En février 2026, le marché auto chinois a brutalement ralenti. Les ventes de véhicules produits en Chine, exportations comprises, ont reculé de plus de 15 % à 1,805 million d’unités, contre 2,130 millions un an plus tôt. Le contraste est saisissant : le marché intérieur s’est effondré de 33 % à 1,133 million, pendant que les exportations grimpaient de 52 % à 672 000 unités.
Le repli ne concerne pas seulement les immatriculations. La production a elle aussi cédé plus de 20 %, à 1,672 million de véhicules. Ce trou d’air tient à plusieurs facteurs déjà visibles depuis des mois : une croissance économique moins dynamique, la fin de certaines aides et exonérations fiscales pour les véhicules à énergies nouvelles, et un calendrier défavorable avec moins de jours ouvrés en raison du Nouvel An lunaire tombé en février cette année.
Un marché intérieur sous pression
C’est surtout à domicile que le marché auto chinois marque le pas. Sur les deux premiers mois de 2026, les ventes totales ont reculé de presque 9 % à 4,152 millions d’unités. Les voitures particulières légères ont perdu près de 11 %, à 3,524 millions, tandis que les véhicules utilitaires ont progressé de presque 4 %, à 627 000 unités.
Le décrochage vient d’abord du marché domestique. Entre janvier et février, les ventes en Chine ont chuté de 23 % à 2,8 millions d’unités. Dans le même temps, les exportations ont encore bondi de plus de 48 % à 1,352 million. Même lecture du côté des modèles électrifiés : les ventes de NEV, essentiellement des électriques à batterie et des hybrides rechargeables, ont baissé de presque 7 % à 1,710 million d’unités. Sur ce total, le marché intérieur a plongé de presque 28 % à 1,126 million, alors que les expéditions à l’étranger ont plus que doublé à 584 000 unités.
Cette faiblesse s’inscrit dans un contexte plus large. Au quatrième trimestre 2025, l’économie chinoise n’a progressé que de 4,5 % sur un an, contre 4,8 % au trimestre précédent. Sur l’ensemble de 2025, le PIB a augmenté de 5 %, soutenu par l’industrie et les exportations, mais la consommation reste molle et l’investissement faible. Pékin a aussi durci le cadre concurrentiel pour mettre fin à la guerre des prix entre constructeurs, avec une règle simple : ne plus vendre sous le coût de production. Pour préserver l’accessibilité, marques et distributeurs proposent désormais des financements automobiles sur des durées pouvant aller jusqu’à huit ans.
SAIC repasse devant, BYD souffre en Chine
Dans ce paysage contrasté, SAIC Motor a repris la première place parmi les constructeurs chinois. Le groupe a écoulé 596 878 véhicules dans le monde sur les deux premiers mois de 2026, soit presque 7 % de plus qu’un an plus tôt. Une progression surtout portée par l’international, avec des ventes hors de Chine en hausse de 49 % à 203 553 unités. Les ventes de NEV du groupe ont aussi gagné plus de 6 %, à 156 716 unités.
Chez Geely Auto, les ventes mondiales ont progressé de 1 % à 476 327 unités, hors filiales et coentreprises clés comme Volvo, Polestar et Proton. Le groupe a pu compter sur une hausse de 10 % de ses ventes de NEV à 241 740 unités, mais aussi sur une envolée de 128 % de ses exportations à 121 385 unités.
Le cas BYD illustre mieux que tout le retournement du marché intérieur. Ses ventes mondiales ont chuté de 35 % à 400 241 unités depuis le début de l’année. En Chine, elles ont plongé de 58 % à 199 159 unités, alors que les exportations ont progressé de plus de 50 % à 201 082 unités. Ses ventes de voitures électriques à batterie ont reculé de 35 % à 162 788 unités, celles d’hybrides rechargeables de 29 % à 230 512 unités.
D’autres groupes montrent la même dépendance croissante à l’export. Chery Automobile a légèrement progressé à 361 034 véhicules, malgré un plongeon de près de 40 % sur son marché domestique. Ses exportations ont bondi de 45 % à 244 534 unités. Great Wall Motor a fait encore mieux à l’international, avec des ventes hors de Chine en hausse de 40 % à 82 953 unités, pour un total en progression de presque 26 % à 162 906 véhicules.
Une croissance 2026 qui s’annonce limitée
La tendance reste limpide : la Chine continue d’exporter massivement, mais son marché intérieur paraît plus saturé et les acheteurs restent prudents. Pour 2026, les prévisions tablent seulement sur une légère hausse des ventes de véhicules légers à 27,2 millions d’unités, après 26,9 millions en 2025. Un repli de 3 % à 26,5 millions est ensuite attendu en 2027.
Le signal envoyé par février est clair. L’industrie chinoise conserve une vraie force de frappe, mais elle dépend de plus en plus de l’étranger pour compenser l’essoufflement de son propre marché.
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