Toyota prépare une indemnisation partielle de ses fournisseurs après l’abandon du projet Lexus LF-ZC, un revers industriel lié à une technologie de production encore difficile à maîtriser.
Lexus LF-ZC : un projet électrique stoppé tardivement
Le développement de la berline électrique Lexus LF-ZC, conçue avec une silhouette de coupé, a été annulé après plus de deux ans de travaux. Les fournisseurs concernés ont été informés au plus tard le 27 mai, alors que le programme mobilisait déjà de nombreux ingénieurs et partenaires industriels.
Cette décision est largement associée à Kenta Kon, devenu président de Toyota en avril. Le constructeur prévoit désormais de compenser partiellement les pertes subies par ses partenaires, sans pour autant effacer tout l’impact financier de l’arrêt du projet.
Une source interne Toyota non nommée a estimé auprès de Nikkei Asia qu’un abandon à ce stade était « probablement une première dans l’histoire de Toyota ». Elle a ajouté que certains modèles de nouvelle génération plus anciens, comme la Prius hybride ou la Mirai à pile à combustible, avaient « souvent ignoré la rentabilité ».
Le giga casting au cœur du risque industriel
La LF-ZC devait intégrer de nouvelles technologies de batteries et surtout le giga casting, une méthode de production fondée sur la coulée d’aluminium en fusion dans un moule. L’objectif était de remplacer l’assemblage classique de plusieurs pièces en acier soudées entre elles par de grands éléments moulés.
Popularisée par Tesla, cette approche séduit l’industrie parce qu’elle peut simplifier la fabrication des véhicules futurs. Sa mise en production à grande échelle reste toutefois complexe, avec des taux de défauts élevés. C’est ce pari industriel qui expose aujourd’hui plusieurs fournisseurs Toyota.
Certaines entreprises avaient investi dans des lignes dédiées au giga casting ou transformé leurs installations existantes, en anticipant que cette technologie deviendrait un procédé central chez Toyota. Les pertes pourraient atteindre plusieurs milliards de yens par fournisseur, avec des manques à gagner pouvant aller jusqu’à 10 milliards de yens (61,54 millions de dollars) pour certaines sociétés.
Une facture lourde mais absorbable pour Toyota
Le montant total de l’indemnisation pourrait se chiffrer en dizaines de milliards de yens. À l’échelle de Toyota, l’effet sur les résultats devrait toutefois rester limité.
Le groupe vise un bénéfice net de 3 000 milliards de yens pour l’exercice clos en mars 2027, soit une baisse de 22 % par rapport à l’exercice précédent. L’abandon de la LF-ZC illustre malgré tout un durcissement des arbitrages autour de l’électrique, surtout lorsque les choix techniques imposent aux fournisseurs des investissements lourds avant même le lancement industriel.
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