Les ventes Abarth ont chuté de 61,3 % en France au premier semestre 2025, poussant la marque passée au tout électrique à multiplier les remises tandis que Stellantis étudie un retour aux motorisations thermiques ou micro-hybrides.

Abarth sera absente du Mondial de l’Auto 2026, malgré deux modèles à son catalogue. Cette absence intervient en pleine crise commerciale, qui touche le cœur de son positionnement : proposer des voitures sportives désormais exclusivement électriques. Avec les 500e et 600e, le constructeur italien a renouvelé son offre sans parvenir à entraîner sa clientèle traditionnelle dans cette transition.
Deux modèles pour porter le pari électrique

En février 2023, Abarth devient la première marque du groupe Stellantis à prendre le virage du 100 % électrique. La citadine 500e ouvre cette nouvelle période. Étroitement dérivée de la Fiat 500 électrique, elle porte la puissance de 118 à 155 ch. Au-delà du changement de motorisation, il s’agit de préserver la différence entre une Fiat et sa déclinaison au Scorpion.
À l’automne 2024, le SUV 600e rejoint la gamme. Avec ses 280 ch, l’édition limitée haut de gamme Scorpionissima donne à Abarth un second modèle pour défendre son orientation sportive.
Pour renouveler les sensations de conduite, la marque mise sur le couple immédiat du moteur électrique. Un générateur de son artificiel doit aussi conserver un repère sonore pour ses clients habituels. L’objectif est de changer de technologie sans rompre complètement avec l’identité qui a fait connaître ses petites sportives.
Les ventes Abarth décrochent en France et en Europe

Les résultats commerciaux ne sont pas à la hauteur de cette ambition. En France, les immatriculations reculent de 61,3 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente. Le virage électrique n’a pas convaincu suffisamment d’acheteurs pour maintenir les volumes de la marque.
À l’échelle européenne, Abarth écoule moins de 1 000 voitures sur ces six mois. La difficulté dépasse donc le seul marché français.
Ces résultats placent le constructeur devant deux chantiers distincts : rendre ses modèles actuels plus attractifs pour relancer les ventes, mais aussi réexaminer le choix d’une gamme exclusivement électrique. Les promotions répondent au premier enjeu sans modifier l’offre technique des 500e et 600e.
Des rabais jusqu’à 40 % et une garantie de huit ans
Le réseau a lancé une offensive tarifaire avec des remises atteignant 8 000 €, voire jusqu’à 40 % selon les configurations. Ces rabais témoignent de l’urgence commerciale : Abarth cherche à réduire le prix d’accès à ses modèles pour attirer les acheteurs que son nouveau positionnement n’a pas convaincus.
Sur le site officiel, la 500e est affichée à partir de 22 750 €, prime CertiNergy de 6 150 € incluse. Le prix mis en avant intègre donc une aide et ne correspond pas simplement à une baisse du tarif catalogue.
Le SUV 600e est proposé à partir de 32 750 €. L’offre permet de cumuler la même prime CertiNergy de 6 150 € avec une aide à la reprise de 3 000 €, liée à la mise à la casse d’un véhicule de plus de dix ans.
À ces mesures tarifaires s’ajoute une garantie étendue à huit ans sur l’ensemble des véhicules. Abarth agit ainsi sur le coût d’achat comme sur la confiance des clients face à l’électrique. Ni la motorisation des voitures proposées ni les sensations auxquelles les habitués de la marque étaient attachés ne changent pour autant.
Le retour à l’hybride bute sur la technique

Stellantis étudie la réintroduction de motorisations thermiques ou micro-hybrides sur ses futures citadines sportives. Lorsqu’il dirigeait Fiat, Olivier François avait déjà évoqué cette nécessité, reconnaissant qu’Abarth avait besoin de moteurs thermiques pour relancer ses ventes.
Mais revenir sur cette orientation ne se résume pas à remplacer un moteur électrique par un bloc essence. L’architecture de la 500e a été conçue pour l’électrique, sans prévoir initialement l’accueil d’une motorisation thermique. Son adaptation impose donc des contraintes techniques que la seule volonté commerciale ne peut lever.
La déclinaison hybride de la Fiat 500 illustre cette difficulté. Elle utilise un petit moteur 1.0 FireFly de 65 ch et ne dispose pas de boîte de vitesses automatique. Cette solution ne répond pas, à elle seule, au positionnement sportif d’Abarth : sa puissance reste très éloignée des 155 ch de la 500e.
Une autre piste consiste à élargir la gamme vers le bas avec une déclinaison Abarth de la Grande Panda. Un prototype avancé a été présenté en interne, sans précision sur sa motorisation.
Plusieurs pistes sont donc à l’étude, mais aucune nouvelle offre thermique n’a encore été annoncée. Pour les deux modèles électriques actuels, la réponse commerciale reste fondée sur les remises et la garantie de huit ans. Le retour à l’hybride exige, lui, une solution technique compatible avec les ambitions sportives du Scorpion.







Commentaires 0
Modérés avant publication