L’avenir de Verstappen continue d’agiter le paddock. En cause, ses propos d’après-course, où le Néerlandais a reconnu réfléchir à son futur en rappelant qu’il existe une vie en dehors de la F1. Chez Red Bull, Laurent Mekies refuse pourtant d’alimenter le sujet. Pour le dirigeant français, la priorité est ailleurs : rendre la voiture plus rapide.
Red Bull ramène le dossier à la performance
« Nous n’avons aucune discussion sur ces sujets », tranche Mekies. Le patron de Red Bull ne nie pas l’ampleur de la tâche : l’équipe a « beaucoup de travail ». Mais, à ses yeux, la situation de Max Verstappen dépend avant tout de la compétitivité de la monoplace.
« Je suis sûr qu’au moment où nous lui donnerons une voiture rapide, il sera un Max bien plus heureux », explique-t-il. Avec une voiture qu’il pourra attaquer et avec laquelle il pourra faire la différence, le quadruple champion du monde sera aussi plus satisfait. Mekies martèle l’idée : 100 % des discussions portent aujourd’hui sur cet objectif.
Le Français élargit ensuite le débat aux règlements à venir. Il y voit « de bons aspects », mais aussi des points plus délicats. Pendant la pause, les équipes doivent se retrouver pour voir comment ajuster ces règles afin d’améliorer la situation.
Des règles qui inquiètent les pilotes
Le sujet dépasse toutefois le seul cadre de la voiture. Depuis plus d’un an, Verstappen fait part de ses réserves sur les futurs règlements, notamment autour de la gestion de l’énergie, de l’allure des courses et des vitesses de rapprochement. Ce dernier point a pris une autre dimension dans le paddock après le violent accident d’Oliver Bearman.
Les critiques sur les nouvelles règles étaient déjà de plus en plus nombreuses, alors que le duo Mercedes figurait parmi les principaux soutiens de cette refonte. Après le crash de Bearman, certains pilotes ne pointent plus seulement l’artificialité du spectacle. Ils s’interrogent aussi sur les conséquences possibles en matière de sécurité.
Mekies estime que c’est un sujet sur lequel tout le monde se retrouve, entre les équipes, la FIA, la F1 et les pilotes : les qualifications devraient se disputer à fond, ou aussi proches que possible du flat-out. À ses yeux, c’est la première priorité du sport. Il ajoute qu’en avançant sur ce terrain, la course pourrait automatiquement comporter un peu moins de gestion artificielle, même s’il reconnaît que les avis restent très partagés dans la voie des stands.
Son idée est claire : le vrai chantier doit être réglé pour 2027, puisqu’il reste encore du temps pour corriger suffisamment les choses d’ici là. Pour 2026, il entrevoit surtout quelques retouches plus limitées.
Un malaise plus large que le seul cas Verstappen
Dans le paddock, Carlos Sainz avertit que les décideurs placent le spectacle avant la sécurité. Dans ce contexte, un départ de Verstappen renverrait une image très négative pour la F1. Et si un pilote venait à être blessé, le malaise dépasserait largement le seul cas du Néerlandais.
Le précédent de Kyalami 1982 rappelle jusqu’où la tension peut monter. À l’époque, la grève des pilotes menée par Niki Lauda avait pour coeur du conflit les nouvelles superlicences, qui liaient les pilotes à leurs équipes pendant trois saisons. L’affaire avait été réglée et la course disputée, avant que Jean-Marie Balestre, alors président de la FISA, n’inflige des amendes ensuite réduites.
Aujourd’hui, les pilotes conservent un poids particulier aux yeux du public. C’est aussi ce qui rend leurs avertissements difficiles à balayer. Pour Red Bull, l’urgence reste sportive. Pour la F1, elle touche aussi à la crédibilité de ses règles futures.
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