Le règlement F1 2026 continue de crisper le paddock. Après la course de dimanche, Lando Norris a remis une pièce dans le débat en visant des monoplaces qu’il juge trop soumises à leur gestion énergétique. Au point de résumer la situation avec une formule sèche : un pilotage en « yo-yo », bien loin d’une vraie lutte en piste.
Le pilote Mclaren, champion du monde 2025, estime que le spectacle peut paraître séduisant à l’écran, mais beaucoup moins depuis le cockpit. Son reproche est simple : le pilote ne maîtrise pas assez le déploiement de la batterie. Et quand l’énergie arrive au mauvais moment, le dépassement devient presque involontaire.
Norris pointe une F1 trop subie
Face aux journalistes, Norris a décrit un système qui impose le rythme plus qu’il ne l’accompagne. « Ce n’est pas de la course, c’est du yo-yo », a-t-il lancé. Dans son exemple avec Lewis Hamilton, le Britannique explique dépasser, puis se faire repasser aussitôt parce que l’énergie n’est plus disponible.
Au-delà de la frustration, c’est la philosophie même du pilotage qu’il remet en cause. « Quand on est à la merci de ce que délivre le groupe motopropulseur, les pilotes devraient au moins en garder le contrôle, et ce n’est pas le cas », résume-t-il. Norris admet que certaines pistes conviennent mieux que d’autres et que des améliorations ont déjà été apportées. Mais à ses yeux, le fond du problème reste intact : les pilotes veulent attaquer à fond, pas lever le pied pour éviter un redéploiement malvenu.
Il cite notamment 130R, où le mode dépassement se déclenche normalement. C’est là que, selon lui, la situation se complique : si la batterie se déploie à cet endroit, il doit lever le pied pour ne pas percuter la voiture devant. En remettant les gaz, l’énergie revient alors qu’elle aurait dû être coupée. Résultat, le pilote subit la séquence et s’expose ensuite à la voiture qui suit.
Sécurité, spectacle et fracture dans le paddock
Norris nuance toutefois son attaque. Il sépare la question du spectacle de celle de la sécurité, en évoquant l’accident d’Oliver Bearman comme une possible explication à ce qui s’est produit en course. Mais sur le fond, son jugement ne change pas : « La course à l’intérieur de la voiture n’est certainement pas aussi authentique qu’elle devrait l’être. »
Le débat autour du règlement F1 2026 ne se limite d’ailleurs pas à son cas. Plusieurs pilotes ont repris cette idée de dépassements « par accident ». Norris insiste aussi sur un point très concret : il ne veut pas perdre 60 km/h entre 130R et le dernier virage en devant lever le pied. À ses yeux, voir d’autres catégories afficher une vitesse de pointe supérieure à celle de la F1 a de quoi interroger.
Dans le paddock, tout le monde ne suit pourtant pas cette ligne. George Russell, l’un des directeurs du GPDA avec Carlos Sainz, soutient pleinement ces règles. Russell a remporté la manche d’ouverture de la saison et occupe actuellement la deuxième place du championnat derrière son coéquipier chez Mercedes.
Norris, lui, semble presque fataliste sur le poids de la parole des pilotes. « Peu importe ce que nous disons. Parce que tant que les fans aiment ça, c’est tout ce qui compte. » Une phrase qui résume bien la tension du moment : une F1 toujours à la recherche du bon équilibre entre sécurité, technologie et authenticité du pilotage.
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