Le GP de Chine F1 arrive très tôt dans la saison, mais il pèse déjà lourd. Après Melbourne, Alpine doit réagir, Haas veut valider ses premières promesses, et Aston Martin débarque à Shanghai avec une ambition bien différente : retrouver un fonctionnement normal.
Alpine veut corriger le tir dès Shanghai
Pierre Gasly ne masque pas la marge qui reste à combler. Pour lui, l’équipe est encore loin du potentiel maximal de sa monoplace. Le Français pointe plusieurs chantiers : la voiture elle-même, sa compréhension, les réglages, le moteur, la gestion de l’énergie, les qualifications et la course. Melbourne a servi de point de départ, certainement pas de référence.
Gasly juge qu’Alpine a légèrement sous-performé en Australie. Il s’attend donc à voir l’écurie plus à son avantage en Chine. Quelques évolutions doivent amener de la performance, comme partout dans le paddock, mais l’essentiel est ailleurs : il faut d’abord tirer correctement parti de l’ensemble.
Le pilote français ne cherche pas une explication unique. Le tracé et les conditions de Melbourne ont moins bien convenu à l’équipe, mais le week-end a aussi été perturbé par des soucis moteur en essais libres. Alpine s’est beaucoup focalisée sur l’énergie, au risque de laisser de côté certains points liés aux pneus et au set-up. Gasly retient malgré tout un signal positif : la voiture était meilleure le dimanche que le samedi. En interne, le ton reste posé. Pas de panique, mais la conscience que ce début de saison reste en dessous des attentes.
Haas s’appuie sur une base jugée solide
Chez Haas, Esteban Ocon parle d’un début encourageant. La voiture n’est pas encore totalement cernée, mais la base lui paraît saine. En Australie, la qualification n’a pas montré tout le potentiel de la monoplace. Sur son dernier tour lancé, le Français explique que le plancher s’est cassé, ce qui l’a privé d’un meilleur résultat.
Le dimanche, en revanche, Haas a affiché un visage bien plus solide. Ocon estime que l’équipe a répondu présent en course et veut prolonger cette dynamique à Shanghai. Le format du week-end impose toutefois d’être juste très vite, avec une seule séance d’essais libres pour trouver le bon réglage.
Le Français insiste surtout sur la différence avec l’an dernier à Melbourne. Cette fois, pas question de paniquer ni de tout remettre à zéro. À ses yeux, la base actuelle offre un gros potentiel en matière d’équilibre. Haas dispose donc d’un socle de travail, et si l’exécution suit, Ocon pense que l’équipe peut viser « quelque chose de correct ». Un nouveau top 5 en Chine, comme l’an dernier ? « On verra, mais ce serait bien, c’est sûr », glisse-t-il.
Aston Martin cherche d’abord des tours
Fernando Alonso aborde ce GP de Chine F1 sans illusion. En quatre ou cinq jours, rien n’a vraiment changé chez Aston Martin. L’Espagnol s’attend donc à un autre week-end compliqué, avec possiblement un programme réduit dans certaines séances, l’équipe manquant de pièces.
Dans l’immédiat, un bon week-end ne se juge pas au classement. Alonso veut avant tout enchaîner les tours sans incident, accumuler du roulage et commencer à cerner la bonne fenêtre de fonctionnement de la voiture et du châssis. Son image résume bien la situation : là où d’autres ont peut-être déjà bouclé 1 000 tours depuis les essais de Barcelone, Aston Martin en serait à environ 100 tours. À ses yeux, l’équipe repart presque de zéro.
Le double champion du monde ne tombe pas pour autant dans le fatalisme. Il explique que finir troisième, cinquième ou dix-septième provoque au fond la même frustration si la victoire n’est pas en jeu. Alonso rappelle aussi qu’il s’agit de la première année de la collaboration entre Aston Martin et Honda. Son rôle, dit-il, est donc d’aider autant que possible.
Dans ce cadre, il évoque un soutien direct sur le groupe propulseur, notamment autour des vibrations et des problèmes de déploiement. Aston Martin mobilise une partie de ses ressources pour épauler Honda sur certains sujets techniques. Le constat est limpide : le début de saison est cahoteux, et la solution ne viendra pas du jour au lendemain.
À l’approche du week-end de Shanghai, trois réalités coexistent. Alpine veut enfin montrer son vrai visage, Haas cherche à confirmer sa progression, et Aston Martin tente d’abord de remettre sa saison sur des rails normaux.
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