Isack Hadjar remet en cause l’intérêt des sprints après un week-end miné par les pannes à Singapour, alors que la F1 étendra le format à dix rendez-vous en 2027, dont Monaco.

« L’an dernier, j’aimais bien. Mais avec l’âge… je n’aime plus les sprints », lâche le Français après le Grand Prix de Singapour. L’arrivée du format dans les rues de la Principauté lui inspire une réaction encore plus brève : « Pourquoi faire ça ? »
Cet agacement fait suite à une succession de problèmes techniques sur sa Red Bull. Au-delà de ce week-end difficile, ses critiques portent sur deux points distincts : le manque de temps pour préparer les monoplaces et l’intérêt sportif d’une course supplémentaire sur des circuits où les dépassements sont rares.
Isack Hadjar pénalisé d’abord par la fiabilité
À Marina Bay, les difficultés ont commencé dès les qualifications sprint, avec des problèmes moteur signalés par le Français. Le samedi, une nouvelle défaillance de l’unité de puissance a mis fin à sa course courte au troisième tour. La boîte de vitesses a ensuite cédé pendant les qualifications du Grand Prix : privé de quatrième rapport, Hadjar n’a signé aucun temps chronométré.
La fiabilité de la RB22 est donc la première responsable de son week-end compromis. Le format sprint n’a provoqué ni la panne moteur ni la défaillance de transmission. Il faut distinguer ces ennuis mécaniques des limites du format pour comprendre la frustration du pilote.
Red Bull a ensuite dû modifier la monoplace et installer de nouveaux éléments. Contraint de partir depuis la voie des stands, Hadjar est remonté jusqu’à la dixième place, malgré une course longtemps passée dans le trafic. Il a ainsi sauvé un point au terme d’un rendez-vous où il avait rarement pu rouler sans problème.
Laurent Mekies a reconnu que l’équipe ne lui avait pas donné les moyens de montrer son niveau. Son constat tient en quelques mots : « Nous lui en devons une. »
Une seule séance pour trouver les bons réglages
Le lien entre les pannes et le format tient plutôt à la possibilité de rattraper le temps perdu. Un week-end sprint ne propose qu’une seule séance d’essais libres avant les qualifications sprint, contre trois séances d’essais lors d’un rendez-vous classique.
Cette différence réduit la marge de travail d’une équipe qui cherche à comprendre une voiture difficile à exploiter. Or, Hadjar avait justement décrit sa Red Bull comme délicate à conduire à Singapour. Il fallait trouver les bons réglages tout en composant avec les ennuis mécaniques.
Chaque interruption pèse davantage lorsque le programme laisse peu de place aux essais. Le sprint ajoute une course, sans offrir aux ingénieurs davantage de roulage libre pour isoler un problème ou vérifier une modification. Pour le Français, les défaillances successives ont encore réduit les occasions de progresser.
Le bilan de l’autre Red Bull invite toutefois à nuancer ce constat. Max Verstappen a remporté le sprint puis le Grand Prix à Singapour : le même format n’a donc pas empêché son coéquipier de gagner. Au sein de la même équipe, les deux pilotes ont vécu des week-ends radicalement différents, dont l’un a été dominé par les pannes.
Monaco rejoint un calendrier à dix sprints
La F1 poursuit pourtant l’expansion de cette formule. La FIA et Formula One Management ont confirmé le passage de six à dix sprints en 2027. Monaco fera partie des nouveaux rendez-vous concernés, avec deux séances de qualifications au programme du week-end.
Les promoteurs défendent un événement plus dense et davantage de spectacle. L’ajout d’une course répond à la première ambition. Pour la seconde, le résultat dépend aussi des possibilités de dépassement, particulièrement limitées dans les rues étroites de la Principauté.
La réaction d’Hadjar dépasse ici son seul cas personnel. Sa question sur Monaco porte sur l’utilité d’ajouter une épreuve là où les pilotes disposent déjà de peu d’espace pour attaquer. Multiplier les séances à enjeu ne change ni la largeur du circuit ni les contraintes qui compliquent les changements de position.
Des critiques partagées sur les circuits urbains
Après Singapour, Verstappen a lui aussi estimé qu’un sprint n’avait pas sa place là où les dépassements sont impossibles. Lewis Hamilton a pointé le manque d’occasions de passer, tandis que Charles Leclerc a jugé que ces courses apportaient peu sur les circuits urbains.
Ces réserves concernent d’abord le spectacle. Hadjar y ajoute la question de la préparation, rendue plus difficile lorsque la monoplace manque de fiabilité ou exige un travail important sur les réglages.
Le débat ne se limite donc pas à l’ajout d’une course. À Singapour, Hadjar a manqué de séances sans incident pour exploiter sa voiture. À Monaco en 2027, la difficulté sera aussi de transformer ce programme plus chargé en possibilités de lutte sur la piste.





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