Des discussions attendues à l’automne dans la métallurgie et l’électrotechnique
Le syndicat allemand IG Metall a averti qu’une escalade contre les constructeurs automobiles allemands restait possible, alors qu’il se prépare à des négociations salariales prévues plus tard en 2026. Dans le secteur de la métallurgie et de l’ingénierie électrique, ces discussions devraient prendre une importance particulière, avec des échanges annoncés comme déterminants à l’automne.
Un secteur sous tension entre concurrence chinoise, droits de douane américains et demande de véhicules électriques
Ces négociations s’ouvrent dans un contexte tendu, où fabricants et équipementiers doivent composer avec une concurrence chinoise plus forte, les effets des droits de douane américains et une demande de véhicules électriques inférieure aux attentes. L’industrie automobile allemande sort d’une année difficile, marquée par des avertissements sur résultats et des restructurations, après que des producteurs ont revu à la baisse certains programmes liés aux véhicules électriques.
Un levier syndical renforcé par la gouvernance des grands groupes
Dans les grandes entreprises allemandes, les représentants des salariés occupent la moitié des sièges des conseils de surveillance. Cette configuration donne aux syndicats un levier important pour influencer, orienter ou bloquer des décisions stratégiques.

Lors de la conférence de presse annuelle du syndicat, la présidente d’IG Metall, Christiane Benner, a déclaré que les salariés avaient consenti à des efforts chiffrés en milliards d’euros. Elle a également souligné que des négociations avaient permis de sécuriser des dizaines de milliers d’emplois, ainsi que des engagements d’investissement pour des sites en Allemagne.
Flux de trésorerie : Volkswagen et ZF signalent une amélioration liée à des projets reportés
Volkswagen a indiqué la semaine précédente que le flux de trésorerie automobile préliminaire pour 2025 avait dépassé les attentes, principalement en raison du report de projets d’investissement. De son côté, l’équipementier ZF Friedrichshafen a aussi fait état d’un flux de trésorerie plus solide, après le retrait, par des clients, de plusieurs initiatives liées aux véhicules électriques.
Des suppressions d’emplois annoncées jusqu’à 2030
Dans l’ensemble du secteur, des entreprises ont annoncé des plans visant à supprimer près de 100 000 emplois d’ici 2030, Robert Bosch représentant la plus grande part. Plusieurs réductions d’effectifs déjà détaillées concernent notamment Audi, Continental et Ford sur son site de Cologne dédié aux véhicules électriques.
- Audi : 7 500 postes supprimés d’ici 2029
- Continental : 10 150 postes
- Ford (site de Cologne, véhicules électriques) : 1 000 emplois
- Porsche : 1 900 postes supprimés d’ici 2029
- Bosch : 18 500 postes
- Schaeffler : 4 700 emplois
- Volkswagen : 35 000 postes d’ici 2030
- ZF Friedrichshafen : 14 000 postes au cours de la décennie
Production en Allemagne : une stagnation sur trois ans
La pression des concurrents chinois, dont BYD, s’intensifie à la fois sur le marché chinois et via les importations en Europe. Dans le même temps, la production de véhicules en Allemagne a stagné pour une troisième année consécutive : en 2025, la production était d’environ 11% inférieure à son niveau de 2019.





