Avec les Fiat Grizzly et Grizzly Fastback attendus au printemps 2027, le constructeur italien veut concurrencer les Dacia Duster et Citroën C3 Aircross sur le terrain des SUV familiaux abordables.
Fiat ne compte plus seulement sur les 500, Grande Panda et 600 pour renforcer sa présence en Europe. Au Mondial de Paris, la marque a présenté au public deux SUV compacts, ainsi que les études Multiplina et Multiplay. Deux directions se dessinent : élargir l’offre destinée aux familles et proposer un véhicule électrique à quatre places sous les citadines classiques.
Cette offensive accompagne la place prise par Fiat au sein de Stellantis. Le constructeur figure parmi les quatre labels prioritaires du groupe dans le monde, avec une implantation internationale notamment étendue en Afrique et en Amérique du Sud. En Europe, ses nouveautés vont aussi croiser la route de Citroën, pourtant membre de la même famille industrielle.
Les Fiat Grizzly misent sur deux silhouettes familiales
Le premier Grizzly adopte un format de SUV traditionnel. Le Fastback choisit une silhouette de SUV coupé, sans être pour autant le plus court des deux : il mesure 4,50 m, contre 4,40 m pour le modèle standard. Fiat entend ainsi répondre à deux préférences esthétiques avec une même base technique.

Les deux modèles reposent sur la plateforme Smart Car de Stellantis et partagent 85 % de leurs pièces, tout en proposant deux carrosseries distinctes. Sous la direction de François Leboine, les équipes de design ont retenu une silhouette assez carrée et une signature lumineuse qui rapprochent cette famille de la Grande Panda.
Le lien technique avec le Citroën C3 Aircross n’empêche donc pas Fiat de cultiver sa propre identité. Pour attirer les mêmes familles avec une architecture commune, la présentation et les aspects pratiques deviennent des éléments de différenciation importants.
Un coffre plus grand pour le Fastback
Dans l’habitacle, Fiat conserve des matériaux simples et une organisation classique. Un écran fait office de combiné d’instrumentation, tandis qu’une dalle tactile de 10,25 pouces prend en charge le multimédia. Sans chercher l’excentricité, la marque accompagne cet équipement de 25 litres de rangements répartis dans l’habitacle.
L’espace aux places arrière constitue un autre argument du duo. La banquette laisse de la place aux passagers, y compris lorsque les occupants du premier rang sont grands. Pour des SUV destinés aux familles, cette priorité compte autant que le dessin de la carrosserie.
Le volume de chargement distingue davantage les deux versions : le Grizzly standard propose 545 litres, contre 608 litres pour le Fastback. Ses 10 cm supplémentaires de porte-à-faux arrière profitent à la profondeur du coffre. La déclinaison coupé ne sacrifie donc pas le volume de bagages au style : elle offre même la plus grande capacité des deux.
Face au Duster et au C3 Aircross, Fiat mise ainsi sur l’espace et la présentation. Le Duster conserve toutefois un atout spécifique dans cette confrontation : la possibilité de disposer d’une transmission intégrale.
Essence, micro-hybride et électrique au programme
L’offre mécanique doit couvrir plusieurs usages. Les Grizzly sont annoncés avec une motorisation essence de 100 ch, des versions micro-hybrides de 110 et/ou 145 ch, ainsi qu’une déclinaison entièrement électrique. Cette dernière associe une batterie de 54 kWh à un moteur de 113 ch, pour une autonomie annoncée autour de 400 km.
Aucune norme de mesure n’est précisée pour cette autonomie, qui ne doit donc pas être assimilée à une valeur WLTP. L’électrique élargit néanmoins le choix face au Duster, dont l’offre évoquée comprend des motorisations essence/GPL et hybrides, mais pas de version à batterie.
Le prix sera déterminant. François Lemaur évoque un objectif de départ à 20 000 € avec le moteur essence de 100 ch, aussi bien pour le Grizzly que pour le Grizzly Fastback. Il s’agit d’un tarif visé, pas d’une grille commerciale définitive. À ce niveau, les deux Fiat se placeraient directement dans la bataille des SUV familiaux accessibles, sans imposer un prix d’accès supérieur pour la carrosserie Fastback.
Multiplina prépare une autre bataille sous les citadines
À l’autre extrémité de la gamme, Fiat envisage un véhicule inspiré de la première 600 Multipla. Le concept Multiplina présenté à Paris préfigure ce projet : quatre places dans trois mètres de long, une propulsion électrique et une accessibilité dès 16 ans, avec un prix envisagé autour de 12 000 €.

L’ambition est de combler l’espace entre la Topolino et la Fiat 500. Mais installer quatre occupants dans un petit quadricycle pose une difficulté technique : respecter l’objectif de 450 kg hors batterie associé à la catégorie L7. Fiat travaille sur un modèle de série, sans que tous ces objectifs puissent encore être considérés comme acquis.
Selon François Lemaur, les futures Citroën 2CV et Dacia Hipster de série ne sont pas attendues avant 2028. Elles promettent davantage de polyvalence, avec environ 200 km d’autonomie et la possibilité d’emprunter les voies rapides. Le projet Fiat joue une autre carte : contenir davantage le budget d’achat.
Guillaume Clerc, patron du produit Fiat, résume cet enjeu : « 12 000 €, ce n’est pas 15 000 € et beaucoup de gens n’ont pas forcément la possibilité de rajouter les 25 % restants. » Entre les Grizzly familiaux et le projet Multiplina, la stratégie répond ainsi à deux besoins distincts : offrir davantage d’espace à prix contenu et rendre quatre places électriques accessibles avec un budget plus serré.





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