L’Alpine A390 démarre loin des ambitions commerciales de Renault, mais François Provost défend une stratégie sur vingt ans plutôt qu’une course aux volumes.

Commercialisé depuis début 2026, le premier SUV électrique d’Alpine devait élargir sa clientèle au-delà des amateurs de sportives. Selon Dataforce, seuls 1 783 exemplaires ont été vendus en Europe sur les neuf premiers mois de l’année, contre 8 336 pour l’A290.
À Dieppe, la cadence a été divisée par deux fin septembre, passant de 30 à 15 A390 par jour. Alpine avait présenté cette décision comme un ajustement après la constitution des stocks en concession. François Provost évoque désormais une production d’environ 250 exemplaires par mois.
Interrogé par Automotive News au Mondial de Paris, le directeur général de Renault a reconnu des ventes inférieures aux attentes : « Ça ne m’inquiète pas, car c’est une aventure qui se joue sur vingt ans. » Il affirme avoir averti Philippe Krief, patron d’Alpine, que les prévisions initiales étaient trop optimistes. La direction refuse donc de pousser artificiellement les volumes à court terme.

L’Alpine A390 pénalisée par ses mensualités
Pour François Provost, le SUV possède les performances nécessaires pour rivaliser avec les modèles allemands. Mais un autre frein se situerait en amont de l’arrivée en concession : ses offres de financement sont moins compétitives.
Selon UBS, environ 70 % du marché européen des voitures premium repose sur les locations destinées aux entreprises. Pour réduire les loyers, les marques allemandes peuvent s’appuyer sur leur implantation dans les flottes, leurs remises et les valeurs résiduelles. À prix catalogue proche, l’écart de mensualité peut donc peser sur le choix du client.

Affichée à partir de 67 500 €, l’A390 doit aussi défendre son positionnement technique. Son architecture électrique 400 V permet une recharge rapide jusqu’à 150 kW sur la GT et 190 kW sur la GTS. Son autonomie maximale atteint 555 km WLTP, alors que plusieurs rivaux plus récents adoptent une architecture 800 V. Ces caractéristiques compliquent sa tâche, sans expliquer à elles seules ses faibles ventes.
Des ambitions réduites autour d’une gamme européenne
Cette patience tranche avec le cap fixé en 2023 par Luca de Meo : atteindre 150 000 ventes annuelles en 2030. L’expansion devait passer par les États-Unis et deux SUV plus imposants que l’A390. Ces projets ont depuis été abandonnés.

Alpine avance désormais avec une gamme plus resserrée et un marché essentiellement européen. Selon Dataforce, ses ventes ont progressé de 65 % sur les neuf premiers mois de 2026, à 11 745 unités, principalement grâce à l’A290. L’A390 n’a pas encore trouvé le même élan. Attendue en 2027, la future A110 électrique complétera l’offre, mais visera un public différent.





Commentaires 0
Modérés avant publication