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Gigi Dall’Igna atteint 100 victoires avec Ducati

Gigi Dall’Igna atteint 100 victoires en Grand Prix avec Ducati à Motegi. Sa Desmosedici préférée reste pourtant la GP15 de 2015, sans succès en course. Ce choix met en lumière la reconstruction du constructeur et le savoir-faire sur lequel il compte pour aborder le règlement 2027.

Gigi Dall’Igna, à la tête du projet Ducati en MotoGP. Moto GP

Avec 100 victoires en Grand Prix chez Ducati à Motegi, Gigi Dall’Igna voit toujours la GP15 de 2015, pourtant sans victoire, comme le tournant de cette réussite.

Le choix peut surprendre au regard du chemin parcouru. Quand il prend les commandes du projet MotoGP de Ducati, fin 2013, le constructeur est en difficulté. Il ne gagne plus. Plus d’une décennie après, le bilan atteint 100 victoires en Grand Prix sous sa direction. Un cap majeur, mais pas ce qui compte le plus à ses yeux.

L’Autriche 2016, le souvenir qui reste

Dall’Igna accueille ce cap avec fierté, sans perdre son humour : « Je suis heureux et fier. Cent est un grand nombre, mais cela signifie aussi que je vieillis. C’est le revers de la médaille. » Derrière la plaisanterie, il décrit la période actuelle comme un « âge d’or » pour Ducati.

Son meilleur souvenir ne vient pourtant pas des succès les plus récents. L’Italien revient à l’Autriche en 2016, lorsque Andrea Iannone avait ramené Ducati au sommet d’un Grand Prix. Cette victoire mettait fin à près de six années d’attente en MotoGP.

« Cette première victoire en Autriche était la plus importante et reste mon meilleur souvenir. » Elle vaut donc davantage que le seul résultat de cette course. Elle marque le retour à la victoire d’un constructeur dont le projet avait dû être reconstruit. Dans cette série de cent succès, on comprend pourquoi le premier garde une place à part.

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La GP15 a changé la donne sans gagner

Sa Desmosedici préférée n’est pas celle qui a gagné en Autriche. Dall’Igna choisit la Desmosedici GP15, engagée en 2015. Elle n’a remporté aucun Grand Prix, malgré des podiums et des pole positions. Ducati avait encore dû attendre la saison suivante pour retrouver la plus haute marche.

Ce palmarès incomplet n’enlève rien à son rôle dans la reconstruction. Pour Dall’Igna, la GP15 représente une avancée majeure dans une période exigeante. « Il y avait beaucoup de pression à l’époque. » Cette moto compte autrement que les machines victorieuses. Elle montre que le travail entrepris produit ses effets.

Le premier succès et la moto préférée racontent donc deux étapes distinctes. L’Autriche 2016 récompense le redressement par une victoire. La GP15, un an auparavant, avait permis d’en percevoir la direction. En désignant la Ducati « la plus proche de son cœur », Dall’Igna privilégie le tournant technique au résultat final.

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Les solutions passent, le savoir-faire reste

La reconstruction ne s’est pas limitée à rendre la Desmosedici plus rapide. Ducati a joué un rôle majeur dans le développement de l’aérodynamique en MotoGP. Même chose pour les dispositifs permettant de modifier l’assiette des motos, leur inclinaison entre l’avant et l’arrière.

Cette recherche a aussi transformé l’environnement technique de la discipline. Certaines solutions ont été copiées. D’autres ont été encadrées ou interdites. Dall’Igna assume cette volonté d’innover : « C’est notre travail, et je pense que nous l’avons fait de la meilleure manière possible. » Les réactions des concurrents et du règlement font partie de cette trajectoire.

À ses yeux, l’acquis le plus précieux n’est pas un dispositif particulier. C’est le savoir accumulé pour concevoir ces solutions. La distinction compte lorsque les règles changent. On peut interdire une invention sans effacer l’expérience nécessaire à son développement. Pour Ducati, c’est bien ce savoir-faire qui reste disponible.

Ducati
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850 cm³ et nouveaux pneus : le virage de 2027

Le prochain changement sera profond. En 2027, la cylindrée passera à 850 cm³. L’aérodynamique sera réduite et les dispositifs de correction d’assiette disparaîtront. Dans le même temps, Pirelli remplacera Michelin. Ducati perdra donc une partie des outils qui ont accompagné sa supériorité actuelle.

Dall’Igna ne voit pas dans cette rupture une raison de s’alarmer. « Même si les règlements changent à l’avenir, je crois que les connaissances que nous avons acquises nous permettent de regarder l’avenir positivement. » Sa confiance repose sur l’expérience de conception. Pas sur la possibilité de conserver toutes les solutions utilisées aujourd’hui.

Le développement de la Ducati 850 a déjà avancé. Sa première phase est presque terminée. Un nouvel essai important reste programmé avant la poursuite du travail, notamment avec Michele Pirro et Nicolò Bulega. Le changement de règlement est aussi un chantier concret, au-delà du bilan des cent victoires.

L’Italien reconnaît qu’il devient difficile d’imaginer faire beaucoup mieux que durant cet « âge d’or ». On ne tient pas là une garantie de succès pour 2027. Son optimisme repose plutôt sur les connaissances acquises au fil de la reconstruction et des innovations de Ducati.

La préférence pour la GP15 éclaire cette approche. Une moto sans victoire peut avoir une importance décisive dans un projet gagnant. Pour Dall’Igna, cette étape reste le point de départ de la réussite. Ducati avait compris que sa reconstruction fonctionnait, avant même que le palmarès ne le confirme.

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Marion

Marion, 31 ans, rédactrice chez Moteur Actu, suit l'actualité automobile et les sorties constructeurs. Passionnée d'auto depuis l'enfance, elle relaie les annonces produits, lancements internationaux et tendances du secteur avec un regard accessible aux passionnés comme aux non-initiés.

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