Le moteur Audi F1 concentre déjà toutes les attentions, et chez Audi, le constat est assumé. Mattia Binotto ne cherche ni excuse ni faux suspense : le gros du retard vient bien du groupe propulseur, identifié dès l’origine comme le chantier le plus sensible. Dans une F1 secouée par la nouvelle réglementation moteur, le constructeur allemand mesure maintenant l’ampleur de la tâche.
Audi ne s’était pas fixé pour objectif de rivaliser d’entrée avec Mercedes, qui semble aujourd’hui être la référence du plateau avec ce changement de règles. Reste que le début de saison est encore plus délicat qu’espéré. Binotto le dit sans détour : « La plus grande performance à aller chercher se situe sur le groupe propulseur lui-même. » Et il enfonce le clou : ce retard « n’est pas une surprise ». À ses yeux, lancer une unité de puissance entièrement nouvelle devait forcément constituer l’obstacle majeur.
Un déficit qui dépasse la seule puissance
Le problème, pour Audi, ne se résume pas à un simple déficit de puissance. Binotto cite aussi l’efficacité énergétique, le déploiement de l’énergie et la pilotabilité du moteur. Un point loin d’être secondaire, puisqu’il influe directement sur le comportement de la monoplace.
Les changements de rapports sont jugés très brutaux. La conséquence est immédiate : la R26 devient instable au freinage comme à l’accélération. Binotto évoque également de possibles réglages imparfaits sur les rapports de boîte. Mis bout à bout, le manque de performance pure et ces défauts de pilotabilité peuvent représenter jusqu’à une seconde au tour. À l’inverse, il protège le travail effectué sur le châssis : « Côté châssis, nous avons fait du bon travail. La majeure partie de l’écart vient du groupe propulseur. »
Audi garde le cap sur 2030
Ce début compliqué ne change pas la trajectoire fixée par Audi. Binotto rappelle que l’objectif global reste 2030, précisément parce que ce projet a été pensé sur le temps long. Autrement dit, il ne voit pas dans cette entame difficile un accident isolé, mais une phase attendue dans une progression que l’équipe savait longue.
Le calendrier a en plus offert une fenêtre de travail inattendue. L’annulation de deux courses a créé une pause de cinq semaines. Une coupure coûteuse pour l’équipe, mais qui peut valoir cher sur le plan technique. Depuis les essais hivernaux, Audi travaillait surtout dans l’urgence, entre corrections immédiates et préparation des week-ends de course. Binotto estime que cette période a englouti beaucoup trop de ressources.
Cette pause d’avril doit donc servir à changer de logique. Il ne s’agit plus seulement de corriger ce qui ne va pas, mais de recentrer le développement sur les prochaines évolutions. Le défi reste massif. Mais dans le discours de Binotto, une chose ressort clairement : le diagnostic est posé, les priorités sont identifiées, et le retard du moteur Audi F1 s’inscrit dans un apprentissage qu’Audi considère comme inévitable.
Audi ne masque pas sa faiblesse du moment : son moteur reste aujourd’hui son principal point noir. Reste désormais à transformer cette lucidité en progrès concrets, sans perdre de vue l’horizon fixé pour 2030.
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