Stellantis n’a pas dit son dernier mot au diesel. Alors que le groupe affichait une trajectoire vers le 100% électrique, le diesel Stellantis s’invite à nouveau dans les plans européens, avec des variantes remises en avant sur plusieurs particulières et utilitaires à partir de la fin 2025. Un choix qui colle à une réalité simple : l’électrique progresse, mais pas au rythme espéré.
Un retour du diesel dès fin 2025 sur au moins sept véhicules
La réintroduction est annoncée sur au moins sept modèles en Europe. Stellantis vise large, des ludospaces aux compactes. Dans la liste citée, on retrouve notamment la Peugeot 308 et la DS No. 4. Sont aussi concernés l’Opel Astra, l’Opel Combo (utilitaire), le Peugeot Rifter (SUV 7 places) et le Citroën Berlingo (version passager).
Et ce n’est pas uniquement une opération ponctuelle. Certains diesels restent, eux, bien au chaud au catalogue. Stellantis doit ainsi continuer à produire des modèles diesel comme le DS7, ainsi que plusieurs Alfa Romeo : Tonale et Stelvio (SUV) et Giulia (berline). De quoi dessiner un élargissement ciblé de l’offre thermique, plutôt qu’un simple retour symbolique.
L’électrique en dessous des attentes et des règles assouplies
Pourquoi ce retour ? D’abord parce que l’adoption des véhicules électriques en Europe est jugée plus lente que prévu. Ensuite, le curseur réglementaire bouge : un assouplissement des exigences régionales d’émissions prolonge la viabilité commerciale des motorisations thermiques, diesel compris.
Rappel de la trajectoire affichée : Stellantis avait projeté que les véhicules 100% électriques représenteraient toutes ses ventes en Europe et la moitié de ses ventes aux États-Unis à l’horizon 2030. Sauf que la demande, en Europe comme aux États-Unis, n’a pas suivi.
Le contexte de marché, lui, reste limpide. En Europe de l’Ouest, la part du diesel est aujourd’hui estimée à 11%. Rien à voir avec les niveaux d’au moins 50% observés en 2015, avant le scandale des émissions “Dieselgate”. Beaucoup de constructeurs ont depuis réduit ou supprimé leurs offres diesel. Stellantis n’échappe pas à la tendance : il ne commercialise plus qu’une petite gamme, là où elle comptait des dizaines de versions cinq ans plus tôt.
Un levier produit face aux marges et à la concurrence chinoise
Derrière le diesel, il y a aussi une équation économique. Dans un secteur sous pression sur les marges, ces versions ouvrent une niche tarifaire face à des concurrents chinois très centrés sur l’électrique. Logique mise en avant : un diesel coûte moins cher à l’achat qu’une alternative 100% électrique.
Le groupe a déjà montré, sur d’autres marchés, qu’il savait remettre du thermique quand la demande l’impose. Stellantis a rétabli des offres à combustion interne, dont le Jeep Cherokee et le V8 “Hemi” aux États-Unis. Il a aussi lancé une Fiat 500 hybride essence aux côtés de la version électrique l’an dernier.
Dernier point, et pas le moindre : Stellantis a récemment annoncé 22,2 milliards d’euros de charges liées à la réduction de ses ambitions électriques. En Europe, ses ventes ont reculé de 3,9% en 2025, après une baisse de 7,3% en 2024.
Au final, le diesel Stellantis revient comme une décision pragmatique, pilotée par la demande, le cadre réglementaire et la bataille des prix. Sans renier l’électrification, mais en la recollant au tempo réel du marché.





