Un rendez-vous commun entre MotoGP et WorldSBK serait à l’étude à Valence, avec une promesse de spectacle mais un équilibre délicat à préserver entre les deux championnats.
Réunir les deux principales vitrines mondiales de la vitesse moto sur un même circuit, le temps d’un week-end : l’idée aurait de quoi attirer les passionnés. Selon Motosprint, un rapprochement serait envisagé sous l’impulsion de Liberty Media, propriétaire des deux championnats. Le circuit Ricardo Tormo figure parmi les pistes pressenties.
Le projet n’a pas été annoncé officiellement et aucun rendez-vous commun n’est inscrit au calendrier. L’intérêt commercial est pourtant facile à comprendre : une même affiche permettrait de rassembler les publics et de mutualiser une partie de l’organisation. Sur le plan sportif, la mise en œuvre serait bien moins simple, notamment pour les catégories qui accompagnent habituellement les deux disciplines.
MotoGP et WorldSBK : un test avant un week-end commun
D’après Motosprint, certains acteurs du paddock souhaiteraient commencer par un test commun entre les machines des deux championnats. Cette première étape précéderait l’éventuelle organisation d’un week-end de compétition réunissant les deux plateaux.
Partager une séance d’essais n’impose pas encore de faire cohabiter tous les programmes sportifs. Pour un événement officiel, il faudrait trouver une place aux différentes courses, sans déséquilibrer l’affiche ni reléguer les catégories intermédiaires au second plan.
Pour Liberty Media, cette piste s’inscrirait dans une logique de rapprochement entre ses compétitions. Des spéculations ont déjà porté sur un événement associant la F1 et le MotoGP. L’hypothèse évoquée ici resterait exclusivement consacrée aux deux-roues, avec deux championnats aux identités et aux réglementations distinctes.
Il ne s’agirait donc pas seulement de proposer davantage de courses au même endroit. Chaque discipline devrait conserver une place bien identifiable dans le rendez-vous, au-delà de la seule puissance d’attraction du MotoGP.

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Valence, un point de rencontre possible en 2027
Le choix de Valence aurait une logique calendaire. Le WorldSBK doit y revenir en 2027, après dix-sept années d’absence, tandis que le tracé espagnol accueille également le MotoGP. Ce retour offrirait ainsi un point de rencontre possible entre les deux championnats.
Le Ricardo Tormo ne serait toutefois pas la seule option. Portimão, Assen, Aragón et Misano figureraient aussi parmi les circuits communs aux calendriers envisagés. Valence aurait pour lui la portée symbolique du retour du Superbike sur un terrain familier du MotoGP.
La Thaïlande et la Chine auraient également été évoquées, mais leur situation calendaire rendrait le rapprochement plus complexe. Ces pistes restent, à ce stade, des possibilités et non un programme arrêté.

Un programme difficile à faire tenir en trois jours
La principale difficulté apparaît dès que l’on dépasse l’affiche des deux catégories reines. Entre les nouvelles qualifications MotoGP prévues pour 2027, les courses Sprint et les différentes épreuves du WorldSBK, le programme serait déjà chargé.
Y ajouter systématiquement le Moto2, le Moto3, le WorldSSP et le World Sportbike paraît difficilement compatible avec un week-end de trois jours. Il faudrait donc arbitrer entre la place accordée à chaque catégorie et le nombre de compétitions présentes.
Une hypothèse consisterait à ramener la présence des catégories intermédiaires à une quinzaine de manches pour libérer certaines dates. Rien ne permet toutefois de présenter cette piste comme une décision. Elle illustre surtout la difficulté centrale du projet : créer un grand rendez-vous ne consiste pas simplement à juxtaposer deux programmes existants.
Le bénéfice commercial potentiel aurait ainsi une contrepartie sportive. Une organisation partiellement mutualisée pourrait rendre l’événement plus attractif, sans pour autant résoudre le manque de place dans le programme.
Préserver les filières et l’identité du Superbike
Pour le Moto2 et le Moto3, l’enjeu dépasserait le seul nombre de départs. Ces catégories constituent les principales filières vers le MotoGP. Réduire leur présence pourrait aussi diminuer leur visibilité, dans un écosystème déjà soumis à de fortes pressions économiques.
Le WorldSBK ferait face à un autre risque : bénéficier de l’exposition du MotoGP tout en étant perçu comme une catégorie support. Une affiche commune ne garantirait donc pas un traitement équilibré entre les deux championnats.
La cohérence du projet se jouerait sur cet équilibre. Réunir les publics et les plateaux pourrait renforcer le spectacle, à condition de préserver ce qui distingue chaque discipline. Pour Liberty Media, le défi serait de faire grandir les deux championnats ensemble, sans que la visibilité de l’un se construise au détriment de l’autre.





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