Ktm propose un carburant unique en MotoGP pour réduire le coût des carburants non fossiles, sans sacrifier les sponsors des équipes.
En 2027, la facture du carburant inquiète KTM
En 2027, le MotoGP passera aux carburants 100 % non fossiles. Leur développement et leur production pourraient peser lourd sur les constructeurs. À Spielberg, une estimation a atteint 86 euros le litre. Ce n’est pas un prix officiel, mais le montant explique l’inquiétude dans le paddock.
Le PDG de KTM, Gottfried Neumeister, défend une base technique commune. Chaque constructeur n’aurait plus à nouer sa propre relation avec un fournisseur de carburant conforme. « Quel avantage perdrions-nous à avoir un fournisseur unique de carburant, alors que tout le monde travaille sur la même base et s’engage à en tirer le meilleur parti ? », demande-t-il. Pour lui, cette base commune éviterait de multiplier les démarches de développement.
On comprend la logique : ces développements coûtent cher sans apporter de spectacle visible au public. Le carburant resterait essentiel aux motos, mais son approvisionnement serait mutualisé. KTM veut réduire une dépense peu perceptible en piste, pas limiter les pilotes.

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Même carburant, sponsors différents
Un fournisseur unique pose pourtant un problème commercial. Les constructeurs travaillent avec différentes compagnies énergétiques. Imposer aussi une seule marque aux équipes pourrait fragiliser ces accords. Une économie sur l’approvisionnement pèserait peu si elle faisait perdre des revenus de sponsoring.
Neumeister distingue donc le carburant utilisé en course de la marque affichée sur les motos. Toutes les équipes rouleraient avec le même produit. Chacune pourrait toutefois conserver ou choisir son sponsor énergétique. Une compagnie pourrait ainsi soutenir un constructeur sans fournir le carburant de sa moto.
On parle d’une fourniture technique commune, pas de partenariats uniformisés. Elle limiterait les développements parallèles tout en préservant les relations commerciales. Sur cette base commune, chaque constructeur chercherait encore à tirer le meilleur du carburant.
Le WorldSBK choisit déjà cette méthode
Le WorldSBK a déjà choisi cette voie pour 2027. Il conservera son carburant E40, mais passera à un fournisseur unique. L’objectif est notamment de réduire les fortes différences de coûts entre les produits utilisés par les constructeurs.
Le futur tarif est estimé entre 5 et 7 euros le litre. L’appel d’offres n’étant pas encore définitivement attribué, ce tarif reste à confirmer. Mais attention, impossible de le transposer tel quel au MotoGP. Celui-ci passera aux carburants 100 % non fossiles, avec des contraintes techniques différentes.
On compare donc la méthode, pas les prix. Mutualiser la fourniture éviterait à plusieurs constructeurs de financer séparément une même fonction. Pour KTM, c’est une piste pour réduire les dépenses sans modifier directement les courses.
La deuxième moto reste essentielle à la course
KTM ne veut pourtant pas économiser à tout prix. Le constructeur autrichien s’est opposé à la limitation de chaque pilote à une seule moto. Neumeister veut qu’un pilote puisse rentrer aux stands après une chute, puis repartir sur la deuxième moto. « Cela fait partie intégrante du MotoGP. » Selon lui, supprimer cette possibilité toucherait à l’esprit de la course.
La différence est visible pour le public. La deuxième moto peut permettre de poursuivre un Grand Prix après un incident. Plusieurs programmes de développement de carburant n’apportent pas, à ses yeux, le même bénéfice au spectacle.
Neumeister n’exclut pas non plus un plafonnement budgétaire inspiré de la Formule 1. Il faudrait toutefois le construire collectivement et avec discernement. Selon lui, cette mesure pourrait aider les participants à concourir dans des conditions plus égales. Il reconnaît aussi que les constructeurs doivent maîtriser leurs coûts, pas seulement demander plus de revenus au championnat.
On voit où KTM place la limite : partager les dépenses techniques qui ne changent pas la course. Pas question, en revanche, de supprimer les moyens de continuer à se battre en piste.





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