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GP de Singapour 2026 : les clés stratégiques de la course

Max Verstappen remporte le GP de Singapour 2026 pour la première fois, devant Charles Leclerc et Kimi Antonelli. Les stratégies de pneus opposées de Ferrari pèsent sur le résultat, tandis qu’Antonelli creuse son avance à 102 points et peut être titré à Austin.

Max Verstappen au volant de sa Red Bull lors du Grand Prix de Singapour à Marina Bay. F1
© Red Bull / Getty Images / Red Bull Content Pool

Max Verstappen a remporté le GP de Singapour 2026 malgré une radio défaillante, tandis que Kimi Antonelli a porté son avance au championnat à 102 points.

Une première victoire, mais des débuts compliqués

Max Verstappen a décroché sa première victoire à Marina Bay le 11 octobre, à sa dixième tentative. Le pilote Red Bull disputait son 250e départ en Grand Prix. Il devance Charles Leclerc de 7,335 secondes et boucle un week-end où il a raflé les poles et les victoires. On pourrait croire à une victoire tranquille, mais les premiers tours ont été bien plus compliqués.

Avant même de relâcher l’embrayage, Verstappen ressent un problème moteur. Leclerc arrive à sa hauteur à l’approche du premier virage, mais le Néerlandais conserve la tête. Repoussé vers la gauche, le pilote Ferrari ne distingue plus ses panneaux de référence habituels pour le freinage, placés à droite.

Pendant les trois premiers tours, Verstappen peine ensuite à déployer sa puissance électrique. Leclerc entrevoit une ouverture au virage 7, sans parvenir à l’exploiter. Il pense d’abord à une hésitation isolée. Lorsqu’il comprend que le problème se répète, il est trop tard pour utiliser sa propre batterie à l’attaque.

Une fois ces difficultés dissipées, Verstappen contrôle la course. Sa radio complique toutefois les échanges : il entend Gianpiero Lambiase, mais son ingénieur ne comprend pas ses réponses. À dix tours de l’arrivée, Lambiase veut savoir si Max accepterait un nouvel arrêt en cas de safety car. Il lui demande de garder le silence pour approuver ou d’activer la radio pour refuser. Le silence du pilote vaut accord.

Les pneus demandent moins d’improvisation. Verstappen parcourt 32 tours en tendres, puis passe aux mediums pour les 30 tours suivants. Pirelli considère cette combinaison comme la meilleure option à un arrêt. Moins adhérent et sans avantage stratégique utile, le pneu dur n’est utilisé par personne en course. On est loin des complications rencontrées à la radio.

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Deux stratégies, un podium qui échappe à Hamilton

Chez Ferrari, les choix de pneus produisent deux courses très différentes. Lewis Hamilton part en mediums neufs pour prolonger son premier relais. Leur rendement décevant l’oblige pourtant à s’arrêter après 18 tours. Ses tendres doivent alors couvrir les 44 tours restants. Ils tiennent jusqu’au drapeau à damier, mais sans le rythme nécessaire pour conserver le podium.

La neutralisation tardive sous Virtual Safety Car lui offre une possibilité de changer de stratégie. Un arrêt pourrait alors lui coûter moins de temps. Ferrari l’appelle aux stands, mais Hamilton manque l’entrée. Il choisit ensuite de rester en piste pour défendre sa position plutôt que de céder des places contre des pneus frais.

Cette succession de décisions est décisive, car l’écurie avait conservé les options à un ou deux arrêts. Pour Fred Vasseur, l’entrée manquée a « probablement coûté la possibilité de se battre pour le podium ». On voit le dilemme : un changement de pneus aurait permis de repartir à l’attaque, sans garantir les positions à reprendre.

Les chronos montrent la baisse de rythme de Hamilton. Entre les tours 34 et 38, il perd en moyenne environ quatre dixièmes par tour sur Verstappen. Entre les tours 56 et 60, l’écart dépasse deux secondes. Ces moyennes comprennent le trafic et les duels, mais leur évolution montre combien il devient difficile de défendre avec toujours moins d’adhérence. Hamilton termine sixième.

Charles Leclerc saisit, lui, l’occasion du VSC et retrouve les tendres lors de son deuxième arrêt, au 39e tour. Il dépasse Hamilton au 46e passage, puis poursuit Verstappen. Entre les tours 47 et 52, il tourne environ une seconde plus vite par tour que le leader. Cet avantage tombe à quelque deux dixièmes entre les tours 56 et 60, car attaquer fort en début de relais a accéléré la dégradation. Le pari lui permet de finir deuxième, mais pas de rejoindre Red Bull.

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McLaren limite les pertes, Audi se rapproche de Haas

Oscar Piastri effectue également deux arrêts, mais pour une autre raison. Une crevaison lente à l’avant droit l’oblige à repasser aux stands. Il remonte jusqu’à la cinquième place en dépassant Hamilton dans l’avant-dernier tour. On ne peut pas tout rattraper avec la stratégie, comme le résume Lando Norris, quatrième : « La stratégie ne pouvait pas nous apporter davantage aujourd’hui. »

Au lendemain de leur accrochage dans le Sprint, Norris offre pourtant de ralentir Hamilton pour aider Piastri à revenir. Les stratèges estiment qu’Oscar dispose du rythme nécessaire sans assistance. Andrea Stella salue cette proposition et insiste sur la priorité donnée aux intérêts de l’équipe.

Liam Lawson protège sa septième place avec une approche plus conservatrice. Après avoir dépassé Pierre Gasly au départ, il construit son avance et gère ses pneus. Gasly s’arrête au 29e tour, puis Nico Hulkenberg au 30e. Lawson passe aux stands au 31e tour. Racing Bulls couvre ainsi les menaces immédiates, sans prolonger inutilement le relais au risque d’une neutralisation défavorable.

Derrière lui, Nico Hulkenberg résiste à George Russell pour terminer huitième. Le pilote Mercedes, parti 19e, tente son unique arrêt sous VSC. Mais la neutralisation s’achève alors qu’il entre dans les stands. Ses adversaires peuvent accélérer pendant qu’il reste soumis à la limitation de vitesse et doit changer ses pneus. Russell remonte malgré tout au neuvième rang.

Pour Audi, on mesure l’intérêt de la résistance de Hulkenberg au classement. Sa huitième place s’ajoute à sa septième position dans le Sprint. Le bilan atteint six points sur le week-end. L’équipe revient à sept points de Haas.

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Antonelli vise le titre malgré ses problèmes de freins

Kimi Antonelli choisit un deuxième arrêt pour chausser des tendres frais, quitte à céder une position à Norris. Le gain de rythme ne suffit pas à lui assurer le podium, car il doit encore dépasser. L’occasion arrive au 54e tour, lorsque Norris et Hamilton sortent de la piste pendant leur duel. Antonelli en profite pour prendre la troisième place.

Les commissaires ne sanctionnent pas Hamilton, puisque Norris a également quitté la piste et que les deux pilotes reprennent dans le bon ordre. Pour Antonelli, la fin de course reste délicate. Après la reprise suivant le VSC, il souffre d’un freinage peu efficace et d’une pédale à la course longue. Pour gérer le problème, il lève le pied et laisse rouler la monoplace avant de freiner.

Un capteur défaillant complique encore la situation : Mercedes ne dispose même plus des données de freinage. Antonelli peut toutefois sentir l’odeur des freins qui chauffent. Il ramène malgré cela les points de la troisième place.

On mesure mieux le poids de ce podium au championnat. Le leader compte désormais 340 points au classement. Russell suit avec 238 points. L’avance d’Antonelli atteint donc 102 points à l’approche d’Austin. Il a gagné 18 points sur son équipier pendant le week-end. Sur ce gain, 13 points viennent de la course du dimanche.

À Austin, une victoire lui offrirait le titre si Russell termine neuvième ou au-delà et Hamilton cinquième ou au-delà. Une avance de 125 points sur Russell suffirait alors. Antonelli dispose en effet de davantage de victoires en Grand Prix pour départager une éventuelle égalité.

Austin permettra aussi de mesurer les progrès de Red Bull et la meilleure compréhension par Mercedes de son évolution technique sur un autre circuit. Verstappen quitte Singapour avec la victoire qui lui manquait. Antonelli repart avec une première possibilité de conclure le championnat.

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Louis

Louis, rédacteur en chef de Moteur Actu depuis 2024, couvre quotidiennement l'actualité automobile et la Formule 1. Spécialisé sur les véhicules électriques, l'industrie européenne et les nouveautés constructeurs, il décrypte les annonces, résultats financiers et tendances du marché auto.

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