La restructuration de Volkswagen se heurte à la résistance des syndicats, alors qu’Oliver Blume alerte sur la pression croissante des constructeurs chinois en Europe.
Le groupe mène la réorganisation la plus importante de son histoire. Des fermetures d’usines et la suppression de dizaines de milliers de postes figurent parmi les issues possibles. Pour son directeur général, les profits générés hors d’Europe ne suffisent plus à soutenir les activités européennes.
La restructuration de Volkswagen dépasse le seul groupe
« Nous ne pouvons pas bâtir notre avenir sur les seuls profits tirés des exportations », affirme Oliver Blume lors d’un événement organisé en marge du Mondial de l’Auto de Paris. Le dirigeant réclame des activités européennes capables de dégager leurs propres bénéfices et de résister à la concurrence.
Cet avertissement s’adresse aussi à Stellantis et Renault. À eux trois, ces constructeurs représentent plus de 60 % de la production automobile européenne. Leur modèle économique repose sur des volumes élevés et des véhicules relativement abordables, avec des marges étroites.
L’électrification complique cette équation. Portée par la hausse des prix des carburants et une offre plus large de modèles moins chers, la demande européenne de voitures électriques progresse. Mais les constructeurs doivent à la fois financer les nouvelles technologies, respecter les règles d’émissions et maintenir des prix accessibles. Ces investissements pèsent sur une rentabilité déjà fragile.
Des livraisons en baisse et des demandes de soutien
Les derniers résultats commerciaux illustrent ces difficultés. Au troisième trimestre, les livraisons du groupe Volkswagen ont reculé de 14,3 %. Celles de Mercedes-Benz Cars ont baissé de 8 %, à 407 200 véhicules. Les deux groupes subissent l’affaiblissement de la demande chinoise. Volkswagen rencontre également des difficultés réglementaires en Amérique du Nord.
Dans le même temps, la présence des constructeurs chinois au salon parisien atteint un niveau record. Alors que leur marché intérieur ralentit, ces marques cherchent des relais de croissance en Europe.
Face à cette concurrence, Blume renouvelle sa demande de règles plus souples et d’incitations favorisant la production en Europe, plutôt qu’un approvisionnement reposant uniquement sur les importations.
L’accord annoncé par l’Union européenne le 9 octobre 2026 pourrait réduire de plus de moitié les exportations de véhicules hybrides chinois vers le marché européen. Les constructeurs européens l’ont globalement accueilli favorablement, mais demandent aussi un soutien à la transition électrique et des mesures pour alléger les coûts élevés de l’énergie. Pour Volkswagen, la réponse à la concurrence chinoise passe donc autant par sa réorganisation interne que par les conditions de production en Europe.







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