L’Union européenne envisage des quotas assortis de surtaxes pour les hybrides chinois après le refus de Pékin de limiter volontairement ses exportations.
Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, entame le 8 octobre 2026 deux jours de négociations à Pékin. Ces discussions visent à dénouer le conflit automobile, qui alimente désormais des tensions commerciales bien au-delà de ce secteur.
Des quotas sur les hybrides chinois, puis des surtaxes
Bruxelles avait proposé à la Chine de ramener sa part du marché européen de l’hybride à environ 15 %, contre plus d’un tiers actuellement. Cette limitation volontaire devait permettre d’éviter des droits de douane punitifs, mais Pékin a rejeté la demande.
La Commission européenne étudie donc un autre mécanisme : un volume défini de véhicules hybrides chinois pourrait entrer dans l’Union aux conditions habituelles. Au-delà de ce plafond, les importations seraient soumises à de fortes surtaxes.
Cette piste repose sur des droits de sauvegarde temporaires. Contrairement aux mesures ciblant des pratiques commerciales déloyales, leur mise en place ne nécessite pas de prouver l’existence de telles pratiques.
Le dispositif ne pourrait toutefois pas viser la seule Chine : les règles de l’Organisation mondiale du commerce imposent une application non discriminatoire des mesures de sauvegarde. Des fournisseurs extérieurs à l’UE, notamment le Royaume-Uni, la Corée du Sud et le Japon, seraient donc également touchés. Des quotas leur seraient probablement attribués sur la base de leurs volumes d’exportation historiques.
Un conflit automobile aux conséquences plus larges
Ce bras de fer sur les hybrides intervient après l’instauration de droits compensateurs pouvant atteindre 35 % sur les voitures électriques à batterie chinoises. Ces prélèvements s’ajoutent au droit de douane habituel de 10 %. En riposte, Pékin a pris des mesures antidumping visant le cognac, le porc et les produits laitiers européens.
Aux yeux des responsables européens, résoudre le différend automobile est essentiel pour freiner l’élargissement du conflit commercial. Ils jugent insoutenable le déficit des échanges de l’Union avec la Chine, qui atteint un milliard d’euros par jour.
La France et l’Allemagne ont diffusé un document commun demandant à la Commission d’agir fermement face à la concurrence chinoise. Leur avertissement concerne l’automobile, mais aussi la chimie, l’aéronautique, les machines-outils et l’industrie pharmaceutique.
Les discussions de Pékin doivent aussi porter sur les négociations bloquées concernant les exportations européennes vers la Chine et l’accès aux minéraux critiques ainsi qu’aux aimants aux terres rares chinois. De son côté, Pékin demande la levée des restrictions européennes sur les exportations d’équipements pour semi-conducteurs et des sanctions visant des entreprises chinoises liées à la guerre en Ukraine.







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