La conduite mains libres reste méconnue en France : seuls 19 % des conducteurs interrogés en ont entendu parler.

Les automobilistes se sont habitués aux voitures qui freinent, surveillent un angle mort ou maintiennent une distance avec le véhicule précédent. Retirer les mains du volant marque une autre étape. Une enquête réalisée par l’Ifop pour Ford, qui commercialise BlueCruise, montre que la confiance tient aussi à la compréhension de ce que l’assistance prend en charge et de ce qui reste au conducteur.
La conduite mains libres reste méconnue
Parmi les titulaires du permis B interrogés, 85 % connaissent au moins une aide à la conduite et 70 % estiment que ces équipements peuvent améliorer la sécurité sur les longs parcours. La caméra de recul est identifiée par 62 % des répondants, devant le régulateur adaptatif, cité par 54 %.

Le « mains libres, yeux sur la route » est beaucoup moins familier. Si 19 % des sondés en ont déjà entendu parler, seuls 10 % disent savoir assez précisément de quoi il s’agit. Sans explication préalable, 30 % envisageraient de retirer les mains du volant sous le contrôle d’un système automatique. Les 70 % restants ne s’y disent pas prêts.
Cette assistance ne fait pas de la voiture un véhicule autonome. Dans le cas de BlueCruise, présenté aux participants, elle peut agir sur certaines portions autoroutières prévues à cet effet. Elle gère le maintien dans la voie, la vitesse, l’accélération, le freinage et la distance avec le véhicule qui précède. Le conducteur demeure responsable de la conduite : il doit regarder la route et rester capable de reprendre les commandes.
La caméra rassure davantage qu’elle ne rebute
Lorsque les mains quittent le volant, une caméra surveille notamment le regard et la position de la tête pour contrôler l’attention du conducteur. Cette surveillance pourrait susciter de la méfiance. Elle rassure pourtant 57 % des personnes interrogées, contre 16 % qui s’en méfient davantage. La proportion de répondants rassurés atteint 72 % au sein de la génération Z et 85 % parmi ceux qui sont déjà favorables à la conduite mains libres.
Libérer les mains ne signifie donc pas relâcher l’attention. La caméra sert à vérifier que le conducteur continue de suivre la circulation. Elle ne change ni son obligation de regarder devant lui ni la nécessité de pouvoir intervenir.
Sur autoroute, la fatigue reste un enjeu concret
La voiture garde une place importante dans les départs en vacances ou en week-end : 91 % des titulaires du permis B interrogés l’utilisent pour ces trajets, dont 73 % régulièrement ou souvent. À destination, 63 % apprécient surtout l’autonomie qu’elle procure. La liberté de choisir ses horaires est citée par 48 % des répondants, et la facilité à transporter les bagages par 42 %.

Pour rejoindre leur principal lieu de vacances, 36 % parcourent habituellement au moins 500 km en voiture. Les longs trajets autoroutiers concernent 88 % des personnes interrogées. L’autoroute fait aussi partie des déplacements professionnels : 64 % des actifs sondés l’empruntent pour leur travail.
Sur un long trajet, 49 % des conducteurs reconnaissent avoir déjà connu un épisode de somnolence ou un sérieux coup de fatigue. Leur premier réflexe reste la pause, citée par 63 % d’entre eux. Seuls 14 % déclarent recourir au régulateur de vitesse ou à d’autres aides face à la fatigue. Une assistance peut soulager certaines tâches répétitives, comme les corrections de trajectoire ou l’ajustement de la vitesse et de la distance, mais elle ne dispense pas de s’arrêter lorsqu’on fatigue.
Au total, 66 % des répondants voient au moins un bénéfice à la conduite mains libres. La sécurité arrive en tête des avantages cités, à 26 %, suivie de la diminution de la fatigue physique, à 21 %. Le fait d’arriver à destination en se sentant davantage disponible est mentionné par 10 %.
Mieux connaître le système ne suffit pas à convaincre d’acheter
La familiarité avec la technologie fait varier les réponses. Alors que 30 % des conducteurs envisagent spontanément de retirer les mains du volant, cette proportion atteint 54 % parmi ceux qui connaissaient déjà le principe. Elle s’établit à 50 % chez les membres de la génération Z interrogés. Il ne s’agit toutefois pas de la même mesure qu’une intention d’achat.

Lorsqu’il est question de choisir une voiture équipée, 30 % des sondés se déclarent susceptibles de le faire, tandis que 47 % répondent probablement ne pas le vouloir. Les 23 % restants ne se prononcent pas. Parmi les personnes qui connaissaient déjà la conduite mains libres, l’intention d’équipement atteint 49 %. Plus largement, 61 % des conducteurs imaginent pouvoir bénéficier un jour d’un tel système.
Le prix pèse également dans le choix. L’intégration du système dans l’équipement et le tarif du véhicule a la préférence de 38 % des répondants, contre 13 % pour un abonnement mensuel ou annuel. Seuls 10 % privilégient une option facturée à l’achat. Parmi ces derniers, 94 % ne souhaitent pas payer plus de 2 000 euros.






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