Le TÜV réclame la tolérance zéro pour l’alcool au volant en Allemagne, mais propose de conserver un seuil distinct pour les cyclistes.

L’alcool au volant visé pour tous les véhicules à moteur
L’organisme allemand TÜV, qui délivre des labels de sécurité et de qualité pour les véhicules et les infrastructures routières, demande une interdiction stricte de l’alcool pour les conducteurs de véhicules à moteur. Cette proposition n’est pas une nouvelle réglementation entrée en vigueur.

Fani Zaneta, experte en sécurité routière pour le TÜV, défend cette mesure en soulignant les effets de l’alcool : « L’alcool s’attaque précisément aux facultés essentielles à une conduite sûre : une vision claire, la concentration et des réflexes rapides. Par conséquent, une politique de tolérance zéro doit s’appliquer à tous les conducteurs de véhicules à moteur. »
La demande recueille un soutien majoritaire dans un sondage mené auprès de 2 504 conducteurs allemands : 71 % des personnes interrogées se déclarent favorables à une interdiction stricte. L’adhésion augmente avec l’âge, tandis que les hommes se montrent généralement plus réticents.
Un abaissement du seuil plutôt qu’une interdiction à vélo
La distinction ne se situe donc pas entre volant et guidon, mais entre véhicules à moteur et vélos : les cyclistes ne seraient pas soumis à la tolérance zéro réclamée pour les conducteurs motorisés.
En Allemagne, le seuil applicable aux automobilistes est actuellement de 0,5 g/l de sang, soit 0,25 mg/l d’air expiré. Les conducteurs en période probatoire sont déjà soumis à une limite zéro. En France, le seuil des conducteurs expérimentés est identique, mais celui des novices est fixé à 0,2 g/l de sang.
Pour les cyclistes allemands, la limite est de 1,6 g/l. Le TÜV la juge trop élevée, estimant qu’une personne présente déjà des signes manifestes d’ébriété à ce niveau, et propose de la ramener à 1,1 g/l. Un écart marqué subsisterait ainsi entre les règles applicables à vélo et celles demandées pour les véhicules à moteur.

Dans le même sondage, 86 % des répondants considèrent la conduite sous l’emprise de l’alcool comme dangereuse. Selon l’Observatoire européen de la sécurité routière, le risque d’être impliqué dans un accident mortel augmente de 40 % à partir de 0,5 g/l.
La tolérance zéro s’applique déjà en Hongrie, en République tchèque et en Roumanie. En Espagne, le Parti socialiste a proposé d’abaisser le seuil de 0,5 à 0,2 g/l, optant pour un durcissement sans interdiction totale.





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