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Les retours de Pedro Acosta chez KTM guident la RC16

Pedro Acosta chez KTM ne se distingue pas seulement par ses résultats. La précision de ses retours guide les évolutions de la RC16, explique Pit Beirer. Alors que les autres pilotes peinent à suivre, son départ pour Ducati en 2027 pose un défi au constructeur autrichien.

Pedro Acosta au guidon de sa KTM RC16 lors d’un Grand Prix de MotoGP. Moto GP

Pedro Acosta chez Ktm pèse sur le développement de la RC16 grâce à la précision de ses retours, alors qu’il rejoindra Ducati en 2027.

Une domination qui dépasse les résultats

Pedro Acosta occupe la quatrième place du championnat avec 234 points après sa première victoire en MotoGP, obtenue en Autriche. Les autres pilotes KTM sont loin derrière : Enea Bastianini est douzième, Brad Binder treizième, et aucun des deux n’a encore atteint les 100 points. Cette saison, aucun autre pilote de la marque n’a battu l’Espagnol en qualifications.

Ces écarts montrent ce qu’Acosta tire de la RC16. Ils n’expliquent pas, à eux seuls, pourquoi la moto progresse dans une direction qui lui convient. Pit Beirer, patron de KTM Motorsport, met en avant un autre atout : la capacité du pilote à dire précisément ce dont il a besoin.

« L’équipe et tout le monde se sont démenés ces dernières semaines pour l’aider », explique Beirer. Cet effort répond à des demandes que KTM peut traduire en modifications. La différence avec les autres pilotes se joue donc aussi après les séances, dans la qualité des indications transmises à l’équipe.

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Pedro Acosta chez KTM, des demandes claires après chaque séance

Beirer décrit Acosta comme « le seul parmi les gars à nous dire exactement et clairement ce qu’il veut pour le moment ». Pour l’usine, cette précision limite les hésitations sur la direction à prendre. « S’il nous parle après chaque séance, c’est limpide comme de l’eau de roche quelle est la prochaine étape, ce dont il a besoin, ce qu’il souhaite. »

Les effets se font ensuite sentir sur la moto. « Chaque petit élément que nous pouvons lui donner dans cette direction le fait progresser encore davantage », poursuit Beirer. Les évolutions demandées ne restent pas de simples pistes de travail : elles aident Acosta à exploiter davantage la RC16. Cette dynamique a accompagné sa progression jusqu’à la victoire au Red Bull Ring.

Cela ne fait pas de la RC16 la meilleure moto du plateau. Les changements l’ont rapprochée de ce qu’Acosta recherche pour piloter vite. Beirer garde d’ailleurs une autre référence au sommet du MotoGP : à ses yeux, le « maître » reste Marc Marquez.

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Binder et Bastianini cherchent encore leur base

Pour Paul Trevathan, chef mécanicien d’Acosta, les difficultés des autres pilotes KTM commencent notamment le vendredi. Ils peinent à trouver une « base solide » dès les premières séances. Ce retard pèse sur la suite du week-end : pendant qu’ils cherchent encore des réglages sur lesquels s’appuyer, Acosta peut déjà travailler sur l’étape suivante.

Ce décalage dans le travail technique éclaire une partie des écarts en piste. Les demandes précises d’Acosta donnent à KTM une direction après chaque séance. Binder et Bastianini, eux, ne parviennent pas pour l’instant à enclencher la même dynamique.

Binder a lui-même reconnu, après la victoire en Autriche, qu’Acosta avait « porté l’équipe sur ses épaules ». Le Sud-Africain estimait également que son coéquipier avait parfois réussi à rendre la KTM meilleure qu’elle ne l’était réellement. Le constat vient d’un pilote qui a effectué toute sa carrière en MotoGP au sein du constructeur autrichien.

Pedro Acosta
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Le départ d’Acosta laisse aussi un défi technique à KTM

Cette domination interne n’est pas sans inconvénient pour Acosta. Des pilotes capables de rouler vite avec des choix techniques différents pourraient lui ouvrir d’autres pistes lorsque sa propre direction atteindra une limite. Il souhaite donc que les autres KTM se rapprochent, aussi pour bénéficier de leurs retours.

Pour l’heure, ses indications produisent les progrès les plus visibles. KTM ne semble pas avoir décidé d’emblée de construire une moto pour un seul pilote : les résultats obtenus avec les modifications demandées par Acosta ont progressivement donné plus de poids à sa direction de travail.

Son départ annoncé chez Ducati en 2027 donne une autre portée à cette situation. Après une période durant laquelle il réclamait davantage de progrès, Acosta a obtenu les évolutions qu’il demandait et remporté sa première course en MotoGP. KTM continue pourtant de l’associer à ses travaux : il a pu tester la future 850 cm³ à Brno puis à Spielberg, malgré ce départ programmé.

Brad Binder partira, de son côté, vers Bmw en WorldSBK. KTM devra donc remplacer des pilotes, mais aussi retrouver une méthode de développement aussi efficace. Avec Acosta, une sensation décrite après une séance débouche sur une demande claire, puis sur une modification qui le fait progresser. C’est cette chaîne de travail que le constructeur risque de perdre en 2027.

Pedro Acosta

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Louis

Louis, rédacteur en chef de Moteur Actu depuis 2024, couvre quotidiennement l'actualité automobile et la Formule 1. Spécialisé sur les véhicules électriques, l'industrie européenne et les nouveautés constructeurs, il décrypte les annonces, résultats financiers et tendances du marché auto.

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