La stratégie Porsche défendue par Michael Leiters vise à vendre moins de voitures, mais plus rentables, en simplifiant la gamme et en envisageant de nouveaux modèles encore plus exclusifs.

Des volumes en baisse, une marge tombée à 1,1 %
Porsche ne veut plus faire des volumes le principal moteur de son développement. Le changement est profond. Le constructeur avait longtemps réussi à vendre davantage tout en restant très rentable. En 2023, ses livraisons dépassaient légèrement 320 000 véhicules. Sa marge opérationnelle était alors proche de 18 %.
Deux ans plus tard, cet équilibre avait disparu. Les livraisons sont passées sous les 280 000 unités en 2025. La marge opérationnelle est tombée à 1,1 %. Le recul du marché chinois a notamment pesé sur les résultats. Le coûteux réajustement de la stratégie électrique aussi. On mesure le problème : Porsche gagne beaucoup moins sur son activité, au-delà du recul des ventes.
Arrivé aux commandes en janvier 2026, Michael Leiters ne cherche pas à retrouver les anciens volumes à tout prix. Son principe : privilégier la valeur plutôt que la quantité. Il veut des modèles assez désirables pour que les clients acceptent leur prix. Une hausse des ventes ne suffit plus à crier victoire.
Ferrari sert ici de référence. Des voitures exclusives peuvent dégager de fortes marges sans nécessiter des volumes élevés. Porsche doit donc revoir ses ambitions commerciales, ses dépenses et ses produits. Vendre moins est le point de départ d’un autre modèle économique, pas un but en soi.


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Une gamme plus simple, des coûts à réduire
Porsche doit détailler cette feuille de route le 7 octobre 2026. Ce sera lors de sa journée dédiée aux investisseurs, le Capital Markets Day. Michael Leiters en a déjà posé les grandes lignes. Réduire les ambitions de ventes et abaisser le seuil de rentabilité. Et adapter la taille de Porsche à une activité moins importante.
Concrètement, abaisser ce seuil permet de couvrir ses coûts avec moins de véhicules vendus. La restructuration prévoit notamment 9 000 suppressions de postes d’ici 2035. La baisse des volumes recherchée va donc de pair avec celle des dépenses. Garder la même structure avec moins de ventes ne répondrait pas à l’objectif de rentabilité.
Michael Leiters juge aussi la gamme trop complexe, même face à celles des concurrents. Porsche a commencé à réduire le nombre de variantes. Le constructeur veut concentrer davantage ses investissements sur les modèles et les segments aux meilleures marges.
On ne parle donc pas seulement de retirer des versions. Porsche envisage aussi des catégories au-dessus de ses sportives deux portes actuelles et du Cayenne. L’idée : moins disperser les moyens tout en explorant des produits plus chers et plus exclusifs.
Le choix de la motorisation se fera modèle par modèle
Porsche continue d’investir dans les motorisations thermiques, hybrides et électriques. En revanche, le passage systématique au tout-électrique n’est plus la ligne directrice. Chaque catégorie doit être examinée selon sa clientèle et sa capacité à rentabiliser les investissements nécessaires.
Avec le Macan, on voit déjà ce changement de cap. Sa nouvelle génération était devenue exclusivement électrique en Europe. Une nouvelle proposition thermique doit arriver en 2028. Le 718 électrique reste au programme. Pour la 911, Michael Leiters continue d’exclure une version entièrement électrique.
Les résultats commerciaux expliquent ce pragmatisme. Au premier semestre, les ventes du Macan électrique ont reculé de 40 % sur un an. Sur la même période, les livraisons de Porsche en Chine ont baissé de 32 %. Ces difficultés rendent plus coûteux le maintien d’ambitions élevées sur plusieurs technologies à la fois.
Pour Michael Leiters, investir massivement dans le thermique et l’électrique pour chaque catégorie serait dangereux. Il ne s’agit pas d’abandonner une motorisation. Le constructeur veut éviter de financer systématiquement deux développements lourds pour un même segment. Les choix annoncés pour le Macan, le 718 et la 911 suivent déjà des trajectoires différentes.
Une sportive inspirée de la 918 Spyder reste une piste

Le plan d’économies pourrait aussi déboucher sur une nouvelle voiture à très hautes performances, inspirée de la 918 Spyder. Cette piste reste une possibilité. Porsche n’a confirmé ni modèle de série ni calendrier. Elle correspond toutefois à l’ambition de se développer dans des catégories à plus forte marge.
Dès mars 2026, Michael Leiters expliquait étudier des modèles et des dérivés plus haut placés. Il visait des catégories au-dessus des sportives deux portes actuelles. Une voiture au-dessus de la 911 pourrait ainsi incarner ce repositionnement. Avec une production limitée, un tarif très élevé et une rentabilité potentiellement importante.
Mais attention, cette piste ne doit pas être confondue avec une commercialisation du concept Mission X. Ce projet électrique, présenté en 2023, n’a jamais reçu de confirmation de mise en production. La motorisation d’une éventuelle descendante spirituelle de la 918 Spyder n’est pas annoncée non plus.
On retrouve ici la nouvelle logique de Porsche : ne plus imposer une technologie unique à toute la gamme. Le constructeur veut déterminer, modèle par modèle, ce que ses clients sont prêts à acheter et à quel prix. Cette montée en gamme ne serait pas un projet séparé du redressement. Elle pourrait être l’un de ses leviers.




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