Laurent Mekies voit Red Bull capable de viser d’autres victoires après Sepang et Singapour, mais ces deux succès ne suffisent pas à faire de la RB22 une favorite sur tous les circuits.

Trois tracés différents, une confiance qui grandit
La confiance revient chez Red Bull, et pas seulement grâce à sa dernière victoire. L’écurie a retrouvé un rythme compétitif à Bakou, puis Max Verstappen s’est imposé à Sepang et à Singapour. Ces trois rendez-vous permettent de regarder au-delà d’une réussite isolée.
Le contraste entre les deux derniers tracés donne du poids à cette progression. Sepang est rapide et exigeant pour les pneus, tandis que Marina Bay est étroit et lent. La RB22 a gagné dans les deux configurations : elle peut donc jouer devant sans dépendre d’un seul profil de piste.
« Les trois circuits étaient suffisamment différents pour penser que, sur d’autres types de tracés, la voiture devrait être compétitive », explique Mekies. Le patron de l’écurie parle d’une capacité à se battre pour gagner, pas d’une victoire promise à chaque départ.
À Singapour, Verstappen a fait davantage que remporter le Grand Prix, puisqu’il a aussi gagné le sprint. Il a signé sa 50e pole en carrière, devant Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Kimi Antonelli a pris la quatrième place des qualifications. Sixième, George Russell a dû partir du fond de la grille après une pénalité moteur.
On peut donc prendre ce regain de forme au sérieux, sans y voir un avantage systématique. Disputer la victoire sur plusieurs types de circuits ne garantit pas de rester devant partout. Mekies le résume en prévenant que « ce n’est jamais acquis ».
Verstappen aide à cerner les faiblesses de la RB22
Cette prudence se comprend mieux en regardant la première partie de saison. Red Bull a longtemps manqué de rythme, avec un équilibre instable et une monoplace parfois imprévisible. Verstappen ne pouvait donc pas toujours exploiter pleinement le potentiel de sa voiture.
La progression actuelle vient d’un travail continu sur la monoplace et son unité de puissance. Les deux victoires consécutives en Grand Prix marquent un vrai changement, mais elles n’effacent pas les difficultés précédentes. Elles ne prouvent pas non plus que tous les points faibles ont disparu.
Max Verstappen joue un rôle central dans ce travail. Mekies salue sa sensibilité technique « exceptionnelle » et l’importance de ses retours. Le pilote aide l’équipe à repérer ce qui limite les performances du châssis comme du moteur.
Le diagnostic ne fait pas tout. « Il ne nous donne pas forcément la solution quand il nous dit quel est le problème », précise le Français. Les indications de Verstappen orientent les recherches, mais les ingénieurs doivent ensuite trouver la réponse.
On comprend donc pourquoi la franchise reste essentielle dans les échanges, même après une série gagnante. « Nous restons très honnêtes sur les choses que nous voulons encore mieux faire », souligne Mekies. Red Bull retrouve des résultats sans considérer le travail comme terminé.
Plus de grandes évolutions pour 2026
Cet optimisme a une autre limite : Red Bull a achevé son programme de nouveautés majeures pour 2026. L’écurie ne prévoit plus d’évolution substantielle de sa monoplace d’ici la fin de saison. Pour prolonger sa dynamique, elle ne pourra donc pas compter sur une nouvelle transformation importante de la RB22.
Le travail ne s’arrête pas pour autant. Mekies assure que l’équipe continuera à chercher des gains et à utiliser les dernières courses pour apprendre. Mais une part importante des ressources est déjà tournée vers 2027. Les progrès doivent désormais se poursuivre avec cette répartition des efforts.
En face, les concurrents peuvent encore apporter des améliorations, et les succès récents de Red Bull n’y changent rien. On ne peut donc pas considérer le rapport de force actuel comme figé. Une voiture compétitive aujourd’hui peut voir sa marge se réduire si ses adversaires progressent davantage.
La diversité des circuits n’est ainsi qu’une partie de l’enjeu. Le rapport de force peut aussi évoluer jusqu’à la fin de saison, car les équipes ne suivent pas nécessairement le même calendrier de développement.
Austin pour confirmer, sans nouveau grand lot d’évolutions
Le prochain rendez-vous est fixé au 25 octobre à Austin. Red Bull y arrivera avec deux victoires de suite et une voiture mieux comprise qu’en début de saison. Ce sera l’occasion d’évaluer si les progrès observés à Bakou, Sepang et Singapour se prolongent sur un autre tracé.
L’écurie devra composer avec les éventuelles nouveautés adverses, sans disposer elle-même d’un nouveau grand ensemble d’évolutions. Elle devra donc exploiter sa base actuelle tout en résistant aux progrès possibles de la concurrence.
On retrouve là toute la différence entre l’ambition de Mekies et une promesse de domination. Red Bull a désormais des résultats pour justifier sa confiance. À Austin, l’objectif sera de convertir ce potentiel retrouvé en une nouvelle lutte pour la victoire, avec une RB22 dont les grandes évolutions sont déjà derrière elle.






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