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Une Yamaha M1 à moteur V4 engagée en MotoGP.

Pavesio situe le V4 Yamaha en MotoGP au bas des prévisions

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Le V4 Yamaha en MotoGP se situe au bas de la fourchette de performances envisagée, et le constructeur accepte une saison 2026 difficile pour préparer 2027.

Le V4 Yamaha en MotoGP loin du niveau espéré

Après 15 Grands Prix, Yamaha totalise 84 points au championnat constructeurs, contre 146 pour Honda. L’écart est plus grand encore avec Ducati et Aprilia. Ces chiffres illustrent les difficultés de la nouvelle M1, passée du quatre-cylindres en ligne au V4.

Paolo Pavesio situe le projet au bas de la fourchette de performances envisagée à son lancement. « Nous avions imaginé une fourchette de performances lors du lancement du projet et je mentirais si je disais que nous sommes en haut de cette fourchette. Nous sommes probablement en bas. » Le patron de Yamaha ne cherche pas à présenter ces résultats comme conformes aux attentes.

À ses yeux, ce bilan ne remet toutefois pas en cause la décision de changer de moteur. Yamaha connaissait les risques de cette transition. Il lui faut maintenant poursuivre le développement d’une architecture qu’elle ne considère plus comme une expérimentation, malgré une moto encore loin du niveau recherché.

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La fiabilité freine encore la progression de la M1

La fiabilité reste, selon Pavesio, le premier problème à régler. « Sans un moteur stable, vous ne pouvez pas performer. » Yamaha estime ne pas pouvoir encore exploiter pleinement le potentiel de son V4. Le constructeur prévoit de continuer à faire évoluer le moteur au cours de la saison, mais doit d’abord établir une base de travail plus solide.

Sur le plan des performances, le bilan reste contrasté. En sortie de virage, le V4 a amélioré l’accélération, un domaine dans lequel Yamaha voulait progresser. Mais la M1 manque toujours de vitesse en cinquième et sixième rapports. Ce gain ne suffit donc pas à effacer les autres faiblesses de la moto.

Yamaha ne paraît pourtant pas envisager un retour au quatre-cylindres en ligne, utilisé pendant dix-huit ans. « Notre configuration précédente a très bien fonctionné pendant de nombreuses années, mais elle avait atteint ses limites », explique Pavesio. Les motos rivales ont été développées autour de moteurs en V, les pneumatiques ont évolué avec ces architectures et les contraintes aérodynamiques prévues pour 2027 ont pesé dans le choix du constructeur.

« Nous devions prendre le risque de passer au V4, sachant que ce serait difficile. » Aux yeux de Yamaha, conserver l’ancienne configuration aurait signifié aborder le prochain changement de réglementation avec une solution dont le potentiel était déjà jugé limité. Le coût sportif du pari est immédiat : après quinze Grands Prix, les progrès du V4 ne suffisent pas à rapprocher la marque de ses principaux concurrents.

Yamaha
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Quartararo dispute une année de transition avant Honda

Cette stratégie place Fabio Quartararo dans une situation délicate. Le Français quittera Yamaha pour Honda à la fin de l’année 2026. Sa dernière saison avec la marque se déroule sur une M1 dont le développement doit aussi servir la moto de 2027, après son départ.

La tension est montée quand Yamaha a refusé à Quartararo de participer aux essais Pirelli 2027, au motif qu’il rejoindra Honda. Le Français a vivement réagi et remis en question sa participation au développement de la M1. Pavesio préfère recentrer les échanges sur les courses que le pilote et le constructeur doivent encore disputer ensemble.

« La frustration est humaine, mais finalement peu productive. Il le comprend maintenant », affirme le patron de Yamaha. Le désaccord souligne la difficulté de poursuivre cette transition avec un pilote qui ne sera plus là pour en exploiter les résultats attendus.

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Pourquoi Yamaha mise déjà sur la M1 de 2027

En 2027, la cylindrée des moteurs passera de 1 000 à 850 cm³, Pirelli remplacera Michelin et l’aérodynamique sera réduite. Dans ce contexte, développer un nouveau V4 de 1 000 cm³ pour la seule saison 2026 peut paraître contradictoire. Yamaha y voit pourtant un moyen d’apprendre avant l’arrivée de la future M1.

« Tout ce que nous introduisons cette année nous propulsera vers 2027 », assure Pavesio. Le programme de développement emploie déjà différentes configurations et des machines intermédiaires pour transférer les enseignements du V4 actuel vers la prochaine moto. Les évolutions de 2026 ne visent donc pas uniquement les résultats de la saison en cours.

La fiabilité doit encore progresser pour permettre à Yamaha de mieux exploiter son moteur, tandis que les faiblesses de performance demandent des réponses. Chaque évolution doit aussi fournir des enseignements utiles à une machine soumise à d’autres pneus et à une nouvelle réglementation.

Si la future 850 cm³ devient compétitive, cette saison pourra apparaître comme une année d’apprentissage coûteuse. Pour l’heure, Pavesio n’en est pas là : le V4 reste au bas des prévisions de Yamaha. C’est avec la M1 de 2027 que le constructeur pourra juger si le risque pris en abandonnant le quatre-cylindres en ligne était justifié.

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A propos de l'auteur

Quentin, rédacteur essais chez Moteur Actu, est spécialiste de la culture automobile japonaise (JDM) : Toyota, Nissan, Honda, Mazda, Subaru, Mitsubishi et Lexus. Ses essais "à hauteur de conducteur" mêlent mesures objectives, retour d'expérience sur route et conseils d'achat directs, sans complaisance avec les constructeurs.

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