Pour Stellantis, le futur Opel SUV électrique pourrait vite dépasser le cadre d’un simple nouveau modèle. Le groupe négocie activement avec Leapmotor autour d’un SUV Opel à batteries reposant sur une technologie chinoise, avec une production envisagée à Saragosse, en Espagne. En toile de fond, trois priorités très concrètes : aller plus vite, dépenser moins et consolider la position du constructeur sur un marché européen sous pression.
Un projet Opel développé avec la technologie Leapmotor
Le montage envisagé est déjà bien dessiné. Leapmotor fournirait plusieurs briques essentielles, notamment les systèmes électriques et électroniques, pendant qu’Opel se chargerait du design extérieur. Le futur modèle reposerait sur la plateforme du Leapmotor B10, un SUV compact dont la production doit déjà démarrer à Saragosse plus tard en 2026.
En interne, le dossier porte le nom O3U. Les échanges ont démarré à la fin de 2025 et pourraient déboucher dès avril 2026. Si le projet est validé, la production de cet Opel SUV électrique pourrait commencer en 2028, avec un objectif d’environ 50 000 unités par an.
Cette coopération ne sort pas de nulle part. Stellantis détient environ 20 % de Leapmotor depuis 2023, et les deux groupes ont mis sur pied Leapmotor International pour piloter la production et les ventes hors de Chine. D’autres programmes communs restent aussi sur la table, y compris pour de plus petites voitures du segment A.
Stellantis cherche du temps, des coûts et des volumes
Le timing n’a rien d’anodin pour Stellantis. Le groupe revoit sa stratégie d’électrification après une dépréciation de 25 milliards de dollars, soit environ 23 milliards d’euros. Dans ce contexte, réduire le temps de développement d’un modèle et remplir davantage les usines européennes est devenu un impératif industriel.
Le site de Saragosse concentre une bonne partie de cette logique. Une production locale permettrait de mieux utiliser l’usine espagnole, tout en donnant à Stellantis davantage de répondant face à la montée en puissance de constructeurs chinois comme BYD en Europe. Une part importante du développement devrait toutefois rester réalisée en Chine.
Dans l’équation, Opel compte beaucoup. La marque a représenté environ 21 % des ventes européennes de Stellantis en 2025, avec l’Allemagne comme premier marché. Et même si le groupe a revu à la baisse certains pans de sa feuille de route électrique, la voiture à batteries reste au cœur de sa stratégie européenne.
D’autres modèles sont déjà dans le viseur
Le SUV Opel n’est pas le seul sujet de discussion entre Stellantis et Leapmotor. Le groupe étudie aussi l’intégration de la technologie Leapmotor dans une nouvelle génération de l’Opel Mokka B SUV, avec là encore l’hypothèse d’un transfert de production vers l’Espagne. Plus en amont, un modèle Alfa Romeo reposant sur la même architecture a également été envisagé pour Saragosse.
Stellantis explique maintenir des échanges réguliers avec Leapmotor pour étendre leur coopération, sans en dire davantage. De son côté, le constructeur chinois confirme des discussions avec plusieurs partenaires, dont Stellantis, autour de la fourniture de composants maison, tout en précisant ne pas prévoir de collaboration au niveau d’une plateforme.
Le signal est clair : chez Stellantis, l’Opel SUV électrique n’est pas encore acté, mais il pourrait incarner la nouvelle méthode du groupe en Europe. Des délais raccourcis, davantage de synergies et une production espagnole appelée à prendre du poids.
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