Les pneus du GP du Japon ont provoqué un bras de fer sur la sécurité, Massimo Rivola affirmant qu’Aprilia a dû insister pour obtenir les mesures adoptées à Motegi.
Les pneus du GP du Japon sous surveillance
Après le Sprint, Aprilia aurait été la seule équipe à demander une inspection des pneumatiques. Massimo Rivola, le patron du constructeur de Noale, assure que certains acteurs s’opposaient aux mesures envisagées : « Nous seuls. Je le dis parce que je peux parler en mon nom et je sais que d’autres étaient contre. »
Plusieurs pilotes avaient des pneus endommagés. Le tendre arrière de Francesco Bagnaia était profondément détérioré, tout comme celui de Jorge Martin. Jack Miller et Marco Bezzecchi, équipés du médium, n’avaient pas non plus échappé au phénomène.
Michelin a ensuite ouvert et examiné les pneus concernés. « Ils présentaient tous des bulles. Certains avaient déjà éclaté, enlevant du caoutchouc de manière dangereuse », explique Rivola. Sur la moto de Martin, des morceaux de gomme détachés avaient même détruit l’aileron arrière, affirme-t-il.
Pour Aprilia, il ne s’agissait donc pas seulement de performance. Le médium utilisait la même construction que le tendre et n’offrait pas une garantie suffisante aux yeux de Rivola. Des cloques étaient présentes sur celui de Bezzecchi, tandis que des morceaux manquaient sur celui de Miller. La perspective des 24 tours du Grand Prix renforçait ces inquiétudes.
« Nous avons dû les forcer à prendre cette décision, car certaines décisions exigent l’unanimité, sauf en cas de problème de sécurité. Et il y avait clairement un problème de sécurité », insiste le dirigeant.
Le tendre a finalement été écarté au profit du dur, doté d’une construction renforcée. Personne n’avait toutefois roulé avec ce pneu pendant le week-end. Le warm-up a donc été porté de dix à vingt minutes pour permettre aux pilotes de le découvrir et aux ingénieurs d’adapter les motos.

Le dur renforcé a tenu la distance
Rivola juge ce temps de roulage supplémentaire essentiel. Avec seulement dix minutes, certains auraient, selon lui, pu préférer le médium sans savoir comment celui-ci se comporterait au vingtième tour.
Tous les pilotes ont finalement choisi le dur pour le Grand Prix après l’avoir testé au warm-up. Le pneumatique a tenu jusqu’à l’arrivée.
Le patron d’Aprilia ne met pas pour autant Michelin en accusation. Il souligne que le nouvel asphalte de Motegi avait créé des conditions difficiles à anticiper : « Personne n’est à blâmer. » Il salue aussi la précaution du manufacturier : « Bravo à Michelin pour avoir pris la précaution d’apporter un pneu plus sûr. »
Sa critique vise plutôt le processus de décision : Rivola souhaite qu’une mesure de sécurité puisse être appliquée sans qu’une équipe ait à insister pour l’obtenir.








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