Au GP de Singapour, Martin Brundle salue la maîtrise de Max Verstappen mais critique l’attaque de Lando Norris sur Oscar Piastri et le pari stratégique de Lewis Hamilton.

Verstappen garde la course sous contrôle
Le contraste est net. Mclaren perd des points dans un accrochage entre équipiers, alors que Ferrari laisse échapper un double podium. Max Verstappen, lui, remporte le sprint, décroche la pole position puis gagne le Grand Prix. Pour Martin Brundle, Red Bull avait « toutes les bases couvertes ».
La réussite du Néerlandais ne tient pas seulement à sa vitesse. Même lorsque les Ferrari ont pu le menacer, il a contrôlé le rythme et gardé assez de marge pour répondre aux stratégies adverses. Il n’a eu besoin ni de forcer un duel ni de prolonger un pari sur ses pneus.
On comprend mieux les critiques de Brundle à la lumière de cette maîtrise. Chez Norris comme chez Hamilton, le problème n’est pas l’ambition, mais le coût du risque pour leur écurie.
Norris attaque, McLaren perd des points
Le sprint a concentré les difficultés de McLaren. Dans le dernier tour, Lando Norris et Oscar Piastri se disputaient la quatrième place. Le Britannique a alors attaqué à l’intérieur du virage 5. Le contact a envoyé Piastri contre le mur et provoqué son abandon. Norris a pu repartir et terminer à la huitième place. Il n’a marqué qu’un point.
McLaren pouvait ramener ses deux monoplaces aux quatrième et cinquième places. L’équipe a finalement laissé échapper huit points potentiels. Norris cherchait à gagner une position sur son équipier, mais la perte a été bien plus lourde pour McLaren.
Les commissaires ont estimé que les deux pilotes avaient contribué à l’incident. Aucune sanction n’a été infligée. Brundle juge pourtant plus sévèrement l’initiative de Norris, qualifiée de « pas très malin ». Le pilote pensait être suffisamment à hauteur, mais cela ne règle pas la question du risque pris à cet instant.
Pour Brundle, McLaren avait davantage besoin de ramener ses deux voitures que de voir Norris gagner ce duel interne. Andrea Stella a lui aussi jugé le contact « pas acceptable », en plaçant l’intérêt collectif avant les ambitions individuelles.
On ne peut pas séparer cette attaque de l’enjeu au championnat. McLaren lutte avec Red Bull pour la troisième place des constructeurs. Norris a présenté ses excuses et reconnu avoir laissé tomber l’équipe. L’absence de pénalité ne change donc rien aux points perdus dans sa manœuvre.
Hamilton paie son relais de 44 tours
Chez Ferrari, la décision contestée n’a pas provoqué d’accrochage, mais elle a progressivement fait reculer Hamilton au classement. Le Britannique était parti en pneus médiums. Il s’est arrêté au 18e tour pour monter des tendres, dans une stratégie qui semblait appeler un second passage aux stands.
La voiture de sécurité virtuelle a ensuite ouvert une fenêtre pour s’arrêter à moindre coût. Ferrari a rappelé Hamilton aux stands, comme Leclerc. Le septuple champion a toutefois manqué l’entrée et décidé de rester en piste. Fred Vasseur a confirmé que l’appel avait bien été donné.
Ce choix a imposé à Hamilton un relais de 44 tours sur le même train de pneus. À mesure que les tendres perdaient leur avantage, sa position devenait plus difficile à défendre. Leclerc, Antonelli, Norris et Piastri l’ont dépassé. Hamilton a finalement terminé sixième, loin du podium qu’il pouvait encore viser.
On mesure ici le poids d’une décision prise depuis le cockpit. Brundle insiste sur la difficulté de piloter tout en dirigeant sa propre stratégie. Rester en piste ne consistait pas seulement à éviter un arrêt : Hamilton devait tenir jusqu’à l’arrivée avec des pneus dont l’efficacité diminuait.
Hamilton a assumé sa décision, présenté ses excuses et parlé d’une « leçon douloureuse ». Ferrari n’a pas perdu la victoire sur cet épisode, car Verstappen gardait la maîtrise de la course. Elle a en revanche laissé filer le double podium qu’elle occupait encore au moment de la voiture de sécurité virtuelle.
Antonelli saisit les occasions sans se précipiter
Le week-end a aussi récompensé Kimi Antonelli. Il a dépassé Norris et Hamilton après leurs sorties larges. Il a ensuite terminé troisième, devant ses deux principaux rivaux au championnat. Brundle salue sa patience : Antonelli a saisi les occasions sans subir les mêmes conséquences que les pilotes critiqués.
Le contraste existe aussi chez Mercedes. George Russell était déjà pénalisé pour le Grand Prix. Au sprint, il avait compromis ses chances en partant en tête-à-queue après avoir pris la tête. Une position favorable ne suffisait donc pas à garantir le résultat.
On retrouve le même enjeu dans les deux critiques de Brundle : le bénéfice espéré justifiait-il le risque ? Pour lui, ni le gain d’une place par Norris ni l’arrêt évité par Hamilton ne justifiaient ce risque. Brundle ne demande ni à Norris de renoncer aux attaques ni à Hamilton d’obéir sans réfléchir. McLaren avait deux voitures à ramener, alors que Hamilton devait préserver ses pneus jusqu’à l’arrivée. Verstappen, lui, a gardé la marge nécessaire pour contrôler son week-end.








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