Les progrès de KTM en MotoGP sur un tour rapide se heurtent à une faiblesse au départ, devenue un chantier prioritaire pour Aki Ajo depuis l’interdiction du dispositif d’abaissement avant à Assen.
La RC16 a longtemps su compenser une qualification difficile dès l’extinction des feux. Sa capacité à gagner des places dans les premiers mètres permettait à ses pilotes de se replacer avant le premier virage. Un atout précieux lorsque leur position sur la grille ne reflétait pas leur rythme en course.
Le constructeur autrichien se retrouve désormais dans une situation différente. Sa moto exploite mieux le pneu tendre en qualification, mais son efficacité au démarrage s’est érodée. Il lui faut donc préserver ses progrès sur un tour tout en corrigeant cette faiblesse.
Pourquoi les départs de KTM en MotoGP posent problème
L’interdiction du dispositif d’abaissement avant à Assen a changé les conditions de départ. KTM, dont la RC16 faisait partie des références dans cet exercice, a perdu une partie de son avantage.
Interrogé par Jack Appleyard à Mandalika, Aki Ajo reconnaît l’influence de cette évolution réglementaire : « Il est certain que le changement de règle a aussi un impact, et bien sûr, tout le monde s’améliore constamment dans cette catégorie. »
Le directeur de Red Bull KTM ne désigne donc pas une cause unique. La disparition du système avant intervient alors que les concurrents améliorent eux aussi leurs motos et leurs procédures. L’ancien point fort de la RC16 ne suffit plus à faire la différence.
Ajo précise la priorité : « Il est vraiment difficile de donner une seule raison, mais il est certain que les départs constituent le domaine sur lequel nous devons vraiment nous concentrer et travailler pour essayer de retrouver notre point fort. »
Il ne s’agit pas seulement de limiter les places perdues. KTM doit retrouver cette efficacité qui lui permettait de corriger immédiatement une mauvaise position sur la grille.

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Le pneu tendre mieux exploité, un bénéfice à protéger
En parallèle, le constructeur a progressé dans un exercice qui lui résistait : tirer le meilleur du pneu arrière tendre Michelin sur un tour lancé. La RC16 parvient désormais à mieux exploiter sa fenêtre de fonctionnement en qualification.
La pole position de Pedro Acosta en Catalogne illustre cette avancée. Elle contraste avec les dixièmes places obtenues par l’Espagnol lors des qualifications au Mugello et au Sachsenring. KTM dispose ainsi d’une meilleure base pour aborder les courses depuis l’avant de la grille.
Encore faut-il conserver ce placement. Des positions abandonnées au départ peuvent effacer une partie du travail effectué en qualification et modifier les conditions dans lesquelles le pilote doit exploiter sa moto.
Se retrouver derrière des adversaires plus lents complique les dépassements et peut perturber la gestion des pneumatiques, notamment leur température. Une moto capable de viser le podium risque alors de consacrer sa course à remonter. L’enjeu dépasse les seuls premiers mètres : le départ conditionne aussi la possibilité d’exploiter le rythme disponible.

Acosta ne peut pas négliger les premières positions
La victoire d’Acosta au Red Bull Ring a montré que la RC16 pouvait toujours se battre au plus haut niveau. Mais pour exploiter ce potentiel, il faut aussi rester bien placé dès le début de course.
Avant le Grand Prix d’Australie, l’Espagnol occupe la cinquième place du championnat, avec un seul point d’écart avec Ai Ogura. Dans cette lutte serrée, perdre des positions à l’extinction des feux peut peser sur le résultat final, puis sur le classement.
Pour KTM, la réponse doit venir des moyens encore autorisés. Retrouver une procédure efficace permettrait de mieux convertir les progrès en qualification en résultats, sans dépendre systématiquement d’une remontée dans le peloton.
Le changement technique de 2027 élargit le chantier
La question des départs s’inscrit aussi dans la préparation de 2027. L’arrivée des moteurs de 850 cm³ et des pneumatiques Pirelli s’accompagnera de la disparition des dispositifs d’abaissement arrière et de réglage dynamique de hauteur.
Les constructeurs devront repenser leurs départs autour de la motricité mécanique, de la gestion électronique et de l’équilibre de leurs nouvelles motos. Pour KTM, il ne s’agira donc pas simplement de reproduire le comportement de la RC16 avant Assen.
Le travail se joue sur deux horizons : mieux partir avec la moto actuelle, puis trouver une efficacité adaptée au prochain règlement. Les progrès sur un tour ont donné aux pilotes une meilleure chance de se placer devant. KTM doit maintenant leur permettre d’y rester lorsque les feux s’éteignent.





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