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La Delage D12, supercar hybride française dotée d’un habitacle en tandem.

Antoine Arnault investit dans la Delage D12

© Delage Automobiles
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L’investissement personnel d’Antoine Arnault apporte un nouvel appui à la Delage D12, sans lever les obstacles liés à son homologation et à sa production.

Antoine Arnault renforce le projet Delage D12

Directeur général de Christian Dior SE et membre du comité exécutif de LVMH, Antoine Arnault rejoint à titre individuel le tour de table de Delage Automobiles. Des structures associées aux familles Pinault et Niel participent elles aussi au financement du projet porté par Laurent Tapie. Cet apport renforce sa crédibilité dans l’univers de l’ultra-luxe, un atout essentiel pour convaincre les collectionneurs visés.

La société ne s’inscrit toutefois pas dans une continuité industrielle directe. Fondée en 1905 par Louis Delâge, la marque historique a été absorbée par Delahaye en 1935, puis sa production s’est arrêtée en 1953. Sa renaissance s’appuie sur un accord conclu avec l’association Les Amis de Delage, détentrice des droits sur le nom.

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Une industrialisation toujours difficile

Construite autour d’une monocoque en carbone, la D12 adopte un habitacle en tandem, dans lequel le passager prend place derrière le conducteur. Son groupe motopropulseur associe un V12 atmosphérique de 7,6 litres conçu spécifiquement à un moteur électrique auxiliaire.

La Delage D12 se fait attendre.
La Delage D12 se fait attendre. — © Delage Automobiles

Dans sa version GT, la supercar revendique 1 115 ch, dont 1 000 ch fournis par le V12 et 115 ch par la partie électrique. La version Club limite cette assistance à 20 ch afin de ramener le poids à sec autour de 1 300 kg. L’ensemble est complété par une boîte séquentielle à huit rapports et une suspension inspirée des monoplaces de F1 des années 1990.

Delage annonce un 0 à 100 km/h en 2,6 secondes et une vitesse maximale théorique supérieure à 360 km/h. Le tarif atteint deux millions d’euros hors taxes, tandis que la production doit se limiter à 30 exemplaires.

Présentée sous forme de concept à la fin de 2019, la D12 devait initialement être livrée à partir de 2021 ou 2022. Pourtant, la production en série et l’homologation routière internationale restent les principaux points de blocage. Entre les crash-tests, les normes de sécurité et les exigences relatives aux émissions, la recherche et le développement peuvent représenter plusieurs dizaines de millions d’euros, une somme difficile à amortir sur une série aussi réduite.

Delage doit aussi coordonner ses sous-traitants et mettre en place un service après-vente capable d’intervenir sur des marchés comme les États-Unis ou le Moyen-Orient. Le soutien d’Antoine Arnault améliore donc l’assise financière et l’image du projet, mais ne remplace pas les voitures de série immatriculées et effectivement livrées aux clients.

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A propos de l'auteur

Quentin, rédacteur essais chez Moteur Actu, est spécialiste de la culture automobile japonaise (JDM) : Toyota, Nissan, Honda, Mazda, Subaru, Mitsubishi et Lexus. Ses essais "à hauteur de conducteur" mêlent mesures objectives, retour d'expérience sur route et conseils d'achat directs, sans complaisance avec les constructeurs.

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