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Le Tati Team au Bol d’Or nourrit jusqu’à 140 personnes

Le Tati Team au Bol d’Or organise les repas de 60 à 140 personnes selon les jours. Christian, son cuisinier, prépare avec une diététicienne des menus adaptés aux pilotes et au staff, tout en gérant les retards de service et les surplus.

La cuisine de l’hospitalité du Tati Team lors du Bol d’Or. Endurance
© Tati Team

Le Tati Team au Bol d’Or doit nourrir jusqu’à 140 personnes tout en adaptant ses repas aux pilotes, aux mécaniciens et aux imprévus d’une course de 24 heures.

Sur la piste, cette équipe indépendante engage la Honda n°4 en Championnat du monde d’Endurance moto, face à des formations officielles aux moyens bien supérieurs. Dans son hospitalité, elle tient à concilier une organisation professionnelle et l’ambiance familiale chère à ses nombreux bénévoles.

La restauration y contribue directement. Christian, le cuisinier de l’équipe, en a expliqué les rouages à PaddockGP, invité à déjeuner : « La cuisine est un poste essentiel : c’est le moral des troupes. » Cela suppose de répondre aux besoins des pilotes comme à ceux des mécaniciens, du staff, des partenaires et des invités.

Une cuisine mobile pour 60 à 140 personnes

Selon les journées, l’arrivée des partenaires et le déroulement de l’épreuve, l’effectif à nourrir varie de 60 à 140 personnes. Ce n’est pourtant pas le nombre de couverts qui inquiète le plus Christian : dans son métier, il cuisine chaque jour pour 300 personnes. La difficulté tient surtout au cadre. Ici, les repas se préparent sur un parking, avec une installation mobile.

Maintenir la chaîne du froid, prévoir les quantités, organiser le service : tout doit se faire sans pouvoir compter sur des horaires fixes. Une intervention sur la moto peut passer avant le déjeuner. La cuisine doit donc être prête, mais aussi capable d’attendre.

« Le défi, c’est l’événementiel, l’imprévu et le fait de devoir constamment s’adapter », explique le cuisinier. Cette incertitude lui plaît : il arrive avec une organisation établie, puis la modifie lorsque la course l’exige. Le ravitaillement de l’équipe se prépare en amont, mais rien ne peut être entièrement figé.

Le Tati Team au Bol d’Or
© Tati Team
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Le Tati Team au Bol d’Or adapte les menus

Les repas sont préparés avec Marie, diététicienne de métier. Au-delà du nombre de portions, il faut tenir compte des besoins de chacun : ils varient selon les fonctions, et tous ne peuvent pas s’installer à table dans les mêmes conditions.

Pour le staff, Christian privilégie une cuisine simple, équilibrée et généreuse. Il veille aussi à l’accueil des partenaires et des invités. Pendant la course, les mécaniciens doivent surtout pouvoir manger facilement : les sandwichs et le snacking prennent alors le relais des longues pauses. Le repas se glisse entre les interventions, sans leur imposer son rythme.

À l’approche de l’épreuve, l’alimentation des pilotes est plus encadrée. Les menus associent des glucides complexes, sous forme de pâtes, de riz complet, de pommes de terre ou de quinoa, à des protéines peu grasses et des légumes cuits. L’hydratation est renforcée. Pour limiter les risques digestifs, les plats très gras, les fritures, les sucres rapides et les aliments nouveaux sont écartés.

Christian résume cette prudence : « Pas de légumes crus pour les pilotes, assez de protéines et des pâtes. Ils ne sont pas difficiles, mais il faut être prudent. On ne peut pas se permettre de leur provoquer un problème intestinal. »

Entre deux relais, l’objectif est d’apporter de l’énergie sans alourdir l’organisme. Bananes, petites quantités de fruits secs, compotes, barres énergétiques, pain complet et aliments légers sont privilégiés, avec de l’eau et des sels minéraux. Au cœur de la nuit, une crêpe peut aussi apporter un peu de réconfort.

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© Tati Team
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Quand la course décale le service

Une intervention mécanique, un problème sur la Honda ou un changement de stratégie peuvent retarder l’équipe de 30 minutes. En cuisine, la conséquence est immédiate : un plat prêt à servir doit parfois patienter sans perdre sa qualité.

« Quand une viande doit être cuite à point et que l’équipe prend du retard, je râle un peu, mais c’est compréhensible », sourit Christian. Pour limiter cette difficulté, il mise davantage sur les plats en sauce, qui supportent mieux l’attente dans les bacs chauffants.

L’adaptation commence donc dès le choix des recettes. Préparer un bon repas ne suffit pas : encore faut-il qu’il reste agréable à manger lorsque les mécaniciens pourront enfin quitter la moto. En cuisine aussi, la course dicte les horaires.

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Des surplus réutilisés et une organisation autonome

Les quantités réservent elles aussi des surprises. Un repas prévu pour 60 personnes peut finalement n’en accueillir que 45. Plutôt que de jeter les produits restants, Christian leur cherche une autre utilisation. Il cite notamment la viande, qui peut être transformée en rillettes puis proposée sur des toasts avec une mayonnaise.

Cette gestion des surplus répond aussi aux contraintes d’une équipe indépendante. Là où certaines structures officielles font appel à des traiteurs, le Tati Team assure sa restauration avec ses propres ressources. Camion frigorifique, chambre froide, groupes de secours, grands faitouts et four constituent les équipements essentiels. Les casseroles peuvent contenir 20, 30 ou 40 litres.

L’installation doit permettre de nourrir tout le monde sans rendre l’hospitalité impersonnelle. Christian tient à cet esprit : « Si cela avait été trop huppé, je ne serais pas revenu. Ici, c’est sympathique, mais c’est aussi efficace et professionnel. C’est ce que j’adore. » Au Tati Team, tenir les 24 heures passe aussi par cette table où chacun peut reprendre des forces, dès que la course lui en laisse le temps.

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© Tati Team

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Marion

Marion, 31 ans, rédactrice chez Moteur Actu, suit l'actualité automobile et les sorties constructeurs. Passionnée d'auto depuis l'enfance, elle relaie les annonces produits, lancements internationaux et tendances du secteur avec un regard accessible aux passionnés comme aux non-initiés.

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