Diogo Moreira rejoindra l’équipe officielle Honda en 2027 avec une ambition nourrie par les essais en Autriche : pouvoir se battre pour le titre dès sa deuxième saison en MotoGP.
Le Brésilien ne veut pourtant pas confondre espoir et certitude. Dans un entretien accordé à Motorsport.com à Phillip Island, il explique pourquoi le nouveau projet du constructeur lui inspire confiance, tout en faisant des essais de Malaisie le premier rendez-vous pour juger les forces en présence. Entre sa promotion, l’arrivée de Fabio Quartararo à ses côtés et le changement de règlement, sa prochaine saison s’annonce bien différente de ses débuts chez LCR.
Diogo Moreira passe du statut de rookie au défi d’usine
Déjà assuré de terminer meilleur rookie de l’année, Moreira a attendu le GP du Japon pour recevoir la confirmation de son passage dans l’équipe officielle. Cette attente ne l’a pas particulièrement inquiété : avec encore deux années de contrat, il estimait pouvoir poursuivre son travail sereinement, quelle que soit l’équipe retenue par Honda.
Son podium lors du sprint au Japon n’était donc pas une démonstration destinée à précipiter une annonce. Il l’attribue à des circonstances favorables et à un week-end qui se déroulait bien. La course du dimanche était elle aussi bien engagée, avant sa chute.
C’est désormais l’excitation qui domine. « J’ai vraiment hâte de découvrir ce que signifie être un pilote d’usine », confie-t-il à Motorsport.com. Cette promotion va au-delà d’un changement de structure : le Brésilien sait qu’il devra revoir sa manière de préparer les courses et de travailler pendant les essais.
Ses objectifs monteront aussi d’un cran. Il veut « se battre pour davantage », mais refuse encore de fixer un résultat précis avant de connaître le niveau de la nouvelle moto.
Les chronos autrichiens alimentent l’espoir du titre
Son optimisme repose notamment sur les essais disputés en Autriche. « Au vu des chronos des essais en Autriche, je dirais que Honda peut se battre pour le titre mondial l’an prochain », avance Moreira. Il assortit toutefois cette ambition d’une réserve : personne ne sait encore ce que les autres constructeurs ont gardé en réserve, ni même ce que Honda n’a pas montré.
Il faudra donc attendre les essais de Malaisie en 2027 pour un premier verdict. D’ici là, le pilote retient surtout la qualité de la base de travail et les moyens supplémentaires consacrés au projet par Honda.
Le changement de règlement pourrait également donner un poids particulier aux premiers GP. Avec de nouvelles motos et de nouveaux pneus, trouver rapidement le bon équilibre entre les deux constituera, à ses yeux, un avantage déterminant. La préparation hivernale ne servira donc pas seulement à découvrir la machine.

Pour expliquer ce raisonnement, Moreira se tourne vers le Moto2 et l’introduction des pneus Pirelli. Il se souvient de la vitesse d’Ai Ogura et de Sergio García lors des premières courses, avant qu’Ogura ne remporte le championnat.
Cette comparaison n’a rien d’une garantie pour Honda. Elle illustre plutôt le risque de perdre du terrain dès le début d’une transition technique. Disposer rapidement d’un ensemble moto-pneus performant pourrait ainsi peser lourd sur la saison.
Quartararo comme référence, LCR comme tremplin
Au sein de l’équipe officielle, Moreira partagera le garage avec Fabio Quartararo. Il voit dans cette association un moyen de progresser, plutôt qu’une menace pour sa place. Le talent du Français, son investissement dans le travail et son expérience de champion du monde sont autant de qualités dont il souhaite tirer profit.
« Nous pouvons tous les deux réaliser une bonne saison et aider Honda à continuer de progresser », estime-t-il. Il s’agira donc à la fois d’élever son propre niveau et de contribuer au développement de la moto.
Le Brésilien ne minimise pas la pression supplémentaire. Les dernières courses de sa saison de rookie constituent déjà, pour lui, une préparation à 2027. Il veut arriver prêt physiquement et mentalement, avec une approche adaptée à ses nouvelles responsabilités. Son repère reste néanmoins simple : « Si je prends du plaisir sur la moto, je vais vite. »
Son départ laissera aussi place à David Alonso chez LCR. Moreira juge le moment favorable pour débuter, entre les progrès de Honda, l’arrivée des pneus Pirelli et une future moto qu’il imagine plus facile à piloter que les actuelles machines de 1 000 cm³.
Il insiste surtout sur l’expérience de LCR avec les débutants. Son propre passage dans l’équipe lui a permis de découvrir le MotoGP avant d’intégrer la structure officielle. À ses yeux, cette étape reste la plus adaptée pour un rookie, plutôt qu’un accès immédiat à une équipe d’usine. Il se dit convaincu qu’Alonso pourra réussir en suivant ce parcours.

Une nouvelle moto pour redonner du poids au pilote
Au terme de sa première saison, Moreira retient une différence majeure avec le Moto2 : l’influence de la machine sur les performances. Il a découvert qu’en MotoGP, le talent ne permet pas toujours de dépasser les limites imposées par la moto.
« On atteint un point au-delà duquel on ne peut plus rien faire », explique-t-il. En Moto2, il estime que le pilote dispose de davantage de latitude pour faire la différence et jouer avec sa machine. Dans la catégorie reine, cette marge lui paraît aujourd’hui beaucoup plus étroite.
Le nouveau moteur et la nouvelle aérodynamique lui donnent toutefois l’espoir d’un changement. Selon lui, les pilotes pourront davantage utiliser leur corps et peser plus directement sur la performance globale.
C’est aussi sous cet angle qu’il aborde 2027 : découvrir une moto différente, apprendre à travailler en pilote d’usine et profiter d’une éventuelle redistribution des cartes. Son ambition mondiale dépendra d’abord des progrès de Honda et de sa propre capacité à franchir un cap.





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