclairage risque alors d’atteindre le visage du conducteur venant en sens inverse, au lieu d’éclairer correctement la chaussée.
Un phare n’a donc pas besoin d’être de dernière génération pour devenir gênant. La technologie employée, l’orientation du faisceau et la position du véhicule sont des facteurs distincts, qui peuvent se cumuler. Se concentrer sur les seules LED laisserait de côté une partie des causes évoquées dans l’enquête.
L’usage abusif des antibrouillards est également relevé. Destinés aux situations de visibilité très limitée, ils peuvent éblouir les autres usagers lorsqu’ils sont utilisés sans nécessité. Le mauvais emploi des feux de route contribue lui aussi au problème : disposer d’un équipement ne justifie pas de l’activer en permanence.
Les conséquences dépassent le simple agacement lors d’un croisement. Dans cette enquête, 20 % des répondants déclarent préférer éviter de conduire la nuit lorsqu’ils le peuvent, précisément pour ne plus être éblouis. Pour eux, la gêne lumineuse influe déjà sur le choix de leurs déplacements.





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