La mise en conformité des passages piétons à Paris nécessiterait encore de supprimer environ 3 000 places automobiles, selon le collectif Paris Piétons, à deux mois de l’échéance légale.

Le stationnement en surface pourrait encore reculer dans la capitale pour dégager la visibilité des piétons. Dans son enquête publiée le 27 octobre, Paris Piétons estime que près de 20 % des passages ne respecteraient pas les règles imposées par la loi. Plus de 4 000 traversées resteraient à sécuriser, ce qui nécessiterait de supprimer environ 3 000 places automobiles et 1 700 emplacements pour deux-roues motorisés.
D’un arrondissement à l’autre, les écarts sont marqués. Le collectif évalue la conformité à seulement 69 % dans le 15e, contre 93 % dans les 6e et 10e. Avec 618 cas recensés, le 16e compterait le plus grand nombre de passages non conformes. Pour établir ces constats, l’observatoire du collectif s’appuie notamment sur les données de stationnement de la Ville et sur OpenStreetMap.
Une bande de cinq mètres pour mieux voir les piétons

Adoptée en décembre 2019, la loi d’orientation des mobilités impose de supprimer le stationnement motorisé dans les 5 mètres précédant un passage piéton, dans le sens de circulation. Les collectivités ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour adapter leurs aménagements.
Une voiture ou un utilitaire garé juste avant une traversée peut masquer un piéton, notamment un enfant. Le conducteur le découvre alors plus tard et dispose de moins de temps pour réagir. Selon Paris Piétons, deux tiers des accidents impliquant des piétons surviennent sur des passages protégés.
Ces espaces peuvent accueillir des arceaux pour vélos, à condition de préserver la visibilité. Déjà utilisée dans plusieurs rues parisiennes, cette réaffectation ne permet toutefois pas de maintenir les places automobiles sur place.
Des milliers d’aménagements encore attendus avant fin 2026

La Ville de Paris affirme avoir sécurisé près de quatre passages sur cinq et reconnaît qu’environ 3 600 aménagements restent à réaliser. Au rythme actuel, le collectif estime toutefois que certains secteurs pourraient attendre janvier 2030 pour être entièrement conformes.
Le financement pèse sur ce calendrier. Selon Le Parisien, la mairie centrale fixe le budget, puis les mairies d’arrondissement déterminent leurs priorités de travaux. Pour aménager un emplacement avec quatre ou cinq arceaux vélos, Paris Piétons évalue le coût entre 2 000 et 3 000 €.
Aucune sanction financière spécifique n’est prévue en cas de dépassement de l’échéance. Le collectif souligne néanmoins qu’un accident grave sur un passage non conforme pourrait engager la responsabilité de la collectivité devant un tribunal.





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