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Williams veut revoir le plafond budgétaire en F1 dès 2027

Williams veut adapter le plafond budgétaire en F1 dès 2027, avec une marge modulée selon les performances. James Vowles défend le rattrapage des infrastructures. Le projet doit être discuté à la Commission F1 en novembre. Il nécessiterait notamment le soutien de six des onze équipes.

Une monoplace Williams en piste lors d’un Grand Prix de Formule 1. F1

Williams veut adapter le plafond budgétaire en F1 dès 2027 pour permettre aux écuries les moins performantes de financer leur rattrapage sans supprimer la limite de dépenses.

Williams

Même budget, pas les mêmes outils

Limiter les dépenses devait rapprocher les équipes. L’objectif était aussi d’empêcher les plus riches de régler chaque difficulté en ouvrant davantage leur portefeuille. Cinq ans après l’introduction du dispositif, James Vowles estime pourtant que la règle a contribué à figer certains écarts. Le patron de Williams ne demande pas son abandon. Il veut corriger son application aux écuries en retard.

Son raisonnement tient à une distinction simple. Une enveloppe comparable ne donne pas forcément les mêmes moyens pour développer une monoplace. Une équipe bien équipée peut consacrer davantage de dépenses à la performance. Une autre doit aussi moderniser ses installations, ses outils et ses processus de fabrication.

Williams se trouve, selon Vowles, dans cette seconde situation. « Nous dépensons des dizaines de millions pour des systèmes fondamentaux, pas pour la performance de la voiture », explique-t-il. Ces investissements absorbent une partie du budget avant même de financer un nouvel élément aérodynamique.

À budget comparable, on ne part donc pas forcément avec les mêmes outils. L’enjeu dépasse la seule recherche d’une voiture plus rapide. Williams réclame une capacité de dépense supplémentaire pour les structures qui doivent remettre leurs moyens de travail à niveau. Selon Vowles, ignorer ces besoins revient à préserver l’avantage des écuries déjà les mieux équipées.

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Les meilleures raflent les points, Williams défend son intérêt

Pour défendre sa proposition, Vowles avance plusieurs chiffres. Selon ses calculs, les quatre premières équipes ont récolté 83 % des points disponibles ces dernières années. Cette part était d’environ 70 % auparavant. Les autres écuries auraient aussi vu leur part des podiums reculer. Elle serait passée d’environ 10 % à 5 %.

Le Britannique y voit les signes d’une Formule 1 à deux vitesses. Lors de la conférence de presse de la FIA à Sepang, il a résumé sa position : « Le plafond a aggravé le problème, pas l’inverse. » Il critique la capacité des équipes à rejoindre le sommet, pas le principe d’une limitation des dépenses.

Mais attention, Williams n’est pas un observateur neutre. L’écurie a terminé la saison précédente au neuvième rang. Elle avait marqué douze points. Une marge supplémentaire pour les équipes les moins performantes lui profiterait directement.

Vowles reconnaît aussi les erreurs de son équipe, notamment une voiture trop lourde. On ne peut donc pas attribuer toutes les difficultés de Williams au plafond. Son plaidoyer mêle des choix techniques propres à l’écurie et une modernisation qui consomme des ressources. Distinguer les deux sera essentiel pour choisir les bénéficiaires d’un éventuel dispositif de rattrapage.

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Il manque encore une voix parmi les équipes

La proposition doit être discutée lors de la prochaine Commission F1, en novembre. Pour une application en 2027, elle aurait besoin de l’accord de la FIA et de la FOM. Il faudrait aussi le soutien de six des onze équipes. Williams doit donc convaincre au-delà des écuries qui ont déjà intérêt à obtenir cette marge supplémentaire.

Audi, Aston Martin, Alpine et Cadillac soutiendraient le projet. Avec Williams, cela représenterait cinq voix. Soit une de moins que le nombre nécessaire. Haas serait opposée à cette évolution. Racing Bulls pourrait peser dans la décision. Ces positions restent au conditionnel : aucun accord n’est encore acquis.

Le mécanisme envisagé serait intégré au plafond, avec une marge modulée selon les performances. Les équipes les plus éloignées des meilleures pourraient dépenser davantage. Cette possibilité diminuerait à mesure qu’elles se rapprocheraient du haut du tableau.

Comment mesurer ce retard ? Le classement, l’écart de points ou un fonctionnement par paliers font partie des critères évoqués. Le choix n’est pas arrêté. Il fixera pourtant les bénéficiaires de l’aide et la manière dont celle-ci se réduit. On parle donc d’une autorisation de dépense encadrée, pas d’un budget illimité pour les derniers.

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Aider au rattrapage sans relancer la surenchère

Le plafond est fixé à 215 millions de dollars en 2026. Ce montant ne correspond pas simplement à une augmentation libre des budgets. Le périmètre a changé, avec de nouveaux coûts comptabilisés. Cela comprend certaines dépenses d’investissement et leur amortissement. Des exclusions subsistent également.

Ajouter une marge de rattrapage exige donc de préciser ce qui entre dans l’enveloppe. Il faut aussi définir ce que les équipes concernées pourraient dépenser en plus. Sans règles cohérentes, la correction pourrait compliquer le dispositif ou relancer une course aux dépenses.

Chez Ferrari, Fred Vasseur défend le principe du plafond et la cohérence des coûts pris en compte. Il souligne qu’avant son introduction, cinq ou six équipes se trouvaient au bord de la faillite ou s’en approchaient. La limitation des budgets a aussi rassuré les investisseurs et facilité l’arrivée de constructeurs. Cet équilibre financier reste un acquis à préserver.

Les désaccords dépassent la seule proposition de Williams. Certaines équipes souhaitent retirer du calcul des dépenses comme la cybersécurité. Alpine défend plutôt une comptabilisation intégrale des dépenses. Le débat concerne donc autant la définition du budget plafonné que la marge accordée aux retardataires.

En novembre, la F1 devra examiner comment faciliter le rattrapage sans affaiblir sa discipline financière. Williams veut que la limite tienne davantage compte des différences d’équipement entre les écuries. On touche là au cœur du débat : aider à combler les écarts sans réinstaller la surenchère budgétaire.

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Kaiizer

Quentin, rédacteur essais chez Moteur Actu, est spécialiste de la culture automobile japonaise (JDM) : Toyota, Nissan, Honda, Mazda, Subaru, Mitsubishi et Lexus. Ses essais "à hauteur de conducteur" mêlent mesures objectives, retour d'expérience sur route et conseils d'achat directs, sans complaisance avec les constructeurs.

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