Le crash d’Oliver Bearman a remis brutalement un sujet sur la table : la sécurité en F1 2026. Pour Carlos Sainz, rien de vraiment surprenant. L’Espagnol assure que les pilotes avaient alerté la FIA bien avant cet accident sur les écarts de vitesse générés par le nouveau règlement. Et à ses yeux, le souci dépasse largement le cadre des qualifications. C’est aussi un problème de course, donc de sécurité.
Le point de friction est identifié depuis les premiers roulages. Une voiture lancée peut revenir très vite sur une autre en phase de ralentissement pour récupérer de l’énergie. Après le shakedown de Barcelone, plusieurs pilotes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Oscar Piastri racontait s’être retrouvé au contact de plusieurs voitures, avec à la clé un dépassement marqué par une grosse différence de vitesse. Il jugeait que ces écarts seraient peut-être un peu plus élevés qu’avec le DRS, sans aller jusqu’à imaginer des situations avec des vitesses « follement différentes ».
L’Australien mettait aussi le doigt sur un élément central. Quand la batterie ne délivre pas toute sa puissance, l’écart monte à 350 kilowatts. Une différence de puissance énorme. D’où, selon lui, la nécessité d’avoir des indications claires. Il précisait d’ailleurs que les équipes travaillaient avec la FIA pour rendre ces situations aussi sûres et lisibles que possible.
Sainz accuse la FIA de ne pas assez écouter les pilotes
Carlos Sainz affirme que la GPDA avait prévenu la FIA. À l’en croire, ce type d’accident devait se produire régulièrement avec ce règlement si rien n’était corrigé. Après le crash de Bearman, il a expliqué avoir entendu parler d’un choc à 50G, soit plus que son propre accident en Russie en 2015, mesuré à 46G.
Le message est frontal. Sainz espère que cet accident servira d’exemple et poussera la FIA comme la FOM à écouter davantage les pilotes que les équipes, ou ceux qui estiment que les courses sont satisfaisantes. Sur ce point, l’Espagnol ne laisse aucune place au doute : « la course n’est pas OK ».
Le pilote espagnol insiste aussi sur le contexte des circuits. À Suzuka, rappelle-t-il, il y avait une échappatoire. Mais il projette déjà le même scénario à Bakou, Singapour ou Las Vegas, avec des murs proches et les mêmes écarts de vitesse. Son inquiétude vise donc autant la philosophie du règlement que ses conséquences possibles sur certains tracés urbains.
Le spectacle au centre, la course toujours visée
Depuis le début de la saison, les critiques des pilotes envers les règles 2026 ciblent surtout la récupération d’énergie et son impact sur les dépassements. Sainz estime que cela fabrique des manoeuvres artificielles, alors même que la discipline continue de défendre cette évolution au nom du spectacle.
Avant le week-end de Suzuka, la FIA a annoncé un ajustement du règlement. Problème : cette modification ne touche que les qualifications. C’est précisément ce qui étonne Sainz. Il dit avoir été surpris d’entendre qu’il fallait corriger les qualifications tout en laissant la course en l’état parce qu’elle serait « excitante ». Or, selon lui, les pilotes ont été très clairs : le problème concerne aussi la course.
Une réunion est prévue pendant la pause pour aborder ces différents sujets. Sainz se dit curieux de voir ce que la FOM et la FIA proposeront. Son attente est claire : une solution meilleure dès Miami, avec un dispositif capable de réduire ces énormes écarts de vitesse et de rendre les courses plus sûres.
Un avertissement désormais concret
Le débat n’a plus rien de théorique. Dès l’ouverture de la saison, Franco Colapinto avait déjà évité de peu Liam Lawson sur la grille, alors que ce dernier peinait à repartir. Cette fois, avec le crash d’Oliver Bearman, les craintes exprimées depuis des semaines prennent une autre ampleur.
La position de Sainz est limpide. Les pilotes avaient averti sur ces écarts de vitesse, et ils continuent de réclamer des changements qui ne se limitent pas au spectacle. En F1 2026, la question posée par Suzuka est simple : comment préserver l’intensité de la course sans accepter un risque que les pilotes jugent déjà trop élevé ?
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