L’ADUO F1 encadre, à partir du cycle moteur 2026-2030, les possibilités ouvertes aux motoristes dont la partie thermique du groupe propulseur accuse un retard. Concrètement, le dispositif agit d’abord comme un allègement du plafond budgétaire des motoristes, avec des droits d’évolutions d’homologation accordés selon le déficit mesuré.
L’objectif est d’éviter qu’un constructeur reste durablement décroché avec un groupe propulseur déjà homologué. Mais l’ADUO n’est pas une balance de performance. Aucun motoriste ne reçoit automatiquement plus de débit de carburant, moins de lest ou un avantage direct en piste. Le dispositif ouvre une marge de travail encadrée, pas un raccourci vers la performance.
ADUO F1 : un rattrapage encadré autour de l’ICE
ADUO signifie Additional Development and Upgrade Opportunities. Le dispositif permet à un constructeur de groupe propulseur d’obtenir des opportunités supplémentaires de développement et de mise à jour pendant une saison, ou lors de la suivante, si son moteur thermique présente un retard suffisant.
La surveillance porte sur les saisons complètes de 2026 à 2030. À différentes périodes de chaque championnat, la FIA mesure la performance de l’ICE, c’est-à-dire la partie à combustion interne du groupe propulseur fourni par chaque motoriste aux équipes de F1.
Cette évaluation débouche sur un ICE Performance Index. Son calcul prend en compte plusieurs facteurs, dont le couple à l’arbre d’entrée, le régime moteur, la puissance du MGU-K et une pondération liée à l’impact de la puissance sur le temps au tour lors des tours mesurés.
Certains paramètres susceptibles d’influencer la performance de l’ICE, comme les températures de fluides, l’aérodynamique externe ou des variables comparables, sont intégrés aux mesures réalisées sur la voiture. Aucune méthode de correction n’est appliquée pour les neutraliser.
Ce point limite la portée de l’indice : l’ADUO ne reflète pas la performance complète du groupe propulseur. L’évaluation se concentre sur l’ICE, alors que l’ERS joue aussi un rôle essentiel dans la puissance totale disponible.

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Pourquoi ce n’est pas une balance de performance
Le seuil d’entrée dans le dispositif est fixé à 2 %. Un motoriste dont l’ICE est en retrait d’au moins 2 % par rapport au meilleur ICE peut bénéficier de l’ADUO.
Nikolas Tombazis, directeur monoplace de la FIA, précise que l’ADUO « n’est pas une sorte de mécanisme de balance de performance ». Il ajoute qu’une équipe ou un constructeur ne reçoit pas soudainement un débit de carburant plus élevé, ni plus ou moins de lest.
La logique est donc financière et réglementaire. L’ADUO fonctionne comme un mécanisme de Cost Cap relief : un motoriste qui répond aux critères pendant une période d’évaluation peut obtenir une marge pour développer son moteur dans le cadre du règlement technique.
L’enjeu est important pour la F1. Avec des groupes propulseurs homologués, un mauvais départ dans un nouveau cycle réglementaire peut peser lourd. L’ADUO permet de rouvrir une fenêtre de développement, mais le constructeur doit toujours concevoir une évolution efficace et l’intégrer dans les limites imposées.
Les allowances prévues par le règlement financier
L’article E4.1.1.t du règlement F1 2026 définit les allocations accordées aux motoristes éligibles pour chaque période ADUO. Ces montants servent à soutenir des activités de développement en dehors du calcul du plafond budgétaire.
Les niveaux sont gradués selon l’écart mesuré par rapport au meilleur groupe propulseur :
– de 2 % à 4 % de retard : jusqu’à USD $3.0m; – de 4 % à 6 % : jusqu’à USD $4.65m; – de 6 % à 8 % : jusqu’à USD $6.35m; – de 8 % à 10 % : jusqu’à USD $8m; – 10 % ou plus : jusqu’à USD $11m par période ADUO.
Pour un déficit d’au moins 10 %, une possibilité supplémentaire existe uniquement en 2026 : anticiper jusqu’à USD $8m de plafond budgétaire de périodes futures afin de soutenir le développement.
Ces montants ne sont pas une prime de performance. Ils donnent de l’espace de développement à un motoriste en retard, mais ne remplacent ni le travail de conception, ni la validation technique, ni l’efficacité réelle des évolutions introduites.
Le calendrier d’évaluation en 2026
Le règlement technique F1 2026, via l’article 4.2 de l’appendice C5, prévoyait trois périodes d’analyse de la performance ICE. Elles devaient initialement couvrir les courses 1 à 6, 7 à 12, puis 13 à 18.
La première période a été modifiée après les perturbations liées aux événements en cours au Moyen-Orient. Elle couvre désormais les cinq premières courses de la saison : Australie, Chine, Japon, Miami et Canada. Les résultats doivent être communiqués au plus tard deux semaines après le Grand Prix du Canada.
La deuxième période couvre les courses 6 à 11, de Monaco à la Hongrie. La troisième s’étend de la course 12, aux Pays-Bas, à la course 18, à Mexico.
Après la communication des résultats, les motoristes éligibles reçoivent une notification séparée détaillant leur allocation. Ils peuvent introduire des évolutions dès la course suivante.
Cette organisation rend le dispositif réactif, mais pas permanent. Un constructeur ne peut pas développer librement à tout moment : il doit entrer dans les seuils, sur une période d’évaluation définie, puis respecter le cadre d’homologation.
Combien d’évolutions un motoriste peut obtenir
L’article 4.3 de l’appendice C5 précise les droits d’évolution. Si l’ICE Performance Index d’un motoriste est au moins 2 % mais à moins de 4 % derrière le meilleur ICE, il peut bénéficier d’une évolution d’homologation supplémentaire pendant la saison en cours, puis d’une autre lors de la saison suivante.
Si le retard est d’au moins 4 %, le motoriste peut obtenir deux évolutions supplémentaires pendant la saison en cours et deux autres pour la campagne suivante.
Une restriction importante s’applique : les motoristes qui n’ont pas reçu d’ADUO après les deux premières périodes d’une saison ne peuvent pas devenir éligibles après la dernière période de cette même saison.
Les évolutions d’homologation ADUO ne sont pas cumulatives au sein d’une saison. Elles ne sont accordées qu’à la première occasion où le motoriste est jugé éligible. En revanche, les évolutions attribuées pour la saison suivante restent utilisables lors de cette saison suivante si les seuils ADUO sont à nouveau atteints.
Les droits non utilisés ne sont pas reportables librement. Toute évolution qui n’a pas été introduite avant la dernière manche de la saison pour laquelle elle était prévue est perdue. Une évolution attribuée pour 2027 reste valable en 2027, mais une opportunité prévue pour 2026 doit être exploitée avant la fin de la saison 2026.
Les composants concernés par les évolutions
Même si l’éligibilité à l’ADUO repose sur la performance de l’ICE, les évolutions autorisées peuvent concerner plusieurs zones du groupe propulseur. Le tableau 1 de l’appendice C4 du règlement technique 2026 liste les éléments concernés.
Les mises à jour peuvent toucher certains composants de l’ICE, le système d’échappement, le turbo, la wastegate ou pop-off, ainsi que des composants électriques et capteurs montés sur l’ICE ou l’échappement.
Le champ peut aussi inclure l’ERS et ses systèmes de refroidissement associés, le MGU-K, l’électronique de contrôle de la voiture, certaines fonctions hydrauliques, des fluides et du ballast.
C’est ce qui donne à l’ADUO son importance stratégique. Un déficit mesuré sur le moteur thermique peut permettre de travailler sur un ensemble plus large de composants. Mais tout reste conditionné aux seuils de performance, aux périodes d’évaluation et aux limites financières prévues par le règlement.
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