Un gel des salaires chez Volkswagen jusqu’en 2030 est envisagé dans des documents internes, selon la Süddeutsche Zeitung, alors que le groupe prépare de nouvelles économies à l’échelle mondiale.
Le projet pourrait concerner une part importante des quelque 600 000 salariés du constructeur dans le monde. Rien n’est toutefois arrêté : Volkswagen refuse de commenter ce qu’il qualifie de « telles spéculations » et renvoie les discussions aux prochaines négociations.
Au-delà du salaire fixe, les pistes décrites dans ces documents touchent aussi les rémunérations variables, les avantages et l’organisation du travail. Elles marqueraient une nouvelle étape dans la réduction des coûts, après les concessions déjà consenties en Allemagne en 2024.
Les salaires chez Volkswagen au cœur du plan d’économies
Selon la Süddeutsche Zeitung, qui cite des documents internes, la mention « Gel des salaires jusqu’en 2030 » figure dans le programme de restructuration baptisé « Group Target Picture ». Ces documents invoquent la « situation critique du groupe VW » pour prévoir de nouvelles orientations mondiales en matière de négociation collective dès le quatrième trimestre 2026.
Le périmètre potentiel est large, sans pour autant englober automatiquement tous les effectifs. Les quelque 600 000 personnes employées par Volkswagen ne seraient pas nécessairement soumises au même dispositif.
Les documents prévoient en effet d’évaluer les conditions régionales. Le gel pourrait ainsi varier selon les marques, les entités et les marchés, plutôt que de prendre la forme d’une règle uniforme jusqu’en 2030.
Des économies qui dépasseraient le salaire fixe
Les mesures envisagées comprennent également une réduction de la rémunération variable, des avantages et des versements exceptionnels. À cela s’ajoutent des objectifs de productivité accrue, une plus grande flexibilité du temps de travail et une diminution des heures supplémentaires.
Des réductions d’effectifs dans les activités hors production figurent aussi parmi les pistes. Le projet ne se limite donc pas à freiner la progression de la masse salariale : il touche aussi bien les composantes de la rémunération que les moyens consacrés aux fonctions non productives.
Pour les salariés, ces effets pourraient se cumuler. Un salaire fixe inchangé perd déjà du pouvoir d’achat lorsque les prix augmentent; une baisse des éléments variables ou des avantages viendrait s’y ajouter. Des chercheurs en économie anticipent une inflation d’environ 3 % en 2026 comme en 2027, ce qui rend la durée du gel particulièrement sensible.
En Allemagne, une hausse de 5,5 % déjà reportée
Ce projet intervient après un premier effort demandé aux équipes allemandes. Dans le cadre du programme d’austérité de 2024, 130 000 salariés couverts par l’accord collectif d’entreprise avaient déjà accepté le report d’une augmentation de salaire de 5,5 %.
La perspective d’un gel pluriannuel se heurte désormais aux revendications syndicales. Pour les prochaines négociations, IG Metall réclame une hausse de 5 %, à l’opposé de l’orientation envisagée dans les documents internes.
Un porte-parole du comité d’entreprise mondial de Volkswagen a rejeté cette perspective : « Cela devrait être clair pour tous ceux qui se situent au niveau de rémunération du directoire du groupe : de tels souhaits de la partie patronale de Wolfsburg ne peuvent pas devenir réalité. »
Volkswagen, de son côté, maintient que le prochain cycle de négociations constitue « le lieu où discuter en premier de tous les accords internes à l’entreprise ». Le constructeur ne valide donc pas publiquement le scénario de gel.
Un calendrier social sous tension
Des mouvements sociaux dans la métallurgie pourraient commencer dès novembre 2026. Chez Volkswagen, des grèves seraient possibles à partir de janvier 2027. Les prochaines discussions salariales s’annoncent donc au centre du rapport de force.
Elles interviennent après l’approbation, en septembre 2026, du « Future Plan 2030 » par le conseil de surveillance. Ce plan comprend environ 50 000 suppressions de postes à l’échelle du groupe, y compris dans l’encadrement.
Le projet salarial viendrait ainsi s’ajouter aux réductions d’effectifs prévues. Son application, son périmètre et les adaptations régionales seront des enjeux majeurs des négociations annoncées.





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