BYD Brésil sur liste noire après 163 ouvriers secourus

BYD Brésil sur liste noire après 163 ouvriers secourus

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L’expansion de BYD Brésil au Brésil se heurte à un sérieux coup d’arrêt sur le plan de l’image. Le ministère brésilien du Travail a inscrit BYD Auto do Brasil sur sa « liste noire » après des accusations liées au chantier d’une usine en Bahia. La mise à jour concerne 163 travailleurs, que les inspecteurs disent avoir été « secourus » en décembre 2024 sur un site de construction dans le nord-est du pays.

Les autorités décrivent « un tableau alarmant de précarité et de dégradation ». Elles mettent en cause un sous-traitant, accusé d’avoir employé des ouvriers chinois dans de mauvaises conditions, avec des problèmes de couchage, de sanitaires et de manipulation des aliments. L’inscription reste visible pendant deux ans. Elle n’est pas présentée comme une sanction formelle, mais comme un outil de transparence.

Un chantier stratégique désormais sous pression

Le litige vise le complexe industriel de Camacari, en Bahia, inauguré en octobre lors d’un événement auquel participait le président Luiz Inacio Lula da Silva. BYD présente ce projet comme une « usine du futur » à 1 milliard de dollars, soit environ 920 millions d’euros, sur 4,6 millions de mètres carrés.

L’enjeu est considérable pour le constructeur. Le site doit employer 20 000 personnes et afficher une capacité initiale de 150 000 véhicules, avec une montée en cadence par étapes. L’affaire surgit donc au pire moment pour BYD, en pleine accélération sur le marché brésilien, fort de plus de 200 millions d’habitants.

Les chiffres de ventes illustrent cette poussée. En 2025, BYD y a vendu plus de 100 000 véhicules. Un an plus tôt, le groupe en avait écoulé plus de 76 000. De quoi mesurer le poids stratégique pris par le projet de Bahia dans le déploiement régional de la marque.

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BYD se défend, le sous-traitant conteste

En décembre 2024, BYD assurait avoir une « tolérance zéro » face aux violations des droits humains et du droit du travail. Le constructeur précisait aussi coopérer avec les autorités. Dans le même temps, l’entreprise indiquait avoir rompu avec le prestataire Jinjiang Construction Brazil.

Le sous-traitant, lui, conteste les accusations. Plus tard, un porte-parole de BYD a même qualifié l’affaire de campagne de diffamation. En face, le gouvernement brésilien rappelle que la procédure prévoit le respect du contradictoire et le droit à la défense.

Pour BYD Brésil, l’enjeu dépasse largement le seul chantier de Bahia. Les entreprises inscrites sur cette liste peuvent continuer à opérer, mais elles s’exposent à des vérifications plus poussées dans les procédures de conformité et à un accès plus limité au financement public. À court terme, la marque maintient son offensive commerciale. Son grand projet industriel brésilien avance désormais sous surveillance.

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