Piero Ferrari réclame des progrès concrets à la Scuderia et insiste sur les résultats attendus, alors que Fred Vasseur conserve le soutien officiel de l’écurie.

Piero Ferrari place les résultats au centre du débat
La confiance a été réaffirmée, sans pour autant calmer l’impatience. Fin septembre, Ferrari avait publiquement exprimé son « entière confiance » en Fred Vasseur, dans un contexte de spéculations sur son avenir. Le vice-président du constructeur déplace désormais le débat : au-delà du nom du directeur, c’est la capacité de toute la Scuderia à progresser qui est en jeu.
Interrogé par Leo Turrini pour le Quotidiano Nazionale, Piero Ferrari a formulé une demande sans détour : « Je crois sincèrement que notre équipe a besoin d’actions concrètes, pas de vaines paroles. »
Il évoque également une saison marquée par « du positif et du négatif » et appelle chacun à travailler pour atteindre l’objectif attendu depuis de nombreuses années par les tifosi. Le message ne vise donc pas un seul responsable, mais une organisation dont les promesses doivent désormais se traduire en performances.
Cette prise de parole n’annonce pas de changement à la tête de l’équipe. Piero Ferrari ne demande pas le départ de Fred Vasseur et ne retire pas explicitement le soutien exprimé quelques semaines auparavant. Il souligne en revanche ce qui est attendu en retour : une compétitivité à la hauteur des ambitions de Ferrari.
Une deuxième place qui ne répond pas à l’ambition du titre
Le classement explique cette exigence. Ferrari occupe la deuxième place du championnat constructeurs, mais Mercedes reste loin devant. Après Singapour, l’écart s’élève à 134 points. La Scuderia doit défendre sa position face à McLaren et Red Bull, sans avoir réellement engagé la lutte pour la couronne.
La saison peut ainsi se lire de deux façons. Si cette deuxième place maintient Ferrari dans le groupe de tête, elle ne signifie pas que l’objectif principal est proche. Préserver son rang et combler le retard sur Mercedes restent deux défis distincts : réussir le premier ne suffit pas à relever le second.
L’échéance fixée par John Elkann en 2022 donne une portée supplémentaire aux propos du vice-président. L’objectif était de retrouver un titre mondial d’ici 2026. Il ne sera pas atteint. Le dernier championnat remporté par Ferrari remonte à 2008, soit dix-huit saisons sans couronne.
Piero Ferrari remercie les tifosi pour leur patience. Sa demande d’actions concrètes souligne toutefois les limites de cet appel à attendre : les supporters espèrent un retour au sommet, pas seulement le maintien parmi les poursuivants. Une position honorable au classement ne suffit donc pas à effacer la distance avec Mercedes.
La SF-26 révèle un chantier qui dépasse le moteur
La réponse passe aussi par les choix techniques. La saison a mis en évidence un déficit de puissance, alors que Ferrari avait davantage privilégié le châssis dans la conception de la SF-26. Les améliorations apportées à l’unité de puissance n’ont pas permis de combler l’écart avec Mercedes.
Le moteur constitue un point central, mais il ne résume pas à lui seul le travail à accomplir. Les choix de conception, le développement de la monoplace et l’exécution en piste comptent également. Réduire les difficultés à une seule faiblesse laisserait de côté une partie du chantier confié à Vasseur et à ses ingénieurs.
La demande de Piero Ferrari prend ici tout son sens. Sans présenter de solution technique ni annoncer de réorganisation, il exige que le travail de l’équipe produise des progrès visibles. Le jugement portera davantage sur les résultats obtenus avec la voiture que sur les intentions affichées à Maranello.
Le soutien à Vasseur n’efface pas la pression
Vasseur a déjà défendu la nécessité de travailler dans un environnement serein. Le vice-président ne remet pas formellement en cause cette recherche de stabilité. Les deux positions peuvent coexister : laisser une équipe travailler n’empêche pas de lui demander des résultats.
La distinction compte alors que l’avenir du directeur a alimenté les discussions. Les propos de Piero Ferrari ne valident pas les rumeurs de succession. Ils fixent plutôt un critère pour évaluer la direction actuelle : sa capacité à transformer le soutien reçu en progression sportive.
Ferrari maintient ainsi sa confiance en Vasseur tout en soulignant l’ampleur du retard à combler. Le directeur n’est pas publiquement désavoué, mais la deuxième place ne suffit pas à clore le bilan. Pour la Scuderia, l’enjeu reste de passer du statut de poursuivant à celui de candidat au titre.





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