Face à la flambée des prix du carburant, une entreprise de moules plastiques pour flacons de cosmétiques a opté pour une réponse très concrète : proposer des voitures de fonction électriques à ses salariés. Les véhicules s’accompagnent de bornes de recharge gratuites sur le parking, assurance comprise.
Virginie Buisson fait partie des salariées équipées depuis quelques mois. Elle verse une participation individuelle de 60 euros par mois, le reste étant pris en charge par l’employeur. Elle peut aussi utiliser la voiture le week-end. Dans son cas, elle estime son économie annuelle à environ 3 000 euros.
Sur le parking de l’usine, 36 véhicules identiques sont alignés. Pour éviter les confusions, chaque voiture dispose d’un numéro et d’un codage permettant à chacun de retrouver la sienne.
Des voitures de fonction électriques plutôt qu’une prime
Dans cette entreprise, les véhicules de fonction ne sont pas réservés aux cadres. Yoann Lemetayer, dirigeant, veut répondre à un problème de mobilité dans une région littorale où les prix de l’immobilier grimpent. Les primo-accédants s’installent plus loin dans les terres, ce qui rallonge les trajets domicile-travail.
Le choix retenu consiste à fournir un moyen de déplacement plutôt qu’une prime. Marine Kempf, la plus jeune ouvrière de l’équipe, vient d’emménager à 45 km de l’usine. Pour cette polisseuse, disposer de cette voiture facilite ses trajets quotidiens.
Un avantage encadré pour fidéliser les techniciens
Le dispositif reste soumis à plusieurs conditions. L’entreprise prend en charge le véhicule jusqu’à 15 000 euros par an, à condition de renoncer à une prime mobilité de 40 euros par mois. Il faut aussi avoir deux ans d’ancienneté, ne pas fumer dans la voiture et la restituer propre à l’issue des trois ans de location.
L’objectif affiché est de fidéliser des techniciens qualifiés. Mathieu Eveno, fraiseur-polisseur présent depuis 27 ans dans l’entreprise, considère cet avantage comme un critère important pour rester. À la signature du contrat, l’entreprise affichait 11 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 45 % à l’export. Un an plus tard, le dirigeant maintient ce choix malgré un contexte économique moins favorable.
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